Belgique

Variole du singe : pas de crainte en Belgique actuellement, les autorités sanitaires confiantes

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24 juil. 2022 à 10:17 - mise à jour 24 juil. 2022 à 14:53Temps de lecture2 min
Par Fabien Van Eeckhaut

Hier samedi, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a décidé de déclencher son plus haut niveau d’alerte pour tenter de juguler la flambée de variole du singe, qui a déjà frappé près de 17.000 personnes dans 74 pays, précisant que le risque dans le monde était relativement modéré à part en Europe où il est élevé. Dans la plupart des cas, les malades sont des hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes, relativement jeunes, et vivant essentiellement en ville.

Une décision prise au sein de l’organisation sans réel consensus scientifique, une première depuis 2005.

L’OMS recommande de vacciner les personnes les plus à risque ainsi que les personnels de santé susceptibles d’être confrontés à la maladie. Vendredi, l’Agence européenne des médicaments (EMA) a approuvé l’utilisation d’un vaccin contre la variole humaine pour étendre son utilisation contre la propagation de la variole du singe.

Le rythme de contagion est actuellement en baisse mais le nombre de cas augmente encore rapidement. Pas de quoi cependant susciter la panique.

Appel au calme au niveau belge

Chez nous en effet, les autorités sanitaires appellent au calme, rappelant que toutes les dispositions à prendre, recommandées par l’OMS, sont déjà prises préventivement et ce depuis plusieurs semaines. Rappelant en outre qu’il n’y a que peu de décès connus de cette variole du singe (5, tous en Afrique), qu’il n’y a pas de réelle pression sur les hôpitaux, que les cas connus (autour de 311 chez nous depuis mai, tous des hommes de 20 à 65 ans) sont aussi "rapportés" notamment à l’OMS et suivis, et que la vaccination est déjà prévue pour les "groupes à risques".

Elle a débuté mi-juillet, réservée dans un premier temps aux prestataires de soins, les personnes immunodéprimées et les personnes ayant eu un contact non protégé à haut risque avec une personne contaminée, ce qu’avait déjà annoncé le ministre de la Santé publique Frank Vandenbroucke. 3040 doses de vaccins ont déjà été livrées dans 9 centres de référence dans le pays. 

En principe, les personnes vaccinées contre la variole classique ne reçoivent pas de nouveau vaccin, sauf en cas de trouble du système immunitaire. La situation épidémiologique en Belgique est suivie de près, répète-t-on.

La seule vraie inquiétude porte pour le moment sur le nombre de vaccins réellement disponibles si l’épidémie devait s’étendre.

Inquiétude exprimée notamment par le spécialiste de l’étude des vaccins et épidémiologiste Pierre Van Damme, qui espère justement que l’alerte de l’OMS va booster la production de ces vaccins anti-variole : "Cela va faire en sorte de mettre cette maladie à l’agenda international, l’agenda de chaque pays, de chaque agence de santé, favoriser la collaboration, les échanges d’informations car la circulation de la variole ne s’arrête pas aux frontières forcément. Et j’espère que cela va entraîner un boost dans la production de ces vaccins. Car chez nous comme ailleurs, la politique de santé reste largement dépendante de la quantité de vaccins disponibles, c’est le cas aussi en Belgique", détaille l'expert.

"La semaine prochaine, nous organiserons diverses réunions avec des experts pour réexaminer ce que nous pouvons faire. Nous disposons actuellement d’environ 3000 vaccins. Ce qui ne va pas encore très loin lorsque l’on veut miser sur une prévention large. Des vaccins supplémentaires ont été commandés mais ils ne seront pas disponibles avant la fin de cette année. Mais dans d’autres pays, il y a bien des déficits en vaccins", conclut Pierre Van Damme.

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