Un robot capable de fabriquer un club sandwich avec tartines grillées et des aliments frais ? Ca se passe près de Ciney

Le marché matinal

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07 déc. 2021 à 09:01Temps de lecture3 min
Par A. Dulczewski avec M. Gassée

Votre sandwich bientôt préparé par un robot ? Dans un hall relais d’Achêne, près de Ciney, c’est déjà le cas. Concrètement, le rôle du robot est dans un premier temps de créer une interaction avec le consommateur, mais aussi de le guider vers l’interface tactile, une tablette sur laquelle le client va rentrer sa commande. Et puis cerise sur le gâteau : le petit robot humanoïde assure aussi le spectacle musique en se trémoussant sur de la musique électro.

Capable de griller le pain, de le garnir et de le distribuer au client

Derrière cette touche très fun, il y a tout de même près d’un an de travail. D’abord, il y a eu la recherche-développement au sein de l’École d’ingénieurs Hénallux à Virton, puis la fabrication d’un automate capable de fabriquer des sandwichs sur mesure. Ce développement a été réalisé par Renaud Devoghel, gérant de la société RD Automation, et son équipe.

Renaud Devoghel explique : "C’est un automate couplé avec différents moyens. Il y a donc un robot six axes et différents systèmes pour distribuer les aliments, afin de réaliser un club sandwich avec trois tartines grillées et des aliments en permanence frais, sans contact avec un opérateur humain."

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La machine est donc capable de griller le pain, de le garnir et de le distribuer au client qui l’aura commandé. Petit hic : la machine est du genre encombrant avec six mètres carrés au sol et 800 kilos. Pourquoi un tel volume ? Parce que le bras robotisé a besoin d’espace pour bouger, pour sortir deux sandwichs à la minute. Et aussi parce que sous le capot du prototype, il a fallu intégrer l’ordinateur, le système de réfrigération, bref, tout ce dont l’automate a besoin pour fonctionner dans le respect des normes d’hygiène. Pour le moment, ce n’est donc encore qu’un prototype, mais il a subi l’épreuve du réel fin novembre, à l’occasion d’une foire commerciale à Gand.

"La machine tient bien son rôle", assure Renaud Devoghel. "Avec un opérateur, on a su suivre la cadence d’une foire industrielle, donc on parle de 30 000 à 40 000 personnes sur quatre jours. Les sandwichs ont pu être distribués dans les temps aux gens qui souhaitaient un sandwich. Évidemment, il y a des améliorations. On en a identifié quelques-unes."

Un premier fast-food avec robots au printemps 2022

Dans les choses à améliorer, il y a l'interaction et l'attraction. "On est beaucoup trop dans le côté technique et démonstration. On veut montrer qu’on sait faire un sandwich, mais je pense que le rendre plus attractif et plus distrayant est un point à améliorer. Le deuxième point à améliorer, ce sont des détails techniques, des incompatibilités avec des aliments. Par exemple, on a remarqué que les tomates s’aggloméraient, mais là, c’est de l’ordre du détail," continue Renaud Devoghel.

Il va donc falloir améliorer l’automate et c’est important parce que le commanditaire de cette machine, Yves Philippart, compte lancer son premier fast-food au printemps 2022 à Bruxelles. Soit un fast-food avec deux automates, deux robots humanoïdes, et bien sûr aussi des humains pour insérer des ingrédients dans la machine et intervenir en cas de souci technique.

"Pour l’instant, le premier marché qu’on va aborder est le marché du B2C, donc du consommateur. Donc, ouvrir un premier restaurant, un concept store, un sandwich-bar sur Bruxelles, puis d’autres, on espère, dans toutes les grandes villes belges et ensuite européennes", explique Yves Philippart.

"C’est donc d’abord un marché de la restauration rapide, mais beaucoup de professionnels de l’Horeca se sont intéressés à ce concept et m’ont demandé combien ça coûtait, si on pouvait l’installer chez eux, etc., parce qu’eux-mêmes ont des produits qu’ils aimeraient bien faire fabriquer par des robots. Donc ça, c’est le deuxième projet dans notre business model."

En attendant, pour vraiment lancer son enseigne, Yves Philippart doit encore trouver des partenaires financiers prêts à le soutenir.

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