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"Un souffle de dignité", le message de dizaines de milliers de Grecs à Bruxelles

"Un souffle de dignité", le message de dizaines de milliers de Grecs à Bruxelles
11 févr. 2015 à 18:49 - mise à jour 11 févr. 2015 à 20:323 min
Par AFP

Plus de 20.000 personnes -au moins 15.000 à Athènes et 5.000 à Thessalonique, selon la police- ont répondu au mot d'ordre "Un souffle de dignité", relayé depuis plusieurs jours sur les réseaux sociaux à l'origine du mouvement.

Ce cri de ralliement était décliné en de nombreux slogans sur la place du Parlement de la capitale grecque: "Stop à l'austérité", "aucun pas en arrière", "Donnez une chance à la Grèce", "respect" proclamaient les banderoles.

Parmi les manifestants, Stefania Hatziandreou, une quinquagénaire qui a voté pour la gauche Syriza portée au pouvoir fin janvier, appelait "tous les Grecs à être aujourd’hui ici pour faire pression sur l'Europe. Je crois qu’il y aura une solution, nous sommes tous pour l’Europe mais il ne faut pas qu’elle exerce une telle pression".

C'est la première manifestation de Thanassis Goumasis, 48 ans, sur cette place qui fut le théâtre de rassemblements géants au pic de la crise: "nous sommes là pour soutenir le gouvernement dans les négociations, je n’ai pas voté Syriza. C’est l’heure de rétablir la justice", expliquait ce retraité de l’armée.

Plus de sept Grecs sur dix, selon deux sondages publiés mardi, jugent positifs les premiers pas du nouveau gouvernement d'Alexis Tsipras qui souhaite tourner la page de l'austérité tout en cherchant avec la zone euro "un accord". Celui-ci s'annonce compliqué à trouver tant les antagonismes sont forts entre Athènes et ses créanciers UE, BCE, FMI, qui ont commencé à négocier mercredi soir à Bruxelles.

Au milieu d'une foule de tous âges ayant bravé le froid d'une exceptionnelle journée neigeuse à Athènes, Dimitris Dagakos, un ingénieur se dit prêt "à se battre aux côtés du gouvernement qui ose négocier sur un pied d'égalité avec les partenaires européens, sans se soumettre à la troïka", cet attelage de représentants de l'UE et du FMI qui supervise depuis 2010 l'économie grecque et cristallise la rancoeur populaire.

Un thème repris par de nombreuses pancartes, au milieu des drapeaux grecs: "Nous ne sommes pas une colonie de Merkel", affirmait ainsi l'une d'elles en allemand.

Négocier avec "10 millions de Grecs"

D'autres privilégiaient plutôt l'appel à l'unité, telle une grande banderole, "Peuples européens ensemble !". Des rassemblements étaient également prévus dans plusieurs villes européennes.

"Dans les villes de Grèce et d'Europe, le peuple se bat pour la négociation, c'est notre force", lançait d'ailleurs au même moment un message sur le compte d'Alexis Tsipras.

"L'Eurogroupe ne négocie pas seulement avec le gouvernement grec mais avec dix millions de Grecs", a renchéri le porte-parole de l'exécutif Gabriel Sakellaridis.

Une délégation grecque comprenant le ministre des Finances Yanis Varoufakis et le vice-premier ministre Ioannis Dragasakis va présenter un plan de financement et de réforme alternatif à celui suivi par la Grèce depuis 2010 et rendu responsable d'un appauvrissement de la population même si les finances du pays se sont stabilisées. Jeudi se tient un sommet des chefs d'Etats et de gouvernement auquel participera M. Tsipras.

"C'est rassurant, au moins on voit nos dirigeants s'entretenir avec leurs homologues européens et non avec des employés des institutions européennes, comme la troïka", soulignait Aleka Triantafyllou, qui avait voté pour les socialistes par peur d'un "changement trop radical" avec Syriza.

Rassemblement à Bruxelles en soutien à la politique grecque en marge de l'Eurogroupe

Quelques centaines de personnes se sont rassemblées mercredi, dès 17H30, sur le rond-point Schuman à Bruxelles, en marge de la réunion des ministres des Finances de l'Eurogroupe. Aucun incident n'a été signalé.

Derrière la banderole "People of Europe - Rise up !", beaucoup de Grecs étaient présents, ainsi que des Espagnols liés au parti Podemos. Ils réclament que le choix démocratique des Grecs de sortir de l'austérité soit respecté. Les manifestants ont fait une acclamation de bienvenue au ministre des Finances grec Yanis Varoufakis.

"Nous sommes venus exprimer notre soutien avec ses prises de position qui marquent un premier point de rupture avec la politique d'austérité européenne", défend Raf Verbeke, un des coordinateurs de l'Alliance D19-20. "C'est la naissance d'une nouvelle culture politique. Toute cette politique de la dette qui est soit disant l'expression d'une solidarité envers le peuple grec n'est en fait solidaire que des marchés financiers. La nouvelle présidente du Parlement grec (Zoe Konstantopoulou) ne va pas accepter des propositions de loi qui ne respectent pas la Constitution. Elle fait en cela référence aux mémorandums qui ont permis la dictature financière organisée par l'Union européenne. Nous soutenons la décision du nouveau gouvernement grec de Syriza de refuser la dernière tranche du prêt".

Les manifestants dénoncent la logique de soumettre le peuple grec à de nouveaux sacrifices pour assumer le remboursement d'une aide destinée aux créanciers d'une dette illégitime.

 


AFP

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