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Régions Brabant wallon

Une convention entre la Province et les gens du voyage pour l’occupation du parking du Bois des Rêves

Les gens du voyage trouvent peu de terrains qui peuvent les accueillir l'hiver

Le texte sera soumis ce 30 juin au vote du conseil provincial. Il s'agit d’une proposition de "convention d’occupation, à titre précaire, relative au séjour temporaire des gens du voyage sur le parking P2 du Bois des Rêves, entre la Province du Brabant wallon et le Comité national des Gens du Voyage". En d’autres mots, la Province souhaite fixer un cadre à une situation déjà existante. Cela fait en effet plusieurs hivers qu’un groupe de gens du voyage viennent s’installer sur ce parking du domaine provincial, inoccupé par les visiteurs à cette période de l’année. "Mais on est un peu mis devant le fait accompli", constate la députée provinciale Isabelle Evrard, en charge du dossier. Les gestionnaires du domaine ignorent souvent combien de caravanes s’y installent, pour combien de temps. "Si on a besoin du parking pour un événement pendant cette période, cela crée des problèmes. Les visiteurs ne trouvent pas de place pour se garer et se plaignent. Cela crée aussi des difficultés avec les riverains", poursuit-elle.

Cela formalise les choses, c’est écrit et c’est un contrat, qui doit donc être respecté par les deux parties

Avec cette convention, qui prévoit notamment une durée d’occupation maximale de deux mois chaque hiver, un nombre limité de caravanes et toute une série de règles à respecter (gestion des déchets, demande à Ores pour l’électricité…), tout le monde y gagnerait donc. La Province, comme les gens du voyage et même les riverains. "C’est important qu’il y ait des choses bien fixées, ça nous protège mais ça les protège aussi. Il y a une convention précaire qui est passée. Il y a des choses à respecter et, si elles ne le sont pas, on peut revoir l’occupation. Cela formalise les choses, c’est écrit et c’est un contrat, qui doit donc être respecté par les deux parties", insiste la députée provinciale.

Peu de terrains accessibles l’hiver

Trouver des terrains où passer l’hiver, c’est une préoccupation de longue date pour les gens du voyage établis en Belgique, comme Manuel Charpentier, qui est le porte-parole du groupe avec qui la convention sera conclue. "Il existe quelques terrains existants, mais ils ne nous sont accessibles que l’été. A partir du mois d’octobre, ils sont fermés et on n’y a plus accès, déplore-t-il. L’été, c’est une joie de voyager, mais l’hiver, on n’a pas la même vie, le même temps, les mêmes besoins en commodités". Il se réjouit qu’une autorité publique prenne enfin ce genre de mesure, mais comme elle n’est prévue que pour une période limitée, il souhaiterait que d’autres embrayent à leur tour. "L’hiver ne dure pas que deux mois. Si chaque commune ou chaque province, prenait ce genre de mesure, il y aurait déjà des choses qui s’amélioreraient, ce serait déjà un bon départ", commente-t-il.

Déjà d’autres expériences concluantes

Le Centre régional de médiation des gens du voyage applaudit également ce type d’initiative, vue comme un geste symboliquement fort, mais il pointe aussi deux bémols : la limitation de l’occupation dans le temps et le fait que cela ne réponde que très partiellement à la demande. "On estime le besoin à une dizaine de terrains pour accueillir chacun une dizaine de familles pendant plusieurs mois", remarque Ahmed Akhim, le médiateur. "Il y a eu d’autres expériences de ce genre, avec la Défense ou la SNCB, qui ont mis des terrains à la disposition des gens du voyage, moyennant des règles, et cela a toujours donné satisfaction aux différentes parties". Mais ces expériences sont encore peu nombreuses.

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