Exposition - Musées

Un nouveau musée impressionniste dans une ancienne demeure de Monet, près de Paris

© STEPHANE DE SAKUTIN – AFP

Un air de chalet suisse aux volets verts : bienvenue au 21 boulevard Karl-Marx à Argenteuil, en région parisienne, nouveau musée installé dans une ancienne demeure de Claude Monet, qui peignit près de la Seine plusieurs de ses chefs-d’œuvre impressionnistes.

A deux pas de la gare, la maison rosée ceinte d’un jardinet fleuri a bien failli tomber dans l’oubli. Claude Monet (1840-1926) s’y est installé en 1874 avec sa famille et y a vécu quatre années, à l’époque où Argenteuil était une destination de villégiature prisée des Parisiens.

Habitée par des propriétaires successifs et abîmée par le temps, rachetée par la ville en 2003 puis rénovée de fond en comble, elle renaît aujourd’hui sous la forme d’un musée, accessible à partir de samedi à l’occasion des Journées européennes du patrimoine.

La Maison impressionniste Claude Monet a été conçue comme une évocation de la présence du peintre dans cette ville, bien plus qu’un témoignage de sa vie, à l’intérieur de quelque 150 mètres carrés.

Contrairement à sa célèbre demeure de Giverny, qui attire chaque année des dizaines de milliers de touristes en Normandie, ne cherchez pas ici son lit, son bureau ou son chevalet. Du sol au plafond, "plus rien n’est comme avant", prévient Stéphanie Feze, responsable de l’unité patrimoine et tourisme à la ville d’Argenteuil.

En revanche, "le jardin d’hiver a totalement été reconstruit d’après les œuvres de Claude Monet", qui avait peint cette pièce baignée de lumière, précise-t-elle.

Tous les meubles ont été chinés puis repeints. Ainsi, "c’est une visite où, pour une fois, on aura le droit de manipuler des objets, des meubles", souligne Mme Feze.

Dans les tiroirs ou derrière de faux placards apparaissent des reproductions de peintures ou de lettres manuscrites.

Chaque pièce enveloppe le visiteur dans une ambiance ouatée : du mobilier aux murs, les tons bleu ciel, pêche ou vieux rose, font écho à la palette impressionniste.

"On a travaillé à identifier des marqueurs d’architecture, l’évocation d’une corniche, des rideaux, un lambris, et voir ce qu’il fallait compléter […] sans aller trop loin et tomber dans le pastiche maladroit", glisse Loup d’Avezac, architecte de l’agence Lacaa.

Entre odeur boisée et lampes marines, la pièce la plus originale plonge le visiteur dans le travail de Monet à bord de son bateau-atelier, qu’il fit construire pour peindre sur l’eau, au plus près du motif.

Durant la période où il vécut à Argenteuil, Monet réalisa 259 tableaux, dont plus de 150 ont ce territoire pour sujet. Parmi ces toiles, "Le pont d’Argenteuil" fut représenté à sept reprises en 1874. Le peintre peaufine sa technique picturale, joue sur la lumière du jour, les formes géométriques et la fluidité du fleuve.

Sa maison se glisse aussi en toile de fond de plusieurs tableaux. Les volets verts se distinguent dans "Camille Monet dans le jardin à Argenteuil" (1876). Sa "Femme assise dans le jardin" (1876) esquisse l’ancienne véranda.

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