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Santé & Bien-être

Vaccin contre le coronavirus : la 4ème dose est-elle utile et pour qui ?

14 avr. 2022 à 15:12 - mise à jour 15 avr. 2022 à 10:16Temps de lecture3 min
Par Aline Delvoye

Une étude israélienne publiée le 5 avril confirme l’intérêt de la quatrième dose de vaccin contre le COVID chez les plus de 60 ans. Le risque de mourir du Covid est réduit de moitié grâce à la 4ème dose dans ce groupe d’âge.

Il s’agit d’une étude menée par l’hôpital universitaire Assuta Ashdod, sous la direction du Dr Tal Brosh, chef du département des maladies infectieuses. L’étude a comparé un groupe de patients ayant reçu trois doses et un autre groupe ayant reçu quatre doses. Les résultats ont été collectés entre le 3 janvier et le 18 février 2022.

Réduction du nombre de décès

Face à la vague Omicron cet hiver, Israël avait proposé une quatrième dose aux personnes âgées et à risque. Interrogé par le journal "The Times of Israël", le Dr Tal Brosh explique : "Nous avons constaté que ceux qui ont reçu quatre doses encouraient moitié moins de risques d’être placés sous respirateur ou de mourir. En d’autres termes, même si le vaccin peut ne pas vous protéger de l’infection, de la détérioration de votre état ou de l’hospitalisation, il fait malgré toute la différence une fois que vous êtes à l’hôpital."

Lorsqu’on analyse la situation des personnes hospitalisées dans un état grave : ceux qui avaient reçu trois doses avaient 50% de risque de mourir et ceux qui avaient quatre doses en avaient 30%.

La diminution du risque d’infection s’évapore rapidement

Jean Michel Dogné, directeur du département de pharmacie à l’Université de Namur et expert auprès de l’Agence européenne des médicaments analyse les résultats de l’étude : "La quatrième dose réduit aussi le risque d’infection mais l’efficacité la réduction du risque d’infection s’annule de façon très significative après huit à dix semaines. Cela veut dire qu’on a une perte d’efficacité dans le temps. On avait déjà constaté cette perte d’efficacité sur les formes non sévères, sur les infections symptomatiques, après la 2ème et la 3ème dose. Heureusement, sur les formes sévères, notamment les hospitalisations, l’efficacité perdure plus longtemps. C’est pour cela que le booster, la 4ème dose, a un intérêt pour les personnes plus âgées qui risquent plus de faire des formes graves du covid."

Minimum quatre mois entre la 3ème et la 4ème dose

Il existe un avis commun de l’EMA, l’Agence européenne des médicaments, et de l’ECDC, le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies. Cet avis reprend un certain nombre d’études, y compris la dernière étude israélienne. Il y est indiqué qu’il faut attendre minimum quatre mois entre la 3ème dose et la 4ème dose. Il n’y a pas d’utilité de la faire avant.

Pour les 80 ans et plus

Dans ce même avis, L’EMA et l’ECDC proposent que les plus de 80 ans aient accès une quatrième dose car il existe des données suffisantes pour prouver son efficacité dans cette tranche d’âge. Jean – Michel Dogné précise : "Cette dose booster doit avoir lieu en fonction de la situation épidémiologique, les chiffes sont à la baisse aujourd’hui, il n’y a pas clusters sévères dans les maisons de repos. Le Conseil supérieur de la santé a recommandé de ne pas administrer de manière systématique une quatrième dose aux personnes âgées de 80 ans et plus avant l’été mais de la faire sur base individuelle. La Conférence interministérielle doit tranche la question de l’âge et de la vaccination systématique la semaine prochaine."

Pas pour les plus de 60 ans ?

Le Conseil supérieur de la Santé ne recommande donc pas d’administrer de manière systématique la 4ème dose aux plus de 60 ans comme c’est le cas en France. Jean-Michel Dogné explique l’avis Conseil supérieur de la Santé : "Pour les 60 à 80 ans, les données épidémiologiques n’indiquent pas une perte d’efficacité notable sur les formes sévères et un risque augmenté de mortalité après la troisième dose. D’un autre côté, l’étude israélienne démontre l’intérêt de la 4ème dose dans cette tranche-là pour réduire les formes sévères. On a donc une réduction du risque mais aujourd’hui ce risque est faible par rapport à la situation de la 1ère vague et 2ème vague." La Conférence interministérielle devra donc estimer s’il est utile ou pas de réduire ce risque qui est déjà faible pour les plus de 60 ans.

Trouver le bon timing pour lancer une campagne de 4ème dose

Pour Jean-Michel Dogné, il faut trouver le bon moment pour administrer cette quatrième dose. "Si elle arrive trop tôt, il faudra rapidement poser la question d’une 5ème dose, peut-être dès le mois d’août. Cela risque de générer la fausse impression que le vaccin ne fonctionne pas, il pourrait y avoir une fatigue vaccinale. Sinon, on attend le bon moment, on attend d’avoir des évidences sur le plan épidémiologique pour juger qu’il est temps de le faire de manière plus efficiente."

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