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Cinéma

Un train qui siffle 3 fois… et ce depuis 70 ans

Gary Cooper attend le train de midi pile avec impatience

Ce western avec Gary Cooper et Grace Kelly est un classique du genre et pourtant ce n’est pas un western. Pour célébrer le 70e anniversaire de sa sortie, voici 3 raisons pour lesquelles vous devez absolument le (re)voir !

Chaque fois que vous êtes seul et que vous n’avez pas l’aide dont vous avez besoin, le Will Kane incarné par Gary Cooper en devient la parfaite métaphore…

Mieux encore, le Will Kane qui sommeille en nous se réveille. Mais pour bien comprendre cette pensée du 42e président des Etats-Unis, un certain Bill Clinton, reprenons tout depuis le début… Dans le film "Le train sifflera trois fois", Will Kane vient tout juste de se marier et pense sérieusement à rendre son étoile de shérif. Mais alors qu’il vient de promettre de rester fidèle à sa chère et tendre jusqu’à ce que la mort les sépare… la Mort en question se rappelle à lui. Ou presque. Le terrible Frank Miller, un bandit que Kane a arrêté jadis et fait condamner, revient en ville avec le train de midi (le train du titre) pour se venger et le tuer. Kane cherche du soutien. En vain ! Abandonné par tous, il décide de faire face à son destin seul, extrêmement seul…

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Vous la comprenez mieux maintenant cette allusion faite par Clinton, lui qui s’est aussi souvent retrouvé seul à décider, lui qui n’a jamais hésité à réveiller le Will Kane endormi. Sachant que ce classique du western américain est sorti pour la première fois le 24 juillet 1952, pour célébrer les 70 ans de ce chef-d’œuvre, voici 3 raisons pour lesquelles il est urgent de (re)voir "Le train sifflera trois fois" (et sa chanson générique intitulée "Si toi aussi tu m’abandonnes", interprétée en français par John Williams) !

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D’abord, il y a sa temporalité. Même s’il ne s’agit pas d’un long plan séquence d’1h25, ce film se déroule en temps réel. L’histoire démarre à 10h40, soit à la fin du mariage du shérif avec Amy, et dure jusqu’à l’arrivée par le train de midi du méchant de l’histoire, donc 85 minutes plus tard. Le compte est bon. Juste comme ça encore, le titre en VO de ce film est "High noon" qui signifie "midi pile". Au sens figuré, il s’agit encore de "l’heure du jugement", d’une "ultime confrontation" !

Gary et Grace, aka le shérif et sa blonde, se disant oui
Gary et Grace, aka le shérif et sa blonde, se disant oui (United Artists)

Vous devez (re) voir "High noon" pour son casting, ses noms au générique. Derrière la caméra, vous avez le réalisateur Fred Zinnemann, à qui l’on doit "Tant qu’il y aura des hommes", un autre classique parmi les classiques. Son scénariste n’est autre que Carl Foreman qui a encore écrit les scripts du "Pont de la rivière Kwai" et "Les canons de Navarone". Devant la caméra, vous avez Gary Cooper dans le rôle du shérif. "Pour qui sonne le glas", "L’extravagant M. Deeds" et "Vera Cruz", tout ça, c’est lui. Enfin, voilà quelques-uns de ses films (majeurs). Notez qu’il recevra l’Oscar du Meilleur acteur pour ce fameux "Train…". En face, vous avez encore Grace Kelly dans le rôle d’Amy. Celle qui n’est pas encore Princesse de Monaco n’a pas encore tourné avec le grand Alfred Hitchcock des films aussi mémorables que "Le crime était presque parfait", "La main au collet" et "Fenêtre sur cour". Et pour cause, c’est bel et bien ce train, ce western, qui la fera connaître au grand public. D’ailleurs, les débuts de Kelly n’ont guère trouvé… grâce à ses yeux. Après s’être vue sur grand écran, elle se jugea si mauvaise qu’elle demanda à suivre des cours de comédie et travailla encore sa technique de jeu !

Il n’y a pas que le train de midi qui attend ces deux-là
Il n’y a pas que le train de midi qui attend ces deux-là (United Artists)

La dernière raison pour laquelle vous devez absolument (re)voir "Le train sifflera trois fois", outre son esthétisme incroyablement léché, reste que ce western n’est pas… un western. Il s’agit davantage d’une œuvre terriblement politique qui dénonce la lâcheté, la couardise. Son scénariste, Foreman, avait envie d’écrire une parabole sur l’ONU. Comme il avait déjà été blacklisté, comme il ne voulait pas revivre ça (nous sommes en pleine chasse aux sorcières, en plein maccarthysme, en pleine dénonciation des artistes communistes ou de gauche), Carl a tout simplement transposé ses dialogues dans l’univers western. Dans le livret qui accompagne la magnifique édition de luxe du film en Blu-ray (proposé chez Sidonis Calysta), le scénariste raconte…

Les menaces de la Commission des Activités Anti-Américaines se dirigeaient vers Hollywood […] Une peur insidieuse avait envahi la ville. J’ai décidé alors de changer d’optique et d’écrire une parabole sur Hollywood et le maccarthysme […] Pendant la conception du film, je me suis encore retrouvé dans la même position que le personnage joué par Gary Cooper. Tous mes amis m’évitaient…

Le trouvant antiaméricain, John Wayne avait détesté ce film et tourné "Rio Bravo" histoire de montrer comment un véritable cow-boy devait agir !

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