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Un "simple" graphique résumant "qui se bat contre qui" en Syrie

Un "simple" graphique résumant "qui se bat contre qui" en Syrie

Le conflit syrien a commencé comme beaucoup d’autres en 2011, dans la lignée du Printemps Arabe. Les opposants au régime en place de Bashar Al-Assad ont voulu le destituer et le gouvernement a répondu par la voie des armes. Seulement depuis, la situation complexifiée ne finit pas d’empirer.

La multiplication des protagonistes, les divisions internationales et la montée en puissance de l'organisation terroriste Etat islamique (EI) ont empêché jusqu’à maintenant toute possibilité de règlement du conflit, qui a fait en 5 ans, plus de 260 000 morts et a forcé plus de la moitié de la population à fuir, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

Pour montrer à quel point la situation actuelle est complexe, Charles Lister, spécialiste de la Syrie et chercheur au Middle East Institute, a publié un "simple" graphique montrant les acteurs impliqués et contre qui ils combattent. Il l’a postée sur Twitter accompagné du hashtag #IntractableWar ("Une guerre insoluble", NDLR).

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Charles Lister explique au site d’information Indy100 pourquoi il a fait ce graphique : "Ces dernières semaines, la Syrie est entrée dans une période de complexité sans précédent, en grande partie à cause de la mauvaise gestion de la crise par l’Occident, son incapacité à acquérir et gérer des partenaires fiables sur place et son manque d’anticipation des pourtant prévisibles actions de nos adversaires sur la scène internationale. J’ai créé ce graphique sur un coup de tête, simplement pour souligner ce qu’on a permis de développer ces derniers mois – un véritable chaos".

Il ajoute : "Les choses ne pourraient pas être pires en ce moment et les seuls bénéficiaires à long-terme de cette pagaille ce sont les djihadistes (…) Toute cette instabilité a de sérieux impacts étendus au-delà de la région : c’est le cas pour l’Europe qui devrait se préparer à des vagues de réfugiés cette année qui éclipseront spectaculairement celles de 2015".

Une "guerre par procuration"

On le voit, cette "guerre par procuration" ne facilite pas la résolution de cette crise sans précédent. Didier Leroy, chercheur à l’École royale militaire et au Centre d’études de la coopération et du développement de l’ULB commente : "Ils brandissent tous l’argument de la lutte anti-terroriste pour arriver à leurs fins. Le problème est que l’opposition au régime syrien est très hétérogène, les différentes milices qui la composent n’arrivent pas à s’unir. Aucun des camps n’aura de victoire nette, éclatante. Il faudra de toute façon passer par une solution politique. Et chacun cherche à infléchir l’autre militairement, afin de placer ses pions pour les futures négociations".

Un conflit meurtrier

Ce dimanche, plus de 150 personnes ont été tuées dans une série d'attentats spectaculaires revendiqués par les djihadistes de l'Etat islamique (EI) dans des zones tenues par le régime en Syrie.

Homs, troisième ville du pays, a été frappée par le plus sanglant attentat du genre sur son sol depuis 2011 avec 59 morts, selon une ONG, l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). Et un double attentat djihadiste a eu lieu près d'un sanctuaire chiite au sud de Damas, faisant 83 morts selon l'agence de presse syrienne Sana et 96 morts selon l'OSDH.

C'est dans ce contexte meurtrier que le secrétaire d'Etat américain John Kerry a annoncé "un accord provisoire en principe" avec la Russie sur les modalités d'une trêve en Syrie, qui "pourrait commencer dans les prochains jours".

A Munich mi-février, 17 pays avaient convenu d’un cessez-le-feu en Syrie qui devait entrer en vigueur vendredi dernier. Mais les combats avaient continué.

Pour y voir plus clair, voici une vidéo explicative faite par le Monde, en octobre 2015, expliquant l’état actuel des choses à l’aide de cartes et de graphiques.

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