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Var: un gendarme acquitté après la mort d'un gitan

Var: un gendarme acquitté après la mort d'un gitan
17 sept. 2010 à 12:421 min
Par RTBF

"Je n'ai qu'un mot à vous dire: désolé", a juste dit l'accusé avant que le jury se retire pour délibérer.

Il était accusé d'avoir tiré à sept reprises, le 22 mai 2008, sur un jeune père de famille gitan, Joseph Guerdner, qui venait de s'enfuir des locaux de la gendarmerie où il était en garde à vue pour une affaire de séquestration. Entravé aux poignets et aux jambes, le prévenu n'avait aucune chance d'aller bien loin, d'après les parties civiles, qui dénoncent un véritable assassinat. Une thèse que ne défendait pas l'avocat général, pour qui le gendarme "ne pouvait pas être pénalement condamné pour les faits qui lui sont reprochés". "Il ne s'agit pas de délivrer un permis de tuer, mais de constater que Monchal a agi conformément à ce qui lui a été enseigné. Il a agi dans le cadre légal, il n'a pas agi pour commettre une infraction pénale", avait encore estimé le magistrat.

Un verdict mal accueilli

Le réquisitoire de l'avocat général allait pourtant totalement à contre-courant de l'avis de l'ancien procureur de la République de Draguignan, Christian Girard, qui, appelé à témoigner au cours du procès, avait estimé que "le gendarme Monchal a fait preuve d'une négligence désinvolte et d'une décision funeste".

Le jury a préféré suivre l'avis de l'avocat général et a acquitté le gendarme, sous les cris de colère de la famille de la victime. Certains proches s'en sont d'ailleurs pris aux forces de l'ordre présentes dans la salle.

L'un des avocats des parties civiles a estimé que les conditions légales des tirs n'étaient pas réunies. "C'est une grande déception pour la famille. D'autant plus qu'il n'y a pas de recours possible de la famille", a déclaré Me Régine Ciccolini.

Thomas Nagant avec Le Post

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