Nous ouvrons le cinquième chapitre de Sous Couverture en compagnie, nos invités sont Joseph Incardona et Grégoire Polet. Au menu du jour : la Belgique, Anna Gavalda, un Chewing-gum Entre autres !

Joseph Incardona pour "Les corps solides", Ed. Finitude, 2022

Thierry Bellefroid et Lucile Poulain ont donné rendez-vous à Joseph Incardona qui puise ses références dans le roman noir et la littérature américaine du 20e siècle. Il est aussi l’auteur de pièces de théâtre, scénariste de bande dessinée et réalisateur. Le romancier italo-suisse vient de publier aux éditions Finitude "Les Corps solides", un livre percutant.

"Les Corps solides" de Joseph Incardona parle de précarité et de liberté. Anna vend des poulets rôtis sur les marchés pour que son fils Léo ne manque de rien. Mais quand elle perd son camion-rôtissoire dans un accident, le fragile équilibre est menacé, les dettes et les ennuis s’accumulent. Il faut trouver de l’argent. Alors, pourquoi ne pas participer à un jeu de télé-réalité ? Une chronique sociale sur la dignité d’une femme face au cynisme d’une époque où tout s’achète, même les consciences.

Grégoire Polet pour "Belgiques", Ed. Ker, 2022

Grégoire Polet nous parle de "Belgiques" et de "Petit éloge de la Belgique", des méditations urbaines sur sa ville natale qu’il a retrouvée après plusieurs années passées ailleurs. Une histoire de la Belgique subjective, poétique, où se croisent des souvenirs d’enfance.

Ecrites du fond d’un café, d’une bibliothèque ou d’un banc public, ces microfictions évoquent, par autant d’instantanés, la vie des Belges à travers l’œil plein d’humour et de dérision de Grégoire Polet
Belgiques est une collection de recueils de nouvelles.

Chaque recueil, écrit par un seul auteur, est un portrait en mosaïque de la Belgique. Des paysages, des ambiances, des traditions, de la politique, des amours, des langues, des souvenirs ancrés dans l’enfance. Tantôt joyeux, tantôt doux-amers, chacun de ces tableaux impressionnistes est le reflet d’une Belgique : celle de l’auteur.

Grégoire Polet pour "Petit éloge de la Belgique", Ed. Folio, 2022

"Éloge, élégie ? À peine ai-je posé les yeux sur ma Belgique et sur la mer et l’enfance, qu’une mélancolie intempestive se lève, comme une vapeur ou une brume. Peut-être incommode, en début de livre. Et pourtant.
Et pourtant, tout Belge sait que les choses commencent par du brouillard ; tout matin, par cette humidité opaque que les yeux ou les phares des autos doivent vaincre.
Marie Gevers parle de “la source du gris”, qui est à la fin “une grande joie”.
Le brouillard est un chemin, lui aussi. Un passage. Nous verrons où lui et la mélancolie nous mènent, vers quel jour, vers quelle lumière."

Ce petit éloge, dense et poétique, transporte le lecteur au cœur de la Belgique.

“Réminiscences” de Gorian Delpâture : Anna Gavalda

Aujourd’hui, je vous propose une archive du mois de juin 2004. Ce jour-là, une certaine Anna Gavalda vient présenter son nouveau roman dans le journal télévisé d’un certain Thierry Bellefroid. Anna Gavalda a alors 34 ans et elle vient de publier "Ensemble c’est tout".

Un roman au titre tout simple avec une histoire toute simple elle aussi : celle de 4 personnes qui n’auraient jamais dû se rencontrer. "Ensemble c’est tout" est devenu un best-seller de la littérature française. Plus de 2 millions d’exemplaires vendus et une adaptation au cinéma signée Claude Berri.

La chronique de Lucile Poulain : Trois sœurs de Laura Poggioli, L’Iconoclaste, 2022

Au cœur de l’été 2018, la police de Moscou reçoit un appel et se rend sur place, devant un appartement de la chaussée Altoufievo.

Krestina, Angelina et Maria Katchatourian sont assises devant la porte, couvertes de sang, leur père Mickhaïl gît à quelques mètres près de l’ascenseur, poignardé pas moins de 36 fois, le crâne éclaté par une dizaine de coups de marteau. Les trois sœurs âgées de dix-neuf, dix-huit et dix-sept ans se rendent immédiatement, ne nient le crime à aucun moment. Que s’est-il passé ?

La chronique de Michel Dufranne : El Gordo de Xavier Mauméjean, Ed. Alma, 2022

En 1936, le jour de ses douze ans, William, qui habite près de la Manche, quitte l’Angleterre, direction l’Espagne. Pour les beaux yeux de sa dulcinée, il traverse le pays en guerre afin de percevoir le gros lot, El Gordo.

Le billet de loterie, quinze millions tout de même, semble être un " attracteur de chance ". C’est du moins ce que pensent l’ésotériste Julius Evola et le poète Federico García Lorca, deux magiciens à leur manière, qui s’affrontent dans les camps opposés.

Sur sa route parsemée de dangers, William croise Passe-montagne, son éloquent écuyer muet, Talia la tueuse sadique, Doña Pilar et son mannequin à roulettes, un sniper aveugle, les gardiennes du pont… Bref, une galerie de personnages issus de l’ordre noir et du chaos rouge.

La chronique d’Odile Vanhellemont : "Le mystère Croatoan" de José Carlos Somoza, ed. Babel, 2022

Nous sommes à Madrid, au cœur du centre technique d’écosystèmes. La télé forme un fond sonore, annonçant la disparition d’une famille espagnole et des débuts de manifestations sans motif apparent.

C’est dans ce contexte que Carmela, scientifique spécialiste du comportement animal, reçoit un bien laconique e-mail.

C’est bien simple, il ne comprend qu’un mot sur fond rouge : " CROATAN ".

Etrange.

Plus étrange encore : le mail est envoyé par le docteur Carlos Mandel. Sauf que Carlos Mandel s’est suicidé il y a deux ans maintenant…

La chronique surprise : Emma Becker avec « Les Bienheureux » de Julien Dufresne-Lamy, éd. Plon, 2022

"Il y a dans chaque maladie rare le chuchotement d’un roman, le frémissement d’une histoire. Dans celle-ci, ils ont tous les yeux bleus."

Des mots bleus. Ceux qui rendent les gens heureux. À deux ans, Thomas parle à peine mais reproduit vingt-cinq sons d’animaux. Enzo a du mal à s’exprimer mais a appris seul à parler anglais. Axelle adore le monde qui l’entoure mais sort rarement sans ses protections antibruit.

Quant à Marius, il ne sait pas cuisiner mais connaît par cœur des centaines de recettes. Il y a aussi Marie, Arthur, Maléna, Romain et Svetlana. Des êtres uniques. Des êtres elfiques dont la vie est un roman. Un roman inventif et magique qui raconte leur enfance autant que leur différence, le syndrome de Williams-Beuren.

La chronique de fin de Thierry Bellefroid, "Le Chewing-gum de Nina Simone" de Warren Ellis, Ed. Table ronde, 2022

Le 1er juillet 1999, Dr Nina Simone a donné un concert exceptionnel au Meltdown Festival, dirigé cette année-là par Nick Cave.

Après le spectacle, Warren Ellis, subjugué, s’est hissé sur scène, a décollé le chewing-gum resté sur le piano de Nina Simone et l’a embarqué dans la serviette de l’artiste qu’il a rangée dans un sac Tower Records. Vingt ans plus tard, lorsque Nick Cave lui demande de participer à son exposition " Stranger than Kindness " à Copenhague, Warren Ellis a l’idée de sublimer, reproduire et détourner ce totem qui ne l’a pas quitté.

Ensemble, ils décident que le chewing-gum sera exposé dans une vitrine, telle une relique. Mais, craignant qu’il ne s’abîme ou se perde, Ellis en fait réaliser des moulages en argent et en or, déclenchant une série d’événements qui le ramènent au temps de son enfance et à son rapport aux objets trouvés.

Articles recommandés pour vous