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Coronavirus

Vaccination des enfants contre le coronavirus : quelles différences entre le vaccin pédiatrique et celui pour adultes ?

Vers une vaccination des plus jeunes enfants en Belgique ?

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04 déc. 2021 à 14:293 min
Par Estelle De Houck

Ça y est ! Les vaccins pour enfants sont en cours de commande en Belgique. C’est ce qu’a déclaré Frank Vandebroucke (Vooruit), le ministre fédéral de la Santé, lors de la conférence de presse du comité de concertation. Prochaine étape : l’avis du Conseil supérieur de la Santé et du Comité de Bioéthique, attendu le 16 décembre. Alors, comment ça marche, un vaccin anti-covid pour enfant ?

"C’est un produit un petit peu différent", expliquait Frank Vandenbroucke à propos du vaccin pédiatrique. Mais différent comment ? En fait, il s’agit simplement du vaccin de Pfizer-BioNTech mais dosé différemment.

C’est juste une question de dose

"Le vaccin pédiatrique a été formulé de sorte à contenir l’équivalent d’un tiers d’une dose adulte. La dose enfant contient donc un tiers de la quantité d’ARN messager qui est contenue dans le vaccin adulte. C’est juste une question de dose", confirme Sophie Lucas, immunologue et présidente de l’Institut de Duve de l’UCLouvain.


►►► À lire aussi : Vaccination des enfants contre le Covid : en attendant l’avis du comité de bioéthique, la Belgique a déjà passé commande


Si le dosage est plus faible chez les 5-11 ans, c’est avant tout un souci de corpulence. "Il a été démontré qu’au-delà de 12 ans, on peut recevoir exactement la même dose qu’un adulte de 18 ans et plus, parce qu’on s’approche d’une corpulence équivalente", explique Sophie Lucas.

A l’inverse, les enfants en dessous de 12 ans sont plus petits, la dose de vaccin est donc inférieure pour obtenir une efficacité similaire.

Un schéma vaccinal identique

Les enfants auront le même schéma vaccinal : deux injections à trois semaines d’écart.

Malgré ce changement de dose, les enfants disposeront du même schéma vaccinal que les adultes. En d’autres termes : "deux injections à trois semaines d’écart".

Quant à la troisième dose ? "Il y aura probablement une troisième injection de booster quelques mois plus tard, mais comme la situation évolue, on verra mois après mois." A voir le moment venu, donc.

A voir aussi, quelle sera la durée de l’efficacité du vaccin sur les enfants. A l’heure actuelle, "il est extrêmement difficile de prédire la durée de la protection qu’on va avoir par tranche d’âge", explique la présidente de l’Institut de Duve de l’UCLouvain.


►►► À lire aussi : Covid-19 : pourquoi se focalise-t-on désormais sur les enfants ? Sont-ils devenus le "moteur" de l’épidémie ?


"On suppose que ce qu’il va se passer chez les enfants de 5 à 11 ans va probablement être la même chose que chez les enfants de plus de 12 ans et les adultes de plus de 18 ans. Il n’y a fondamentalement pas de raison théorique pour laquelle l’immunité pourrait durer moins longtemps."

La dose enfant contient donc un tiers de la quantité d’ARN messager qui est contenu dans le vaccin adulte.
La dose enfant contient donc un tiers de la quantité d’ARN messager qui est contenu dans le vaccin adulte. Getty Images

Quid des effets secondaires ?

En termes d’effets secondaires, les enfants ne devraient pas en avoir davantage que les personnes de plus de 12 ans. "Dans les études cliniques qui ont été faites spécifiquement dans cette tranche d’âge là et les effets secondaires de ces vaccins à tiers de dose ont été mesurés : ils sont de nature identique à ce que l’on observe chez les adultes."


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Dans la majorité des cas, il s’agit donc d’effets secondaires mineurs et bénins. Pensez par exemple à des douleurs au lieu d’injection, à un peu de fièvre, ou encore à des maux de tête, etc.

"Mais ils ne sont pas plus forts que chez les adultes. Ils ont même tendance à être un peu plus légers, puisque la dose est inférieure", rassure Sophie Lucas.

Les vaccins pédiatriques

Enfin, rappelons que les vaccins pédiatriques n’ont rien d’exceptionnel. "Il y a même des vaccins pour lesquels il n’y a que la version pédiatrique", rappelle Sophie Lucas. C’est le cas des vaccins contre les maladies infantiles (de type méningite, polio, variole, etc.).

Dans le cas du covid, c’est la nature du virus qui a accéléré la vaccination auprès des adultes. "Nous sommes dans une situation de pandémie avec une maladie infectieuse qui peut être dangereuse pour les personnes âgées ou avec comorbidités." Il était donc évident, une fois le vaccin disponible, de le déployer en priorité auprès de ces groupes à risques.

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9. Codeco : F. Vandenbroucke a déjà commandé les vaccins pour les enfants

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