RTBFPasser au contenu

Exposition - Accueil

Une sculpture d’Edgar Degas exposée en hologramme par Christie’s

"Petite danseuse de quatorze ans", sculpture d’Edgar Degas qui sera exposée en hologramme

Ces dernières années, le show-business s’est saisi des hologrammes pour ressusciter des stars défuntes comme Marilyn Monroe, Tupac ou encore Billie Holiday. Ces initiatives ont inspiré Christie’s. La maison d’enchères a réalisé une reproduction holographique d’une sculpture de Degas pour l’exposer aux quatre coins du monde, avant qu’elle ne passe sous le marteau.

Pendant des années, "Petite danseuse de quatorze ans" d’Edgar Degas a décoré l’entrée du luxueux appartement new-yorkais de la défunte philanthrope américaine Anne Bass. Ce bronze s’apprête dorénavant à être mis aux enchères en mai, à l’occasion de la semaine de ventes publiques dédiées aux XXe et XXIe siècles qu’organise Christie’s. Son estimation : entre 20 et 30 millions de dollars (entre 18,7 et 28 millions d’euros).

Pour marquer le coup, Christie’s a décidé de présenter cette sculpture dans ses galeries à San Francisco et à Hongkong. Toutefois, les amateurs d’art ne l’admirent pas "en chair et en os", mais sous la forme d’un hologramme ultra réaliste. La maison d’enchères s’est associée à la start-up américaine Proto pour créer une représentation tridimensionnelle du chef-d’œuvre de Degas. Il est exposé dans une vitrine blanche des plus futuristes, avec laquelle les visiteurs peuvent interagir pour découvrir la jeune danseuse dans les moindres détails.

Loading...

Pour Devang Thakkar, senior advisor spécialisé dans le numérique et les nouvelles technologies chez Christie’s, ce dispositif permet de proposer aux amateurs d’art américains et hongkongais "une expérience immersive et interactive". "L’hologramme fournit une réplique numérique réaliste affichée en trois dimensions plutôt que sur des écrans numériques plats comme les téléviseurs ou les écrans d’ordinateur", a-t-il expliqué à The Art Newspaper.

Écologie et prouesse technologique

Mais ce n’est pas son seul avantage : le recours à un hologramme permet à Christie’s de ne pas s’embarrasser du transport de "Petite danseuse de quatorze ans" d’Edgar Degas à San Francisco puis à Hongkong. Le monde de l’art est souvent pointé du doigt pour le coût écologique du déplacement des œuvres d’art, que ce soit dans le cadre des expositions "blockbuster", mais aussi de celles organisées par Christie’s et ses concurrents en amont de grandes ventes comme celle de la collection d’Anne Bass. L’année dernière, la maison de François Pinault s’est engagée à réduire drastiquement les émissions de carbone générées par le transport et la conservation des pièces qu’elle propose à la vente. Elle a également annoncé son intention de devenir neutre en carbone d’ici 2030.

Si Christie’s ne semble pas avoir prévu de créer d’autres répliques holographiques de certaines pièces, Proto investit de plus en plus les milieux artistiques. La start-up a participé à de nombreuses initiatives autour des NFT en parallèle de la dernière édition de Miami Art Week. Au cœur de cette petite révolution, David Nussbaum, qui a fondé Proto en 2019 après avoir travaillé vingt ans dans l’industrie du divertissement. Son ambition ? Démocratiser l’utilisation des hologrammes, que ce soit dans le show-business, la mode, le monde de l’entreprise ou encore celui de l’art. "Ce serait formidable qu’un musée commissionne une performance, et la diffuse peut-être en direct dans des villes du monde entier", a-t-il dit à Artnet News. "Ce serait formidable de voir Marina Abramovic faire quelque chose avec Proto. "The Artist is Present" fonctionnerait-il par holoportation ? Au lieu de téléporter des gens, que se passerait-il si Cai Guo-Qiang créait l’une de ses expérimentations autour de la poudre à canon en direct via Proto ? Quelles idées surprenantes impliquant des miroirs et des pois aurait Yayoi Kasuma ?" Le ton est donné.

Articles recommandés pour vous