Table d'écoute

Une table d’écoute sur la Quatrième Symphonie de Gustav Mahler

Gustave Mahler

© © Bettmann Archive – Bettmann via Getty Images

23 sept. 2022 à 14:02 - mise à jour 26 sept. 2022 à 06:25Temps de lecture2 min
Par Pierre Solot

Pour cette émission, la version A sera nommée d’emblée et servira de référence contemporaine, la version publiée en 2022 par Harmonia Mundi, rassemblant l’orchestre Les Siècles sous la direction de François-Xavier Roth et la soprano Sabine Devieilhe. Les autres versions seront écoutées à l’aveugle. En compagnie de Martine Dumont Mergeay de la Libre Belgique, de Michel Stockhem d’Arts2 et du violoncelliste Alexandre Beauvoir.

Sur la Table donc, cette 4e Symphonie de Gustav Mahler, la quatrième des neuf Symphonies achevées par Mahler, écrite entre juillet 1899 et août 1900, créée l’année suivante, en 1901 sous la direction du compositeur. Le public et la critique n’y ont pas compris grand-chose, ce qui finalement arrivait souvent à Mahler, dont tout le monde était d’accord pour louer les talents de chef d’orchestre, merveilleusement décrits par Stefan Zweig dans ce texte Der Dirigent, écrit quelques années plus tard, mais quant à comprendre sa musique, le public n’y était pas vraiment.

Il est vrai que la musique symphonique de Mahler est franchement originale. Héritée bien entendu de la grande tradition germanique romantique, mais avec ce sens du spectacle musical tout à fait incomparable.

Les chants les plus bouleversants côtoient les accents les plus populaires, une sorte de grivoiserie musicale pleine de panache, créant à la fois une musique pure, sans programme, et en même temps extrêmement imagée, colorée, la musique d’un compositeur chef d’orchestre qui maîtrisait parfaitement son instrument…

Cette 4e Symphonie se révèle plus courte que les deux précédentes, on atteint malgré tout une bonne cinquantaine de minutes, avec parfois de grandes différences de tempo et donc de durée d’une interprétation à l’autre, nous aurons l’occasion de nous en rendre compte.

Une 4e Symphonie plus légère aussi, qui fait la part belle à une certaine idée de la joie, une certaine idée du Paradis, tout en exprimant régulièrement une ambiguïté sentimentale qui affine le discours.

Une 4e Symphonie en 4 mouvements dont on reconnaît rapidement les grelots et les flûtes du 1er mouvement, à l’allure primesautière presque mozartienne.

Le second mouvement fait entrer un violon désaccordé, naturellement grinçant et même diabolique pour mener le bal.

Le 3e mouvement gigantesque explore en variations les steppes musicales tranquilles de la musique de Mahler avant de voir éclater l’orchestre sur la fin dans un Mi majeur grandiose qui lancera le 4e mouvement dans lequel apparaît une soprano qui chante la Vie céleste, un lied extrait du Knaben Wunderhorn, ce recueil séculaire de mélodies populaires germaniques, un lied évoquant ici le vin, les anges qui font le pain, l’opulence terrestre et digestive d’un paradis bien consistant.

Retrouvez l’intégralité de la Table d’écoute du 25 septembre 2022 à écouter ci-dessous

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