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Une surmortalité liée au Covid en Belgique en 2021... sauf à Bruxelles: l'effet "moisson"

Une surmortalité liée au Covid en Belgique en 2021... sauf à Bruxelles: l'effet "moisson"
16 janv. 2022 à 10:472 min
Par Jean-François Noulet, avec JC Willems et B. Boulet

Statbel, l’organisme fédéral belge de Statistique, vient de communiquer les chiffres de mortalités pour l’année 2021, comme l’a constaté Le Soir. 

En prenant comme référence les trois années de la période 2017-1017, soit avant la pandémie de Covid-19, on constate toujours une surmortalité. Cela veut dire que plus de personnes sont mortes en 2021 qu’avant l’arrivée du Coronavirus. 

En revanche, cette surmortalité est moins importante qu’en 2020. On constate aussi que Bruxelles échappe à cette surmortalité en 2021.

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Amélioration grâce à la vaccination

En 2020, la surmortalité par rapport à la moyenne des trois années précédant l’arrivée du Covid-19 était de près de 17%. En 2021, toujours par rapport à cette période d’avant le Covid-19, la surmortalité est redescendue pour s’établir à 3,27%. C’est surtout au cours des trois derniers mois de l’année que la hausse est intervenue. La raison principale de cette augmentation des décès reste le Covid. Même si son rôle dans les décès est en forte diminution, il représente la 5e cause de décès, loin derrière les maladies cardiaques ou les cancers.

La vaccination expliquerait cette amélioration. "Il y a un effet très net de la vaccination. On voit, dans tous les pays qui ont des taux de vaccination élevés comme la Belgique, qu’il y a un très net décrochage entre les courbes de contamination et les courbes de décès", explique Catherine Linard, géographe de la Santé à l’UNamur. "C’est là qu’on voit une nette différence avec les pays dans lesquels les taux de vaccination sont plus faibles. On ne voit pas ce décrochage", poursuit Catherine Linard.

La surmortalité touche surtout les hommes

Cela ne s’était plus vu depuis 25 ans, la surmortalité en 2021 concernait les hommes. Les hommes représentent 56% des décès survenus l’an dernier. L’explication serait à aller chercher dans ce qu’il s’est passé en 2020, année où de nombreuses femmes sont décédées.

"En 2020, ce sont surtout les maisons de repos qui ont été touchées, dans lesquelles il y a une majorité de femmes", explique la géographe de la Santé, Catherine Linard. "On voit d’ailleurs qu’en 2021, la classe d’âge des femmes de plus de 85 ans est en fait en sous-mortalité", poursuit la géographe.

Sous-mortalité à Bruxelles : un "effet moisson"

Dans ce tableau de la mortalité en Belgique en 2021, Bruxelles fait figure d’exception. Partout ailleurs dans le pays, il y a plus de décès que lors des années précédant l’arrivée du Covid-19.

En revanche, à Bruxelles, c’est l’inverse. Cela peut s’expliquer par la moyenne d’âge de la population, plus jeune dans la capitale et donc moins sujette au décès. On peut aussi y voir ce qu’on appelle "l’effet moisson". "C’est quand il y a un grand nombre de décès parmi les personnes plus fragiles ou plus âgées. Dans les mois qui suivent, il peut y avoir un creux dans la mortalité", explique la géographe Catherine Linard.

Une partie de l’année 2021 aurait ainsi connu un "creux" dans les décès, après un excès en 2020. "Comme Bruxelles a été fort touchée en 2020, il se pourrait qu’il y ait eu un effet moisson au début de l’année 2021", poursuit la géographe.

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