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Un tract "aérien" du MR perturbe le ciel bruxellois

Photo du tract MR

© ER O. Hauwaert

17 avr. 2015 à 17:18Temps de lecture2 min
Par Jean-Claude Hennuy

"Depuis le 2 avril, les avions qui décollent de Zaventem ne survolent définitivement plus votre zone d'habitation" souligne le tract du MR. "Il fallait d'urgence suspendre le plan Wathelet", nous explique Vincent De Wolf, bourgmestre MR d'Etterbeek, commune soulagée depuis le 2 avril dernier. "Nous n'avons fait que rappeler notre promesse aux habitants les plus exposés au bruit pendant le plan Wathelet", affirme Vincent De Wolf. "Si le terme définitivement peut être mal interprété, le tract précise toutefois bien que la situation actuelle est temporaire. C'est une période pendant laquelle le gouvernement fédéral travaille à la recherche de solutions structurelles. Certains disent qu'il nous reste peu de temps, en prétextant que l'Europe rendra toute modification des routes aériennes plus difficiles après juin 2016. Mais je n'en suis pas convaincu, car nous pourrons toujours introduire une demande à l'Europe par après", soutient le bourgmestre d'Etterbeek.

L'Est de Bruxelles, irrité par le tract MR

Pour Benoît Cerexhe, bourgmestre CDH de Woluwé-saint-Pierre, ce tract constitue "un manque de respect pour tous les Bruxellois qui souffrent davantage des nuisances sonores depuis ce 2 avril 2015". D'après le député-bourgmestre, "supprimer certaines routes du plan Wathelet était tout à fait compréhensible. Mais il ne fallait pas pour autant tout renvoyer sur les quartiers Est de Bruxelles", précise Benoît Cerexhe. Et d'ajouter que "la suspension du plan Wathelet découle d'une obligation. Celle de respecter une décision de justice rendue en juillet dernier"; décision contre le fameux virage à gauche large, au-dessus d'Etterbeek, Auderghem et Watermael-Boitsfort, en résumé. Décision aussi, contre certains avions empruntant la route du canal qui traverse la Région de part en part. "Il convient de trouver une solution structurelle, une solution concertée", conclut Benoît Cerexhe.

De son côté, le conseiller communal MR de Woluwé-saint-Pierre, Willem Draps, affirme qu'il ne soutient pas la diffusion de ce tract. "Il est évident que les habitants des quartiers Est de ma commune, comme Stockel, souffrent davantage depuis le 2 avril", explique l'élu MR. "J'espère que la Ministre fédérale de la mobilité, Jacqueline Galant (MR), tiendra compte des intérêts de l'Est de Bruxelles", ajoute Willem Draps. "D'autant qu'à l'instar de la périphérie Est, les quartiers les plus à l'Est de Woluwé souffrent aussi des bruyants atterrissages en piste 01 (la piste transversale de l'aéroport)".

Watermael respire, mais réclame une solution durable

"Le calme est enfin revenu ici", affirme le bourgmestre Ecolo de Watermael-Boitsfort, Olivier Deleuze. "De temps à autre, un avion se perd encore dans notre ciel; mais globalement, pour nous, c'est un vrai soulagement. C'est aussi le résultat d'une série de faits et d'actions antérieures. D'abord, les normes de bruit de Didier Gosuin (FDF), puis une action en justice (en cessation environnementale) d'Evelyne Huytebroeck (Ecolo) parce que les normes de bruit n'étaient pas respectées. Et au final, une décision de justice en juillet dernier", souligne Olivier Deleuze. Le bourgmestre Ecolo rappelle également que la situation actuelle est temporaire et qu'il faudra trouver un compromis durable et respectueux de tous les Bruxellois. Une tâche difficile attend donc le gouvernement fédéral dans un ciel bruxellois qui reste assez perturbé, surtout lorsque les nuages communautaires planent sur les négociateurs.

Jean-Claude Hennuy

 

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