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Journal du classique

Une immersion littéraire et musicale dans une auberge de l’époque napoléonienne

19 mars 2021 à 09:50Temps de lecture2 min
Par Antoine Danhier

Dans la foulée des événements organisés pour le bicentenaire du décès de Napoléon Bonaparte, le 5 mai prochain, le trio Jenlis (harpe, violon et violoncelle) et le récitant Gabriel Alloing proposent une plongée musicale et littéraire dans l’époque napoléonienne. Une rencontre entre musique savante et musique populaire irlandaise.

Imaginez-vous dans une taverne en 1815. Tandis que vous sirotez votre boisson, vous ne pouvez vous empêcher de prêter l’oreille au brouhaha des conversations environnantes. L’une d’elles en particulier attire votre attention : à la table à côté de la vôtre, deux hommes discutent d’un ton tantôt léger, tantôt dramatique et émouvant. C’est une rencontre des plus étonnantes. Le premier n’est autre que Jean-Louis Duport, un compositeur et violoncelliste français de renom. Le second n’est clairement pas du pays : il se présente comme Sean O’Connor, un jeune musicien irlandais engagé dans les armées napoléoniennes. Unis par la musique malgré leurs différences, ils se racontent à tour de rôle, tandis qu’à travers eux, deux traditions musicales très complémentaires se rencontrent.

C’est le propos du spectacle "Une auberge musicale à l’époque napoléonienne", créé le 13 septembre 2020 au Musée Wellington dans le cadre de "Place aux artistes". Le croisement de deux itinéraires, deux milieux sociaux, deux points de vue sur une époque, deux styles de musique. Les deux personnages sont incarnés en alternance par le récitant Gabriel Alloing. Parallèlement à leurs interventions, le trio Jenlis, composé de Axel, Mathilde et Héloïse de Jenlis (violoncelle, violon et harpe), donne corps aux deux univers musicaux qu’ils transportent, en alternance avec le texte (écrit par Axel de Jenlis) ou bien comme fond sonore.

Un choc des styles

Jean-Louis Duport, compositeur et musicien français de l’époque, incarne la musique savante que l’on pratiquait à l’époque dans les salons. Une époque de l’histoire de la musique qui convient particulièrement bien à la harpe. "Il y a énormément de musique écrite pour la harpe à cette époque. C'est une période un peu creuse dans la musique classique, entre 1800 et 1815. Du coup, c’est un peu un travail archéologique d’aller jouer ces œuvres qui ne sont pas très connues et de faire un spectacle sur cette thématique", explique Héloïse de Jenlis, la harpiste du groupe.

À l’opposé, Sean O’Connor est un personnage fictif qui représente plutôt la musique populaire irlandaise, porteuse des attentes et du vécu des Irlandais. "À l’époque, ils croyaient que Napoléon serait un peu celui qui les sauverait du joug des anglais. Donc il y a plein de chansons à la gloire de Napoléon", raconte Héloïse.

Au-delà de la rencontre elle-même, c’est donc à un choc des styles que l’on assiste. "On trouvait cela intéressant, le mélange de musiques savantes de l’époque et de musiques populaires irlandaises parlant de leurs sentiments, de la misère, de leurs espoirs par rapport au sauveur Napoléon", poursuit Héloïse. "Il y a par exemple une superbe chanson, "Eighteen of June", le 18 juin, jour de la Bataille de Waterloo. C’est un Écossais qui raconte la souffrance de cette bataille, combien il était effrayé de voir tous ces canons qui tonnent, tous ces morts…"

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Le spectacle musico-littéraire "Une auberge musicale à l’époque napoléonienne" aura lieu ce dimanche 21 mars à 15h30 à La Ferme ! (anciennement Ferme du Biéreau), dans le cadre du Festival Est-Ouest. Sur réservation (le ticket est à 5 €), il sera accessible dès cette heure en livestream sur le site de La Ferme ! et restera en ligne pendant une semaine.

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