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Un nouveau skate park accessible bientôt le long du canal

Le "bowl" juste en dessous de la grue
18 mars 2021 à 17:03 - mise à jour 18 mars 2021 à 17:033 min
Par P.V

C’est le premier véritable skate park à Bruxelles qui sera accessible gratuitement. Il est en cours d’aménagement le long du canal à Neder-Over-Hembeek. Le projet a été initié par le Port de Bruxelles qui espère l’inaugurer aux alentours du mois de mai. Les travaux de sécurisation doivent encore être terminés.

L'ancienne grue portuaire qui surplombe le skate park
L'ancienne grue portuaire qui surplombe le skate park RTBF

Patrimoine industriel et espace récréatif

Sous une grande grue, juste au bord de l’eau, un skate park est en train de voir le jour le long du canal. Le gros du chantier est terminé, reste tous les travaux de sécurisation du site à réaliser. Mais pourquoi le port a-t-il décidé de développer une telle infrastructure à cet endroit ? " En fait, il s’agissait d’une friche portuaire " explique Philippe Matthis, le directeur du port. "On avait là 625 mètres carrés qui étaient inutilisables pour les besoins du port. Et comme on a une logique d’intégration urbaine du port, on a imaginé un plan global. On a d’abord voulu mettre à cet endroit une grue industrielle, un témoin du passé que nous avons rénové. Et en dessous, comme la grue est quand même conséquente, on s’est dit qu’on allait utiliser l’espace pour une activité récréative. Et donc l’idée a germé d’en faire un skate park puisqu’il apparaissait qu’il y a peu d’espace pour ce genre de pratique. Et à cet endroit-là, c’est une pratique qui ne devrait gêner personne au contraire. Donc on a allié les deux : le témoin du passé avec une activité récréative qui s’inscrit dans une promenade le long de la berge".

Bruxelles manque d’infrastructure pour les sports de glisse

Ce skate park de nouvelle génération (en béton) qui sera accessible gratuitement, est le premier du genre à Bruxelles. Les skaters considèrent davantage l’espace des Ursulines (Place de la Chapelle) comme une place "skatable". Alors certes, ceux que nous avons interrogés saluent l’initiative mais la juge insuffisante à l’échelle d’une ville comme Bruxelles. "C’est bien sûr une bonne nouvelle d’avoir quand même quelque chose à disposition" détaille Max Evrard, skater et organisateur d’événements de sports extrêmes. "Maintenant voilà, ça reste quand même la capitale européenne. On s’attendrait plutôt à voir un grand grand skate park plutôt qu’un petit comme celui-ci. Mais comme je le dis, c’est déjà un bon début".

Damien Delsaux, skater et coordinateur de l'asbl Skateboarders abonde dans le même sens : "C’est que des infrastructures se développent, mais on manque vraiment d’un grand skate park digne de ce nom. Parce qu’aujourd’hui, tous les " spots " urbains (Mont des Arts, Trône, place Morichart…) sont saturés. Le skate revient à la mode avec le fait aussi qu’il sera aux prochains Jeux Olympiques. Il y a plein de monde partout".

Manque d’espace, manque de volonté des autorités publiques

Comparées à la Flandre, la Wallonie et Bruxelles sont clairement à la traîne dans le développement de ce type d’infrastructure. "Je pense que dans le cas de Bruxelles, c’est d’ailleurs un peu le problème des grandes villes, il y a un manque d’espace. Et on connaît aussi les difficultés institutionnelles de la capitale, entre les communes, la Région explique Pierre Jambé, ancien champion de Belgique de skate et concepteur de skate park. "Je pense aussi que c’est l’histoire d’une rencontre qui n’a pas eu lieu. Entre des dirigeants qui ont des préoccupations et des jeunes qui ont des demandes qui ne sont pas rencontrées".

Nouveaux projets

L'échevin des sports de la Ville de Bruxelles, Benoît Hellings, s’apprête justement a rencontré la semaine prochaine une série d’acteurs du monde du skate dans le cadre du développement de plusieurs skates park au Bois de la Cambre, à Laeken ou encore au centre-ville. Des skates parks modulaires et temporaires avant d’éventuels aménagements structurels. "C’est vrai qu’il y a pas mal d’initiatives qui se mettent en place ", reconnaît Damien Delsaux. "Mais de nouveaux ce sont de petits projets. Il n’y en a pas un seul qui répond réellement aux besoins des utilisateurs".

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