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Une marche féministe à Paris s’achève par une violente intervention policière

Une manifestation de femmes en prélude au 8 mars s’est achevée avec des heurts avec la police samedi soir à Paris.
08 mars 2020 à 11:27 - mise à jour 08 mars 2020 à 14:11Temps de lecture2 min
Par RTBF

À la veille de la Journée internationale des Droits des femmes, quelques milliers de manifestantes ont participé de la place des Fêtes à la place de la République à une "marche nocturne" pour un "féminisme populaire antiraciste". Mais la marche s’est mal terminée et des affrontements ont opposé les forces de l’ordre aux participants de la “Marche féministe” ont rapporté des associations et journalistes.

Répondant à l’appel, une foule d’au moins une centaine de personnes et majoritairement des femmes, ont défilé en brandissant des pancartes. Des slogans directement inspirés de la cérémonie controversée des César ont aussi fait leur apparition.

"La honte", pouvait-on ainsi lire sur certains panneaux, en référence au mot d’Adèle Haenel après le sacre de Polanski ou encore "On se lève, on se casse", comme écrit par Virginie Despentes dans une tribune au vitriol contre la société patriarcale. Des chants hostiles aux forces de l’ordre accusées de violences policières ont aussi été entendus, rapporte le Huffington Post ce dimanche.


►►► À lire aussi : Coup d’envoi de deux jours de grève des femmes pour revendiquer leurs droits


Mais, alors que la manifestation se déroulait dans le calme, la manifestation a dégénéré en fin de soirée. La police a décidé de charger pour interpeller violemment des manifestantes, selon les journalistes et témoins présents sur place. Depuis, des vidéos avec le hashtag #ViolencesPolicieres ont été publiées sur les réseaux sociaux.

Dans les vidéos publiées sur les réseaux sociaux, on peut voir des manifestantes repoussées dans le métro. Du gaz lacrymogène a également été utilisé selon plusieurs témoignages.

On ne sait pas à l’heure actuelle ce qui a fait monter la tension et poussé les policiers à intervenir de façon musclée mais une enquête devrait être menée pour éclaircir les circonstances de ces incidents.

La manif est arrivée trop "tard", selon la préfecture 

Interrogée par nos collègues de France Info, la préfecture de police dit avoir procédé à neuf interpellations (une pour "jet de projectile", les autres pour "outrage et rébellion" ou encore "participation à un groupement en vue de commettre des dégradations et des violences"). Elle reconnaît pourtant que cette manifestation, déclarée, de plusieurs milliers de personnes s'est "déroulée dans le calme". "Mais les manifestantes sont arrivées très tard place de la République par rapport à l'heure prévue et ont refusé de se disperser", argumente la préfecture.

D'après les témoignages, le dispositif de nasse rendait cependant difficile cette dispersion. Encore choquée du nombre de fourgons de police et d'unités de motos utilisés pour une manifestation pacifique, Marceline  Samion n'en revient pas : "La seule violence était verbale, elle a consisté à crier 'toutes les femmes détestent la police'. Cela ne justifie pas de traîner des femmes par terre. Ça n'a pas de sens de montrer tant de violence face à des femmes qui réclament leurs droits."

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Réactions de la maire de Paris et de la secrétaire d’Etat Marlène Schiappa

Interpellée sur Twitter, la secrétaire d’Etat Marlène Schiappa a annoncé dimanche qu’un rapport avait été demandé à la préfecture de police sur ces incidents, relève le Huffpost.

Le quotidien français Libération indique qu’Anne Hidalgo, la maire de Paris candidate à sa réélection, s’est dite "choquée par les violences inadmissibles et incompréhensibles la nuit dernière place de la République". Elle a affiché son "soutien aux manifestantes et manifestants".

 
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