Belgique

Variole du singe en Belgique : pourquoi les femmes semblent-elles moins touchées ?

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10 août 2022 à 15:04 - mise à jour 11 août 2022 à 04:07Temps de lecture2 min
Par Lavinia Rotili

Ce mercredi matin, lors d’une conférence de presse tenue par Sciensano, on apprenait qu’un premier cas de variole du singe a été détecté chez une femme en BelgiqueParmi les autres personnes dont on connaît le sexe, il y a 541 cas qui concernent des hommes âgés entre 16 et 71 ans, avec une moyenne d’âge d’à peu près 37 ans.

Récemment, une étude espagnole publiée dans The Lancet montrait que sur les 181 personnes contaminées incluses dans l’étude, seulement 6 femmes étaient contaminéesComment se fait-il alors, que les femmes sont aussi peu touchées ?

"Cela s’explique de manière épidémiologique et dépend de la manière dont le virus a commencé à se répandre. Il s’est manifesté dans le cadre de rapports sexuels d’hommes avec les hommes, ce qui explique que les femmes aient été moins exposées. Pour autant, il n’existe pas de raison biologique pour nous attendre à une vulnérabilité moindre chez les femmes", explique Isabel Brosius, docteur à l’Institut de médecine tropicale (IMT) d’Anvers.

Le professeur Nathan Clumeck, chef de service honoraire des maladies infectieuses du CHU Saint Pierre et professeur émérite à l’ULB, va dans le même sens. "Le virus est présent dans le sperme, sur la peau et sur la surface des muqueuses. Cela veut dire que le virus peut se transmettre par des contacts très étroits, de peau à peau lorsqu’il y a des lésions, ou par un rapport sexuel. Dans le cas de cette contamination chez une femme, il importe de comprendre quel est le mode de contamination tenu par cette personne." Autrement dit, si la personne en question n’a pas eu de rapport sexuel, il faudra évaluer l’impact des contacts étroits sur la transmission. "Connaître son comportement fournira des informations importantes pour la prévention et la compréhension de la maladie", explique le professeur.

A ce stade, parmi les comportements de prévention recommandés par les autorités sanitaires se trouvent la limitation des partenaires sexuels, le préservatif (même si nous ne savons pas encore si son utilisation est suffisante), et, dans le cas de contacts avec des personnes contaminées, de ne pas partager les essuies, les vêtements ou la literie.

A ce stade, la littérature scientifique reste assez limitée, mais les études en cours permettront de mieux comprendre le fonctionnement de cette maladie.

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