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Vaccination en Belgique : pour Petra De Sutter, "le débat sur les fonctions essentielles n'est plus sur la table"

La vice-Première ministre Petra De Sutter (Groen!) dans "Matin Première" ce mardi 9 mars
09 mars 2021 à 08:09 - mise à jour 09 mars 2021 à 08:09Temps de lecture4 min
Par Kevin Dero et La Première

La vice-Première ministre, ministre de la Fonction publique et des Télécoms Petra De Sutter (Groen !) était l’invitée de Matin Première ce mardi. Au micro de Thomas Gadisseux et de François Heureux, elle a répondu aux questions concernant le meurtre possiblement homophobe de Beveren, le télétravail ou encore les fonctions essentielles pour accéder à la vaccination.

Retrouvez l’interview de Petra De Sutter ci-dessous :

Fonctions essentielles

Y aura-t-il un débat sur les fonctions essentielles, pouvant être prioritaires pour accéder au vaccin ? Pour Petra De Sutter, en ce moment, "l’avis qu’on est en train de suivre est de vacciner toute la population en fonction de l’âge et des comorbidités. Ça, c’est mis en place. Le débat sur les fonctions essentielles n’est plus sur la table, mais peut encore y revenir."

Ce sera donc l’âge et les facteurs à risque médicaux qui seront dorénavant pris en compte. "Sauf pour les policiers qui travaillent dans la rue". Et la ministre de préciser sa pensée : "Le problème avec les fonctions essentielles est qu’il y en a énormément. Et à juste titre, beaucoup de gens considèrent que leur fonction est essentielle. Ça deviendra impossible de décider quelle fonction oui, quelle fonction non".

Mais la discussion serait, selon la médecin et gynécologue originaire d'Audenarde, toujours en cours. Et le sujet pourrait revenir si des livraisons substantielles de vaccins devaient arriver. La stratégie de vaccination est adaptée quotidiennement, notamment avec les Régions, explique-t-elle. 

A juste titre, beaucoup de gens considèrent que leur fonction est essentielle


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Meurtre de Beveren

Le meurtre de Beveren traduit-il un regain de l’homophobie en Belgique ? Petra De Sutter se veut prudente : "On ne sait pas à 100% quel était le motif. Mais il y a des indices que l’homophobie est en jeu". Pour elle, "on voit la contradiction entre nos lois qui sont en place pour protéger nos droits, et le droit des minorités. Et d’un autre côté, ce qui se passe dans la tête et dans le cœur des gens. On n’y est pas encore. Ça c’est clair".

Et la vice-Première ministre d’aller plus loin et de se poser la question d’une possible évolution dans certains groupes. Une évolution qui irait vers un retour en arrière. Celle-ci serait visible dans d’autres pays, même en Europe. "C’est aussi un groupe qui s’exprime plus et plus violemment qu’avant. Sur les réseaux sociaux surtout ". Et l’écologiste d’appeler à la vigilance, à la sensibilisation et à la prévention".


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Petra De Sutter est la première ministre transgenre en Europe. Elle explique avoir été aussi victime d’agressions verbales et de menaces, notamment sur les réseaux sociaux (mais on ne s’est jamais pris à elle physiquement, précise-t-elle). Et elle demande une fermeté sur la question des droits pour les LGBT + : "On doit rester très fermes. Ce sont vraiment des droits et des libertés que l’on a mis en place depuis 20,30, 40 ans dans notre société. Les incidents comme celui de Beveren sont des signes d’alarme. Il faut s’en rendre compte. Il y a encore beaucoup d’homophobie dans notre société, qui ne mène pas nécessairement à des meurtres".

Les incidents comme celui de Beveren sont des signes d’alarme


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Politiquement correct ?

Le père d’Ihsane Jarfi, victime d’un meurtre à caractère homophobe s’est exprimé dans Le Soir. Il y parle de travail colossal encore à mener et de "politiquement correct", voire d’"hypocrisie". Petra De Sutter comprend cette indignation mais n’est pas d’accord avec le terme d’"hypocrisie". "On a vraiment mis des systèmes légaux en place. Les jugements sont plus sévères quand il y a des motifs homophobes, le cadre juridique est là. Mais il y a encore un travail de sensibilisation dans la population".

Et de préciser que du côté du gouvernement "on continue la lutte". Et d’annoncer qu’un nouveau plan interfédéral, mené par Sarah Schlitz, est sur les rails pour lutter contre les discriminations des personnes LGBT.


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Meurtre homophobe à Beveren ?

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Télétravail

En tant que ministre de la Fonction publique, la femme politique est aussi revenue avec Thomas Gadisseux sur le télétravail, où "des verrous ont sauté".


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Un cadre pour le futur doit maintenant être mis en place, et Petra De Sutter d’annoncer la réflexion sur un "modèle hybride" mêlant travail à domicile et présentiel. "Tous les contacts informels sont extrêmement importants, mais on pense qu’il y a une volonté, une demande des agents eux-mêmes de travailler par exemple deux jours par semaine en moyenne à la maison".

Cette possibilité sera faite sur base volontaire, et pour les fonctions qui s’y prêtent, précise la vice-Première. Il faudra alors travailler sur un cadre "qui compensera les frais (consommation d’énergie, matériel…), qui instaurera la confiance et un droit à la déconnexion. Les gens ont le droit à la déconnexion". Cette dernière affirmation est mentionnée pour éviter le burn-out.

Les gens ont le droit à la déconnexion

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