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Une otage américaine aurait été tuée à la suite d'une frappe "jordanienne"

Image distribuée par le groupe Etat islamique aux sites islamistes montrant le pilote jordanien que l'EI a capturé en Syrie le 24 décembre 2014

© AFP

06 févr. 2015 à 09:44 - mise à jour 06 févr. 2015 à 19:27Temps de lecture3 min
Par AFP

"La Jordanie pourchassera avec toutes ses forces l'organisation (EI) n'importe où", a déclaré le chef de la diplomatie Nasser Joudeh à la chaîne de télévision américaine CNN.

"Tout membre de Daech (acronyme en arabe de l'EI) est une cible pour nous. Nous les pourchasserons et nous les éradiquerons (...) Nous sommes en première ligne, c'est notre bataille", a ajouté le ministre dont le pays participe aux frappes en Syrie contre l'EI dans le cadre de la coalition internationale dirigée par les Etats-Unis.

Il a affirmé que son pays avait tenté de sauver le pilote Maaz al-Kassasbeh, capturé en décembre par l'EI en Syrie après le crash de son avion, mais sans fournir d'autres détails.

L'armée jordanienne a annoncé que des dizaines d'avions de chasse avaient mené jeudi des frappes contre des bastions de l'EI, dans le cadre de l'opération "Martyr Maaz", du nom du pilote brûlé vif par l'EI. "Toutes les cibles ont été détruites. Des camps d'entraînement et des dépôts d'armes et de munitions ont été touchés".

Ces frappes "ne sont que le début de notre vengeance pour le meurtre du pilote", a encore assuré le ministre jordanien.

L'armée n'a pas précisé le lieu des frappes mais elles ont habituellement lieu en Syrie voisine, pays en guerre depuis près de quatre ans où la montée en puissance de l'EI a éclipsé la rébellion syrienne contre le régime de Bachar al-Assad.

Une otage américaine tuée lors d'un raid ?

Le groupe Etat islamique (EI) a quant à lui affirmé qu'une otage américaine avait été tuée lors d'un raid aérien de la coalition internationale dans la région de Raqa, un bastion des jihadistes dans le nord de la Syrie.

"L'aviation de la coalition croisée a bombardé une position en dehors de la ville de Raqa après les prières du vendredi. Aucun combattant n'a été touché mais nous pouvons confirmer qu'une otage américaine a été tuée par les frappes", a indiqué l'EI dans un communiqué diffusé sur des sites jihadistes.

Dans le titre, l'EI mentionne que l'aviation "jordanienne" a tué une otage américaine mais le texte du communiqué parle uniquement d'une frappe de la "coalition".

L'information de la mort de l'otage n'a pas pu immédiatement être vérifiée de source indépendante.

Le communiqué signé par le bureau d'informations de la province de Raqa ne comporte pas de photos du corps de l'otage. Il est toutefois accompagné de photos de bâtiments détruits.

La légende d'une des photos d'un bâtiment en ruines précise qu'il s'agit des décombres du bâtiment dans lequel l'otage a péri.

Selon la Maison Blanche, il n'existe pour l'instant aucune preuve de ce qu'avance l'État islamique. "Nous sommes évidemment très préoccupés par ces informations. Nous n'avons pas de signe tangible pour l'instant confirmant les affirmations de l'EI" sur la mort de cet otage, a déclaré Bernadette Meehan, porte-parole du Conseil de sécurité nationale (NSC).

Selon les médias américains, l'otage dont il est question est Kayla Mueller, une travailleuse humanitaire de 26 ans originaire de Prescott (Arizona). Elle avait commencé à travailler dans la région en décembre 2012 et a été enlevée en août 2013.

Intervention terrestre ?

Alors qu'on lui demandait si la Jordanie était disposée à lancer une opération terrestre contre l'EI, M. Joudeh est resté évasif: "Il faut tenir compte de plusieurs facteurs, les opérations militaires en cours, garantir la sécurité dans la région en plus d'objectifs sur le long terme incluant la lutte contre l'idéologie de ce groupe".

Après la prière hebdomadaire musulmane, les manifestants se sont rassemblés devant la mosquée Al-Husseini dans le centre de la capitale en arborant des drapeaux jordaniens et des photos du pilote Maaz al-Kassasbeh, brûlé vif par le groupe jihadiste qui l'avait capturé en décembre après le crash de son avion en Syrie.

"Nous sommes tous Maaz", "Nous sommes tous la Jordanie", "Oui à la punition, Oui à l'éradication du terrorisme", affirmaient des pancartes, en soutien également au roi et à l'armée dans leur lutte antijihadistes.

Armer les tribus en Irak

Selon le quotidien Al-Ittihad, organe du gouvernement d'Abou Dhabi, les Emirats arabes unis ont suspendu, après la capture du pilote jordanien, leur participation aux frappes en Syrie en raison du manque de moyens de sauvetage des pilotes et du non-armement des tribus sunnites de la province irakienne d'Al-Anbar pour faire face aux jihadistes.

Après ce premier reproche, Washington a positionné dans le nord de l'Irak des équipes de sauvetage, pour les rapprocher des zones de bombardements, et faciliter d'éventuelles opérations de secours de pilotes, a indiqué un responsable américain.

La Jordanie attaque l'EI

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