Une "doula" pour rassurer la future maman

01 févr. 2020 à 09:00 - mise à jour 01 févr. 2020 à 09:15Temps de lecture2 min
Par Françoise Berlaimont

Et si on réhabilitait la "doula" pour faire des économies plutôt que de cibler les petites maternités non rentables? Encore confidentiel en Belgique, le métier de doula,  "servante" en grec,  est un métier vieux comme le monde. C'est la femme qui accompagne la future maman tout au long de sa grossesse, lors de l'accouchement, et même après. A ne pas confondre avec le métier de sage-femme.

La doula ne remplace pas la sage femme

Laurence Verdonck est doula depuis 3 ans. Elle reçoit chez elle, au salon ou à la cuisine, autour d'une tasse de thé. Passionnée par tout ce qui touche à la grossesse et à l'accouchement, elle s'est reconvertie il y a 3 ans. "La doula est une femme expérimentée qui va informer et soutenir moralement les femmes dans le contexte de la grossesse, de la naissance et du post-partum", explique Laurence Verdonck.

Mais en quoi est-ce différent de la sage-femme? "On nous confond souvent", admet-elle, "mais nos rôles sont différents". "La sage femme a une responsabilité médicale, elle est formée pour surveiller une grossesse, un accouchement, détecter les problèmes éventuels et y remédier, en dirigeant la patiente si besoin est vers d'autres personnes compétentesMon rôle en tant que doula est moral, c'est celui de rassurer et d'être présente en permanence". 

Un énorme besoin de confiance

Alice Leurquin est enceinte de 4 mois et demi. Le lien qu'elle tisse avec sa doula est quasi amical. "J'ai confiance en elle", explique la future maman. "Je sais qu'elle a la capacité à me soutenir au moment de l'accouchement, et aussi de soutenir mon compagnon".

Alice a déjà rencontré Laurence plusieurs fois, elles abordent ensemble toutes les questions, des plus intimes aux plus farfelues. Rien n'est tabou. Mais pourquoi ce besoin de la présence d'une doula? "Au moment de l'accouchement, rien ne m'assure que le gynécologue qui me suit sera présent. Idem pour la sage-femme" .

La doula, elle, s'engage à être disponible 24 heures sur 24 autour de la date de l'accouchement, 1 mois avant, 10 jours après.

Des effets bénéfiques bien identifiés  

Plusieurs études sur le rôle de la doula ont confirmé que sa présence au moment de l'accouchement permet de diminuer l'angoisse, et donc, aussi, les complications. "On constate moins de césariennes, moins de naissances avec instruments, et même un travail moins long", déclare Laurence Verdonck, qui cite notamment une étude de l'Organisation mondiale de la Santé datant de 2017.

Et c'est là que l'on peut faire des économies. L'exemple des césariennes est édifiant. Une césarienne coûte environ 4.500 euros à la sécurité sociale. Or, une césarienne sur deux en Belgique est jugée abusive. La "Plateforme citoyenne pour une naissance respectée", dont Laurence Verdonck fait partiepointe les coûts indirects liés à la médicalisation inutile et au non respect des femmes, encore trop souvent victimes de violences obstétricales. 

La doula ignorée par la sécurité sociale

Les tarifs d'une doula varient d'une région à l'autre, et le métier est encore confidentiel en Belgique. Il faut compter environ 40 euros pour un entretien qui dure 1 heure, 1 heure et demie. 

Pour l'accouchement, Laurence Verdonck demande un forfait de 480 euros. "Et cela, précise-t-elle, que l'accouchement dure 2 heures, 6 heures,  12 heures, ou plus, et en étant joignable à tout moment pendant 1 mois".

Elle reconnaît qu'elle ne peut pas en vivre actuellement. Elle complète un peu en proposant des massages et des cours de yoga pré et post-natal. Le coût d'une doula reste pour le moment entièrement à charge des parents. 

Articles recommandés pour vous