Un professeur et un assistant de l'université de Gand suspendus après un salut nazi

Un professeur et un assistant de l’université de Gand suspendus après un salut nazi

© JONAS D'HOLLANDER - BELGA

12 avr. 2020 à 17:21Temps de lecture2 min
Par Melanie Joris

Les faits se sont déroulés dans la nuit de vendredi à samedi. Un professeur et un assistant de l’Université de Gand (UGent) sont en direct vidéo avec une centaine d’étudiants. Les deux hommes écoutent en même temps de la musique à un volume très fort. Vers 1h30 du matin, ils sont interrompus par deux policiers appelés pour tapage nocturne. C’est là que des propos racistes sont proférés. Un des professeurs lance aux policiers "Sieg Heil". L’Université de Gand a décidé de suspendre ses deux membres et la mise en place d’une enquête.

Tout se passe sous les yeux des étudiants de l’Université de Gand qui suivent le direct vidéo. L’intervention de la police dure une vingtaine de minutes. On peut entendre et voir les deux académiciens prendre très à la légère les remarques des deux policiers. Ceux-ci ont d’ailleurs appelé du renfort puisque le professeur refusait de présenter sa carte d’identité. Les policiers ont également constaté que les deux hommes ne respectaient pas les mesures liées au confinement.

Pas de perquisition ? Vous sortez

Nos collègues de la VRT retranscrivent la conversation qui suit entre les agents et les deux académiciens.

  • L’assistant : "Sieg Heil" (salut hitlérien). "Voilà la société dans laquelle nous vivons".
  • L’agent : "Monsieur, une petite leçon de droit. Sieg Heil, c’est de l’incitation au racisme. C’est écrit dans la loi".
  • Le professeur et l’assistant rient.
  • L’agent : "Maintenant, vous allez trop loin. Peu importe ce que vous faites, vous n’avez pas à dire ça. Assez de gens sont morts (à cause de ça ndlr)".
  • L’assistant : "C’est vrai, des millions."

Plus tard dans l’échange, le professeur de l’Université de Gand pousse la provocation jusqu’à demander aux policiers s’ils ont un mandat de perquisition. Et d’ajouter : "Pas de perquisition ? Alors, partez. Sortez d’ici !".

Une fois les agents de police partis, les deux hommes ont continué leur direct vidéo. On peut encore les entendre parler d’État policier. Ils comparent également les mesures mises en place contre la propagation du Coronavirus de "règles fascistes".

Interdits de contact avec les étudiants

Le direct vidéo est regardé par des étudiants de l’Université de Gand, mais aussi par de simples curieux. Un étudiant passe d’ailleurs un coup de fil à l’assistant pour le prévenir que cette vidéo va devenir virale. L’homme répond : "On s’en fiche. Fuck l’UGent".

Mise au courant, l’Université de Gand a réagi rapidement et a décidé de suspendre de toute activité académique ces deux personnes. Il leur est, par ailleurs, interdit d’avoir toute sorte de contact avec les étudiants de l’université. Tine Dezeure, la porte-parole de l’UGent, déclare : "ils sont suspendus à titre préventif en attendant une enquête approfondie".

La police locale qui est intervenue sur place condamne ce genre de comportement. "La justice fera son travail", conclut le porte-parole de la police Matto Langeraert.

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