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Première médicale en Belgique: l'implantation d'un stimulateur pour pied paralysé après un AVC

Première médicale en Belgique: l'implantation d'un stimulateur pour pied paralysé après un AVC
23 août 2016 à 16:23 - mise à jour 23 août 2016 à 16:232 min
Par Monika Wachter

Guy Martin, un Namurois âgé de 32 ans, est le premier patient belge à se faire placer un implant stimulateur pour traiter la paralysie du pied au CHU-UCL Namur de Mont-Godinne. A 20 ans, il avait fait un AVC qui l'a paralysé du côté droit.

Il a bien récupéré sauf son pied. "Ce que j'avais comme problème, c'est que mon pied tombait. Il pendait, il ne voulait plus bouger donc plus se relever."

Un AVC sur cinq entraîne un handicap du pied

L'accident vasculaire cérébral est la première cause de handicap dans les pays occidentaux. Il touche 19 000 personnes par an en Belgique dont 6000 garderont un handicap. Une personne sur cinq victime d'un AVC souffre d'un pied tombant souvent dû à une paralysie des muscles "releveurs" du pied.

C'est un gros problème pour marcher explique le professeur Thierry Deltombe, spécialiste en médecine physique et réadaptation à l'hôpital de Mont-Godinne. Sans attelle, "le pied a tendance à tomber vers le bas quand le patient pose le pied au sol. Ce qui fait que cette marche est instable. Le patient va accrocher les graviers et risque de chuter sur le moindre obstacle. Et puis il doit élever la jambe ce qui lui fait dépenser beaucoup d'énergie . C'est une marche qui est très fatigante qu'il ne peut mener très très longtemps." 

Une première belge

La société Nstim a développé un stimulateur nerveux qu'on peut implanter. Le 26 avril, le Professeur Thierry Gustin, neurochirurgien, a implanter  le premier stimulateur en Belgique à Guy Martin au CHU UCL Namur sur le site de Godinne.

"Il y a un système qui est implanté qui est constitué d'une électrode, donc d'un anneau qui entoure le nerf. Cette électrode est reliée à un petit boîtier de stimulation électrique qui lui est aussi implanté sous la peau. Ça c'est le système qui est interne. Et puis à l'extérieur il y a un contacteur qui est situé au niveau du talon du patient qu'il place dans sa chaussure qui lorsque le patient va poser le pied sur le sol va être activé et va lui-même envoyer un signal à un petit boîtier qui est attaché à la ceinture. C'est l'unité de contrôle qui va à travers la peau stimuler le câble et l'électrode et déclencher l'activation du nerf."

C'est le paradis

Pour Guy Martin c'est le jour et la nuit. Avant il marchait avec son attelle.

Aujourd'hui, "il n'y a plus de contrainte physique parce que l'attelle il faut la mettre dans la chaussure. Et puis il y avait la tige sur mon mollet. Il faut remettre la sangle autour de mon mollet. Ça serrait tout le temps. Donc maintenant il n'y a plus tout ça vu que c'est dans la peau. Et je marche mieux: je vais plus loin, je sais faire des pas plus facilement, sur la pelouse, le gravier, dans les bois, sur les branches, dans du sable. Partout où je veux. Tandis qu'avec l'attelle ça n'allait pas parce que le pied était resté fixe, à plat par terre, le pied bloqué à 90°. Tandis que maintenant il peut descendre à 80° ou remonter à 120°. Je bouge le pied comme je veux. ... Donc c'est le paradis!" 

20 000 euros

Le seul bémol, c'est le prix. 20.000 euros l'implant. Pour cette première belge, la société Nstim a offert l'implant.

Elle espère comme dans d'autres pays européens, comme au Danemark, en Autriche, en Suisse ou encore au Luxembourg, les mutuelles vont rembourser cet implant. Nstim va introduire une demande auprès de l'INAMI.

En attendant, Guy Martin et l'équipe interdisciplinaire du site de Mont-Godinne sont très contents de ce système de haute technologie.

 

 

 

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