Energie

Upcycling : une batterie biodégradable conçue à partir de carapaces de crabes

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06 sept. 2022 à 08:00Temps de lecture2 min
Par RTBF avec AFP

La carapace de certains d’entre eux pourrait bien se retrouver dans les batteries du futur. Des scientifiques américains sont en effet parvenus à mettre sur pied un prototype de batterie, en utilisant des résidus de carapaces de crabe pour remplacer le lithium. Et les premiers résultats semblent concluants.

Des scientifiques américains de l’université du Maryland ont extrait un composant de la carapace de ces crustacés, afin de tester son potentiel pour remplacer le lithium contenu dans les batteries des appareils électroniques, comme les smartphones et les ordinateurs.

Le composé en question est la chitine (plus précisément son dérivé le chitosan), que l’on trouve aussi dans les carapaces des homards et des crevettes, ainsi que dans les parois cellulaires des champignons, du lichen et chez certains insectes.

En le gélifiant, les chercheurs sont parvenus à transformer le chitosan en électrolyte, c’est-à-dire un minéral capable de transporter une charge électrique. Le gel a ensuite été mélangé à du zinc, ce qui a permis aux scientifiques de mettre au point un prototype de batterie renouvelable, qui aurait une capacité énergétique de 99,7% après 1000 cycles de batterie.

Majoritairement conçue à partir de résidus de carapaces de crabe, cette batterie capable de se recharger plusieurs fois est de surcroît presque entièrement biodégradable : environ deux tiers se sont décomposés grâce aux microbes au bout de cinq mois. Seul le zinc qu’elle contenait nécessitait d’être recyclé.

Stocker les énergies solaires et éoliennes

Autre avantage non négligeable : le chitosan est facile à se procurer. "La source la plus abondante est l’exosquelette des crustacés, notamment les crabes, les crevettes et les homards, que l’on peut facilement obtenir à partir des déchets de fruits de mer. Vous pouvez en trouver sur votre table", soulignent les auteurs des travaux.

Si de futurs tests réalisés à plus grande échelle aboutissent, ce nouveau type de batterie pourrait stocker l’énergie provenant de sources éoliennes et solaires et la transférer vers les réseaux électriques, espèrent les chercheurs.

Parce que leur fabrication nécessite l’extraction de métaux rares, les batteries des appareils électroniques représentent un véritable enjeu environnemental. C’est pourquoi plusieurs scientifiques à travers le monde sont à la recherche d’alternatives plus équitables et plus écologiques que le lithium et le cobalt. Sable, sodium, silicium, fer… et même le chanvre sont actuellement à l’étude !

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