Politique

Une Wallonie vraiment à la fête malgré la dette ? "L’équilibre sera atteint en 2024", défend Elio Di Rupo, ministre-président

L'invité de Matin Première : Elio Di Rupo, ministre président wallon

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16 sept. 2022 à 07:00 - mise à jour 16 sept. 2022 à 09:12Temps de lecture2 min
Par Marie-Laure Mathot sur base de l'interview de Thomas Gadisseux

"Nous avons une trajectoire qui nous conduit à l’équilibre." En ce vendredi de fêtes de Wallonie, le ministre-président wallon se veut rassurant sur l’état des finances wallonnes. Elio Di Rupo l’affirme sans sourciller : d’ici deux ans, les revenus de la Région wallonne couvriront les dépenses prévues. "L’équilibre sera atteint en 2024 comme nous l’avions conçu au moment de la formation du gouvernement."

De quoi rassurer les Wallons mais aussi et surtout les banques et en particulier Belfius qui s’inquiétait en début de semaine des finances wallonnes. Cette banque, dont l’État est actionnaire, émet des craintes à renouveler son contrat avec la Wallonie de peur de sa situation financière et de la montée du PTB. "Si ces propos sont bien réels, ce n’est pas aux institutions financières de prendre position pour telle ou telle formation politique."

Et de défendre la trésorerie wallonne. "Nous faisons les économies nécessaires et nous répondons à ce que la commission de la dette dit. Il y a donc une maîtrise du budget dans les dépenses courantes. Donc, j’enlève ici tout ce qui a été exceptionnel." La crise sanitaire, le covid, les frais liés aux répercussions de la guerre en Ukraine et les inondations sont en effet des chocs pour la Wallonie qui ne sont pas prévus dans les budgets initiaux. Ce sont des enveloppes spéciales qui sont alors débloquées. Quand Elio Di Rupo parle d’équilibre, il exclut donc ces dépenses spéciales.

Si nous n’étions pas intervenus, nous aurions connu un désastre systémique

"Si j’enlève tout ce qui est exceptionnel, nous avons un budget qui est à l’équilibre. Il sera atteint en 2024." Reste qu’il faudra trouver l’argent pour ces chocs dans les dépenses wallonnes. "Nous n’allions pas laisser nos concitoyens dans les difficultés. Si nous n’étions pas intervenus au moment de la covid notamment auprès de nos entreprises, nous aurions connu un désastre systémique, un effondrement de notre économie."

Mais "pas de miracle" pour reprendre l’expression du ministre-président, à un moment, il faudra payer. "Ce qui est important, c’est que la dette soit soutenable. Elle l’est. Elle est maîtrisée. Et nous travaillons pour faire en sorte que dans les dépenses courantes, hors des grands chocs, les dépenses soient maîtrisées."

Si vous preniez la dette du Japon ou des Etats-Unis, vous vous mettriez à pleurer.

Une dette qui s’élève tout de même à près de 30 milliards pour 2021 et qui devrait atteindre les 50 milliards en 2030. "Si vous preniez la dette du Japon ou des Etats-Unis, vous vous mettriez à pleurer. Il ne faut pas considérer que c’est impossible. Il faut juste avoir un programme de remboursement. Et les taux d’intérêt sur le marché restent tout à fait modérés."

Une analyse rassurante bien différente de celle que dressait le député N-VA Théo Francken ce jeudi sur nos antennes. Il parlait d’un budget wallon "structurellement déficitaire". Ce à quoi répond le ministre-président wallon par une demande de fraternité en rappelant que la Wallonie est le premier partenaire économique de la Flandre.

"Un tiers de ce que nous dépensons en Wallonie retourne en Flandre par les entreprises qui décrochent des marchés en Wallonie. […] La Wallonie représente pour la Flandre un marché aussi important que les Pays-Bas que l’Allemagne et que la France. Je l’invite à faire preuve d’une certaine fraternité. Nous avons intérêt à nous entendre." Et de rappeler que la N-VA est un parti dont l’indépendance de la Flandre est un leitmotiv.

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