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Sous couverture

Une sélection de romans, recueils de poèmes, essai et livre pour enfants

Une sélection de romans, recueils de poèmes, essai et livre pour enfants

Nous ouvrons le neuvième chapitre de Sous Couverture en compagnie d’Anne Sibran et Isabelle Spaak. Au menu du jour : Lana del Rey, résister aux illusions et Monet Entre autres !

Anne Sibran pour “Le premier rêve du monde”, éd. Gallimard, 2022

Thierry Bellefroid et Lucile Poulain reçoivent l’auteure française Anne Sibran pour son roman poétique et visionnaire "Le premier rêve du monde" publié chez Gallimard. Elle y fait se rencontrer trois personnages pour qui le regard est essentiel, même dans son intériorité : Paul Cézanne, un ophtalmologue et une jeune Amérindienne aveugle.

Les trois personnages de ce roman n’auraient pas dû se rencontrer. Et pourtant… Il y a d’abord Paul Cézanne qui sillonne la campagne aixoise à la recherche d’un nouveau regard. Puis il y a Barthelemy, ophtalmologue qui se consacre à l’œil et au traitement de la cataracte. Et sa jeune épouse amérindienne, aveugle de naissance, qui refuse l’opération qui lui redonnerait la vue, préférant garder son regard intérieur. Un roman poétique et visionnaire, en quête de beauté.

Isabelle Spaak pour “Des Monts et merveilles”, éd. Equateurs, 2022

Un livre pudique qui rapporte une histoire familiale chahutée. Avec le décès de son demi-frère, de 20 ans son aîné, qui l’a toujours soutenue dans les moments difficiles, et avec lequel elle entretenait un lien étroit. En particulier, après le drame qui s’est joué alors qu’elle n’avait que 20 ans, lorsque sa mère, folle de jalousie, a tué son père avec un fusil de chasse avant de se donner la mort. Le livre est une enquête dans un passé tragique.

La “Book-Box” de Lucile Poulain : “Lana del Rey” de Violette sur l’herbe à la renverse – éd. Seuil, 2022

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Si vous connaissez Lana del Rey, c’est sans nul doute grâce au titre " Video games ", sorti en 2012. Chanteuse complexe et fascinante, c’est un savant alliage entre douceur mélodieuse et rimes percutantes. C’est donc sans grande surprise que vous êtes sur le point de découvrir… Son premier recueil : 19 poèmes plus une série de haïkus.

Elle se laisse glisser à travers le temps et l’espace, sa plume est authentique, et elle qui d’habitude flotte dans un nuage de mystère, eh bien elle semble tout d’un coup prendre l’apparence… D’un livre ouvert ! C’est justement cette métamorphose subtile, cette aura d’icône mise à nu qui m’a fait penser à un conte fascinant : " Ondine ", l’histoire d’une petite naïade, qui est adoptée par un couple de pêcheurs. Ceci n’est en réalité qu’une ruse du roi des eaux pour lui assurer une âme…

La chronique de Gorian Delpâture : "Escalier interdit" de Bel Kaufman, éd. Livre de poche, 2022

Amis de l’école et des enseignants, ce livre inédit est pour vous : " Escalier interdit : souvenirs d’une jeune enseignante " de Bel Kaufman. C’est au Livre de Poche. C’est la toute première traduction d’un livre culte paru aux Etats-Unis en 1964. On peut enfin le lire en français. Bel Kaufman est née à Berlin de parents russes en 1911. Elle est morte en 2014. Elle arrive aux USA en 1922 où elle apprend l’anglais. Elle devient enseignante un peu par hasard dans des lycées de New York. Et elle devient autrice à succès, aussi un peu par hasard, en publiant ce livre en 1964. Un livre à mourir de rire basé sur son expérience de prof.

La chronique de Michel Dufranne : “Pas de la Littérature !” de Sébastien Rutés, éd. Gallimard, 2022

Avril 1950. Gringoire Centon est traducteur pour la Série Noire. Parlant mal l’anglais, il fait traduire son épouse en cachette et se contente de transposer le résultat dans un argot approximatif qu’il apprend dans des bistrots mal famés. Désireux de devenir écrivain lui-même, il se laisse entraîner par un drôle d’Américain dans une rocambolesque affaire de truands lettrés, de faux manuscrits et de vrais gangsters, sur fond de guerre culturelle Est-Ouest et de lutte entre anciens et modernes pour la recomposition du Milieu parisien.

La chronique de Caroline Etienne : “Résister aux illusions” de Benoit Aymonier – Ed. Plon, 2022

Ces dernières années, nous avons tous été confrontés à des informations erronées, à des articles ou les faits et les opinions se mélangent, à des informations contradictoires ! Pas évident de faire le tri…

C’est avec beaucoup de finesse que l’auteur passe en revue les définitions de réel, de vérité, et de réalité. Il utilise d’ailleurs l’exemple du fameux tableau de Magritte " ceci n’est pas une pipe " !

C’est donc très intéressant de se replonger dans toutes ces notions pour prendre de la hauteur sur la manière dont nous percevons notre environnement. Ce livre est aussi une excellente révision des mécanismes de la démarche scientifique. C’est une invitation à revoir nos fondamentaux pour nous poser les bonnes questions, lors de nos lectures par exemple. Il nous rappelle aussi les comment fonctionne notre cerveau : à savoir, entre autres, que celui-ci n’entend pas les sons et ne voit pas la lumière et donc nous ne percevons pas le monde tel qu’il est mais tel que nous sommes… C’est une des clés dans la compréhension des mécanismes qui nous font illusionner le monde.

La chronique surprise : Joel Dicker, avec “Belle du seigneur”, d’Albert Cohen, éd. Gallimard, 1968

"Solennels parmi les couples sans amour, ils dansaient, d’eux seuls préoccupés, goûtaient l’un à l’autre, soigneux, profonds, perdus. Béate d’être tenue et guidée, elle ignorait le monde, écoutait le bonheur dans ses veines, parfois s’admirant dans les hautes glaces des murs, élégante, émouvante, exceptionnelle, femme aimée, parfois reculant la tête pour mieux le voir qui lui murmurait des merveilles point toujours comprises, car elle le regardait trop, mais toujours de toute son âme approuvée, qui lui murmurait qu’ils étaient amoureux, et elle avait alors un impalpable rire tremblé, voilà, oui, c’était cela, amoureux, et il lui murmurait qu’il se mourait de baiser et bénir les longs cils recourbés, mais non pas ici, plus tard, lorsqu’ils seraient seuls, et alors elle murmurait qu’ils avaient toute la vie, et soudain elle avait peur de lui avoir déplu, trop sûre d’elle, mais non, ô bonheur, il lui souriait et contre lui la gardait et murmurait que tous les soirs ils se verraient."

La chronique de fin de Thierry Bellefroid, "L’instant précis où Monet entre dans l’atelier", de Jean-Philippe Toussaint, éd De Minuit, 2022 – “Papa, regarde mon tableau !” Anaïs Brunet – Ed. Saltimbanque, 2022

A travers une seule image, obsédante, lancinante, celle qui capture l’instant précis où Monet entre dans son atelier, je me suis efforcé de peindre les dernières années de la vie de Monnet.
C’est dans ce grand atelier de Giverny où il a peint les Nymphéas qu’il se sent à l’abri des menaces du monde extérieur, la guerre qui gronde aux environs de Giverny, la vieillesse qui approche, la vue qui baisse inexorablement. C’est là, dans l’ombre de la mort, qu’il va entamer le dernier face-à-face décisif avec la peinture. C’est là, pendant ces dix années, de 1916 à 1926, que Monet va poursuivre inlassablement l’inachèvement des Nymphéas, qu’il va le polir, qu’il va le parfaire.
J.-Ph. T

Lorsqu’un enfant peint toute la journée et se réjouit d’offrir sa toile à son père, il espère bien que son œuvre sera exposée dans le plus bel endroit de la maison !

Ce livre dépeint une scène à première vue banale sauf que l’enfant s’appelle Michel Monet et que son père n’est autre que le plus grand peintre impressionniste du XIXe siècle, Claude Monet.

Voici un album qui met en scène une relation père/fils empreinte d’amour, de tendresse et d’humour.

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