iXPé

Unity présente ses excuses, les studios de jeux vidéo toujours en colère

© Associated Press

Par Marine Stroili via

Après l’annonce de l'instauration d’une future taxe dans son logiciel, Unity a bien senti le mécontentement des studios de jeux vidéo. L’entreprise s’excuse pour la confusion occasionnée. De la "confusion", vraiment ?

L’annonce d’Unity a retourné la sphère internationale du développement du jeu vidéo la semaine dernière. En cause : l’instauration d’une taxe pour les studios de jeux vidéo en fonction du nombre de téléchargements et de revenus suite aux ventes de leurs jeux vidéo. Évidemment, l’annonce a été très mal reçue.

Aline Delvoye expliquait la situation dans l'Heure des Comptes sur Matin Première.

L'Heure des Comptes

Pour voir ce contenu, connectez-vous gratuitement

Après un week-end de silence de la part d’Unity, l’entreprise a tweeté cette nuit :

"Nous vous avons entendu. Nous nous excusons pour la confusion et l’angoisse que la politique de frais d’exécution que nous avons annoncée mardi a provoquées.

Nous sommes à l’écoute, nous discutons avec les membres de notre équipe, notre communauté, nos clients et nos partenaires, et nous allons apporter des modifications à cette politique. Nous ferons le point sur la situation dans quelques jours. Nous vous remercions pour vos commentaires honnêtes et critiques."

Loading...

Des excuses, oui, mais pas de machine arrière pour Unity. De quoi énerver toujours plus les studios et développeurs qui demandent l’annulation totale de la démarche. Ces derniers expriment de nouveau leur colère suite à ce communiqué bancal. En effet, Unity parle de "confusion" dans leur tweet.

Loading...

Sauf que les studios et développeurs ne sont pas "confus", ils comprennent totalement en quoi la taxe "Runtime Fee" d’Unity allait consister.

D’autant plus qu’entre l’annonce de la taxe et leur tweet de cette nuit, il a été avéré qu’Unity a effacé discrètement ses anciennes conditions d’utilisation pour rendre la taxe rétroactive. De quoi rajouter du sans-plomb 98 sur le feu, en prenant les studios et les développeurs pour des chèvres.

Vous reprendrez bien 500 g de communication désastreuse ?

Dans notre article de la semaine dernière détaillant la taxe Runtime Fee, nous avions parlé de plusieurs conditions en fonction desquelles la taxe ne s’appliquerait pas. Et notamment des jeux et packs de jeux vendus dans le cadre du caritatif.

Sauf qu’apparemment, les plannings familiaux et les hôpitaux pour enfants ne sembleraient pas être des causes caritatives solides pour Unity. En effet, l’information provient de nos confrères de GamesIndustry : des développeurs du studio danois indépendant Lizard Factory ont affirmé qu’Unity avait déclaré que des organisations telles que les plannings familiaux n’étaient pas des organisations caritatives valables et qu’il s’agissait plutôt de "groupes politiques".

Suite à cette réponse d’Unity, les développeurs de Lizard Factory ont déclaré sur leur blog Steam : "Nous avons fait cela [développer le jeu Orgynizer, ndlr] pour récolter de l’argent pour une bonne cause, pas pour remplir les coffres d’ordures cupides. Nous avons été de solides fans d’Unity pendant une dizaine d’années, mais notre confiance envers eux a été démolie."

 

De nombreux studios indépendants ont déjà commencé à migrer vers d'autres moteurs de création de jeux vidéo, comme Godot. Si Unity n'arrive pas à remonter la pente, peu de studios et de développeurs pleureront leur chute.

Inscrivez-vous aux newsletters de la RTBF

Info, sport, émissions, cinéma... Découvrez l'offre complète des newsletters de nos thématiques et restez informés de nos contenus

Sur le même sujet

Articles recommandés pour vous