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Utiliser l'électricité de son voisin, c'est possible dans les communautés locales d'énergie

Partager l'électricité entre voisins, c'est le principe de la communauté locale d'énergie
14 nov. 2021 à 06:24Temps de lecture2 min
Par Jean-Christophe Willems

Vous êtes locataire ? Vous habitez dans un appartement ? Le toit de votre maison ne peut accueillir de panneaux photovoltaïques ? Que diriez-vous d'utiliser l'électricité produite par les panneaux de votre voisin ? 

Bien entendu, vous n'allez pas lui "voler" de l'électricité ni même l'en priver car vous vous serez préalablement rassemblés dans une communauté locale d'énergie, ou une communauté d'énergie renouvelable.

 

Mieux que l'achat groupé

La communauté fonctionne sur le principe du partage et de l'optimisation de la consommation d'énergie. Le but est d'utiliser de l'énergie produite localement aux meilleurs moments afin d'éviter les pertes.

Tout possesseur de panneaux photovoltaïques le sait : rien de plus rageant que d'être au travail quand ses panneaux produisent et d'utiliser le réseau en soirée, quand son installation ne fonctionne plus.

Dans une communauté, l'investissement de production est mutualisé et les participants doivent obligatoirement disposer d'un compteur communiquant qui effectue des relevés précis chaque quart d'heure. On peut ainsi imaginer que plusieurs voisins se regroupent et investissent dans une seule installation photovoltaïque dont ils profiteraient tous. 

Dans le même ordre d'idée, pourquoi pas s'associer avec une entreprise qui aurait, vu la superficie de sa toiture, une possibilité de fournir beaucoup d'électricité ? Le week-end, cette électricité pourrait être récupérée par les habitations avoisinantes. Et si celles-ci sont aussi équipées de panneaux, elles pourraient fournir l'énergie la semaine à cette même entreprise, lorsqu'elle fonctionne à plein rendement.

On peut aussi investir dans une capacité de stockage commune. Une grosse batterie coûte moins cher que plusieurs petites. On peut même envisager utiliser la batterie de la voiture électrique d'un membre de la communauté. Les possibilités sont nombreuses.

Au laboratoire Laborelec d'Engie, Cathy Crunelle étudie toutes ces possibilités. Cette docteure en physique dirige le Lab "Maisons du futur" : "On travaille également sur la flexibilité des chauffe-eaux. Sachant qu'ils équipent un quart des habitations et qu'ils sont considérés comme du stockage thermique, il y a moyen d'optimiser leur rendement. La communauté locale d'énergie peut leur permettre de chauffer en journée grâce à la production solaire abondante. On a un projet à l'Ile d'Yeu avec une vingtaine de participants qui sont équipés de chauffe-eaux et d'une batterie stationnaire. Cinq ménages ont des panneaux photovoltaïques et on pilote les chauffe-eaux et la batterie afin de maximaliser l'autoconsommation de la production solaire."

Enfin, cerise sur le gâteau, cette mutualisation de moyens permet d'effectuer quelques économies financières. Elles sont cependant difficiles à chiffrer puisque chaque projet est unique et que pour l'instant, ils sont toujours en phase de test. On attend en effet une législation pour encadrer ce secteur. Elle devrait arriver courant 2022, sans mauvais jeu de mot.

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