Une jeune victime du 22 mars se reconstruit dans un centre du Pentagone

Commémorations des attentats du 22 mars : la nouvelle vie de Béatrice

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19 mars 2018 à 15:51 - mise à jour 19 mars 2018 à 15:51Temps de lecture3 min
Par I.L. avec Sarah Heinderyckx

Béatrice avait 17 ans le 22 mars 2016 quand l'explosion de l'aéroport a changé sa vie à tout jamais. Elle a perdu ses jambes lors des attentats de Bruxelles et a entamé une longue convalescence. Depuis six mois, cette jeune franco-américaine a décidé de vivre aux États-Unis où elle a été acceptée dans un centre de revalidation du Pentagone pour blessés de guerre.  Notre équipe est allée à la rencontre de cette jeune femme battante qui nous donne une véritable leçon de vie.

La Californie est devenue sa nouvelle patrie. Après 4 ans passés en Belgique, Béatrice De Lavalette s'est installée à San Diego il y a six mois. Après les explosions du 22 mars, les médecins ont dû lui amputer les deux jambes sous les genoux.

Nous la retrouvons le long de ces plages ensoleillées, où elle a repris goût à la vie. "Aujourd'hui on a de la chance, on a vu des otaries. C’est  toujours magnifique. Souvent quand je rentre chez moi le soir, je suis claquée et je vais directement au lit. Donc c'est sympa de temps en temps de venir ici pour sortir un peu".

D’un spécialiste à l’autre

Béatrice passe la plupart de son temps à l'hôpital militaire de San Diego, l’un des trois centres d'excellence en rééducation des États-Unis. Ce site abrite des milliers de soldats blessés, soignés par des équipes de spécialistes.  Les blessures de Béatrice sont considérées comme des blessures de guerres. "Même si je suis sûr que Béatrice et sa famille sont reconnaissants qu'elle soit encore là, être juste en vie n'est probablement pas suffisant pour quelqu'un qui a 19 ans. Donc on veut faire notre possible pour qu'elle récupère sa vie" , témoigne Peter Schumaker, dermatologue au Centre Médical Naval de San Diego et expert de renommée mondiale dans le traitement des cicatrices.  "Ça m’aide beaucoup. J'ai été brûlée un peu partout donc ça me redonne un peu confiance".

Chez la kiné, Béatrice teste un matériel spécial grâce auquel elle parvient enfin à se lever pour la première fois et faire quelques pas.  Malgré la souffrance et grâce à d’énormes efforts, elle réalise de véritables exploits, au milieu des vétérans. "Elle est au moins aussi robuste qu'eux, si pas plus. Je pense que les patients qui viennent ici sont très impressionnés par la façon dont elle se débrouille et ça les motive aussi", explique son entraineuse. 

Les secrets de sa motivation

Même si Béatrice ne doit son énergie qu’à elle-même, les contacts avec ses proches sont importants. Elle vit seule dans un appartement du centre-ville mais ne passe pas un jour sans appeler sa mère.  "Beaucoup de gens me demandent comment j’ai pu laisser ma fille seule en Californie. C'était facile car elle était prête. Elle a grandi rapidement, et quand un évènement de ce type se produit, on n'a pas le choix.  Je ne peux pas la dorloter toute sa vie. Ce n’est pas mon style et puis elle aurait essayé de me tuer ", ironise-t-elle.  

Motivation supplémentaire : DeeDee, la jument de Béatrice a quitté Bruxelles au début de cette année pour la rejoindre en avion à San Diego.  Encouragé par la coach, le duo inséparable s'entraîne sans relâche avec le  rêve de participer aux jeux paralympiques de Tokyo en 2020.

Aller de l’avant

En avril, Béatrice subira encore une opération pour traiter ses cicatrices. Ensuite elle entend bien passer son permis de conduire et entrer à l'université en septembre. Cette nouvelle étape ne lui fait pas peur. "Je porterai les effets de l'accident tous les jours donc, ça ne sert à rien de les cacher. En même temps je suis fière de les montrer parce que je suis encore là (rires). Et je me suis battue pour être ici", conclut Béatrice.

Dans son cœur, il n’y a ni colère, ni rancœur.  Elle a déjà plein de projets en tête comme celui de lancer une entreprise pour créer des prothèses et  des équipements sportifs adaptés aux personnes handicapées.

 

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