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Un nouveau Capitaine au Port de Bruxelles

Un nouveau Capitaine au Port de Bruxelles
12 janv. 2018 à 11:30 - mise à jour 12 janv. 2018 à 11:302 min
Par Myriam Baele

Saviez-vous que l'on peut être "Capitaine" à Bruxelles ? Le Port de la Région bruxelloise vient de nommer un nouveau capitaine, responsable de la sécurité du canal. Le port compte 14 km de voies d'eau en pleine ville, avec un trafic hybride qui mêle péniches, bateaux de plaisance et avirons.

Un quinquagénaire marin et urbain à la fois

Trouvera-t-il l'eau douce à son goût ? Le Capitaine, Philippe Herman, a longtemps pris la mer pour la Marine, jusqu'en Antarctique. Ou plutôt...  pris LES mers : "On est partis dans le Golfe persique, sur la Méditerranée, sur l'Atlantique, la Baltique, la Mer du Nord... pas encore l'Océan indien mais bon, ça peut encore venir un jour. J'ai toujours vécu près de la mer ou sur la mer."

Passer des embruns aux effluves du canal, c'est sûr, ça change! Mais entre les deux épisodes, Philippe Herman a connu douze années de travail sédentaire. Il y voit donc plutôt un retour bienvenu à l'eau... et aux sources. "Je suis né à Bruxelles, à Anderlecht et j'ai grandi ici. Je suis allé tout un temps chez les scouts marins, au yacht club ici, juste en face", explique le quinquagénaire depuis le pont de l'un des bateaux du port.

Bruxelles, port de mer!

"Ça prête à sourire mais Bruxelles est un port maritime, c'est pour cela qu'il y a un Capitaine", explique Philippe Herman. Bon nombre de cargaisons de péniches viennent en droite ligne de la mer, via le Port d'Anvers.

C'est le deuxième port intérieur du pays: 200 entreprises sont connectées au canal. Les marchandises qui y transitent (des matériaux de construction surtout) pourraient chaque jour remplir 2000 camions. Il y a donc une importance économique et environnementale à ce que ces bateaux naviguent sans encombre.

Et c'est le travail de Philippe Herman et de son équipe d'une trentaine de personnes: veiller à la sécurité des 14 km de voies navigables du Port bruxellois. Il faut que les péniches passent sans accroc les deux écluses de Bruxelles, lever le pont Buda, entretenir ces ouvrages d'art, nettoyer un peu l'eau...

Et assurer le confort de travail des bateliers avec qui le Capitaine est en contact permanent. Ils doivent s'annoncer et décrire les dimensions et chargements de leur bateau, passer les écluses et le pont mobile, charger ou décharger.

L'un des bateaux du Port de Bruxelles, qui longe des entreprises du bassin Vergote, sociétés de fabrication de béton, démolition de voitures, entre autres.
L'un des bateaux du Port de Bruxelles, qui longe des entreprises du bassin Vergote, sociétés de fabrication de béton, démolition de voitures, entre autres. RTBF

Il faut également gérer la bonne cohabitation de ce trafic de marchandises avec celle des passagers, à la hausse: un terminal passagers ouvrira bientôt. Et il faut aussi assurer le bon voisinage des péniches avec des embarcations nettement plus petites: les avirons et optimistes du club de voile, des scouts et du centre Adeps qui, eux aussi, profitent des eaux du canal.

Un bassin d'orage à surveiller

Le capitaine et son équipe sont également chargés d'une surveillance du niveau de l'eau, 24 heures sur 24. Des pluies gonflent régulièrement la Senne, souterraine à Bruxelles. Le canal lui sert de déversoir. C'est en quelque sorte le plus grand bassin d'orage de la ville, essentiel. Mais il faut tenir à l’œil le niveau des eaux. Il y a 10 ans, lors de pluies importantes, l'eau est passée au-dessus de l'écluse à Anderlecht. Événement exceptionnel, liée à des pluies tout aussi exceptionnelles. Mais au quotidien, les éclusiers d'Anderlecht préservent la ville de crues en ouvrant les vannes autant que nécessaire, tout en maintenant la sécurité de la navigation sur le canal.

Philippe Herman a pris son poste début janvier, galons à l'épaule. A force de regarder naviguer les autres, il n'exclut pas une certaine nostalgie. Mais un jour, imagine-t-il, la retraite lui permettra peut-être reprendre le gouvernail. Même à quai, il reste marin et vante ce monde des "gens de l'eau entre lesquels la solidarité est très forte".

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