Exposition - Accueil

VA-ET-VIENT Pol Bury entre mobile et estampe à Centre de la Gravure

Pol Bury, Deux rectangles arrondis, 1977

© Centre de la Gravure et de l’Image Imprimée

Loading...

La Louvière fête le centenaire de la naissance de Pol Bury, sculpteur internationalement connu pour ses fontaines et ses sculptures (im)mobiles en acier poli. Mais Bury était aussi un maître de l’image imprimée. Cet aspect moins connu, mais primordial, se déploie en 250 œuvres dans l’exposition VA-ET-VIENT produite par le Centre de la Gravure et de l’Image Imprimée de la cité des Loups.

 

Daily-Bul, n°10, 1964
Daily-Bul, n°11, 1974

Né dans le berceau du surréalisme belge, le jeune peintre et libraire côtoie le poète Achille Chavée et André Balthazar avec qui il créera le Daily-Bul en 1955. Après s’être rapproché du mouvement Cobra et la gestuelle de Christian Dotremont, sa découverte des mobiles de Calder en 1950, sera une véritable révélation. Désormais, Bury a une obsession : le mouvement et son corollaire, la lenteur. Le mouvement, le déplacement et ce moment d’avant l’action - le temps suspendu de la mise en mouvement - occuperont les 50 années suivantes de sa création. Un travail sur le temps, l’espace et la pesanteur qu’il rendra dans les trois dimensions de la sculpture mais aussi, à grand renfort d’expérimentations, dans les deux dimensions d’une feuille. Ces allers-retours continuels entre les deux supports sont l’objet de cette grande exposition Pol Bury VA-ET-VIENT au Centre de la Gravure.

Pol Bury, Ponctuation blanche, 1960 – Relief, bois peint, moteur électrique
Pol Bury, Ponctuation blanche, 1960 – Relief, bois peint, moteur électrique © Xavier Ess – Rtbf

Quand Bury veut "chatouiller la Pesanteur"

Au cours des années 60, Pol Bury questionne la chute, l’effondrement et "le travail ralenti de la Pesanteur" écrit-il. Il invente deux techniques: les cinétisations et les ramollissements. La cinétisation consiste en la découpe de cercles concentriques au sein d’une image connue – un monument, un tableau - qui sont repositionnés avec un léger décalage. L’image donne la sensation d’une chute libre sans pour autant évoquer la destruction.

Pol Bury, Tour Montparnasse
Pol Bury, Tour Montparnasse © Tous droits réservés

Nourri à l’humour, la dérision et l’insoumission de l’esprit Daily-Bul, Bury entreprend le ramollissement de quelques icônes occidentales comme la tour Eifel, la Statue de la liberté ou la Vénus de Milo. Le processus est artisanal : il s’agit de photographier des images déformées par la manipulation d’un miroir mou ! Traitées en photogravures, l’artiste en tire d’iconoclastes ramollissements qui font perdre leur prestance à ces objets symboliques. Cette première partie de l’exposition nous fait percevoir ce que l’artiste nomme ses "obsessions " (tout ce qui fait le mouvement) avec des documents historiques et une approche surréalisante bon enfant, malgré les convictions politiques de Pol Bury.

Pol Bury, La statue de la liberté, Ramollissment – Serigraphie
Pol Bury, La statue de la liberté, Ramollissment – Serigraphie © Centre de la Gravure et de l’Image Imprimée
Pol Bury, Squares flottant sur une bulle, 1977, lithographie.
Pol Bury, Squares flottant sur une bulle, 1977, lithographie. © Bibliothèque nationale de France, Estampes, Cc20-92

Imprimer le mouvement

Le deuxième étage est consacré aux eaux-fortes, sérigraphies et gravures sur bois dans lesquelles Bury tente de "capturer l’illusion du mouvement dans l’immobilité des deux dimensions." Pour concrétiser ses recherches, il utilise des formes universelles – rond, carré, rectangle, losange — qu’il décline suivant des techniques expérimentales. L'artiste joue sur l’aléatoire, le déplacement ou la soustraction des formes, l’encre qui s’estompe à chaque passage pour traduire le mouvement, la texture du bois qui donne du volume… Dans le sillon de l'Abstraction géométrique, on est face à des œuvres d’une grande poésie dans lesquelles la recherche et l’expérimentation s’effacent au profit d’une symbolique quasi élémentaire du mouvement vital.

" Deux rectangles arrondis ", 1977. Bury nomme quasi scientifiquement son acte, nous laissant libres de notre interprétation ou émotion
Pol Bury utilise la gravure sur bois pour donner l’impression du volume
Pol Bury, 52 boules en perspective, 1988
Pol Bury, 52 boules en perspective, 1988 © Xavier Ess – Rtbf

L’éloge de la lenteur

Chez Bury, "le mouvement n’est qu’un moment presque pathologique de l’immobilité", écrit le journaliste et critique Claude Guibert. Plusieurs mobiles sont présentés en miroir avec les gravures correspondantes; les sculptures avec leur maquette en papiers collés. Le va-et-vient entre les deux mediums prend toute sa matérialité, et l'exposition prend tout son sens. 

Un des " Volume figé " de Bury avec son patron en deux dimensions
Un des " Volume figé " de Bury avec son patron en deux dimensions © Xavier Ess – Rtbf
"Pol Bury", Derrière le miroir, périodique – 1971
"Pol Bury", Derrière le miroir, périodique – 1971 © Xavier Ess – Rtbf

Inscrivez-vous aux newsletters de la RTBF

Info, sport, émissions, cinéma...Découvrez l'offre complète des newsletters de nos thématiques et restez informés de nos contenus

Sur le même sujet

Articles recommandés pour vous