Dans le camp installé par l’UNICEF près d’Antakya, des enfants comme les autres
Ils crient, jouent, rient, se chamaillent. Ils bricolent et dessinent aussi dans les espaces qui leur sont dédiés. Tout semble normal. Mais, dans les salles de classe improvisées sous tentes, certains indices ne laissent pas indifférentes les équipes de psychologues. "Les effets de ce tremblement terre et les pertes qu’ont subies ces enfants se reflètent dans leurs dessins" explique Suraya, l’une des psychologues présente dans le camp.
"Leur manière de dessiner leur maison est différente à présent. Parfois, elles sont partiellement démolies. Ou alors, elles sont bizarrement penchées. Une petite fille a dessiné une maison intacte mais a ajouté une note pour dire que la maison était construite en acier. Ils dessinent aussi, à côté de leurs maisons, des représentations de ceux qu’ils aiment et qu’ils ont perdus et écrivant combien ils leur manquent. Nous avons aussi observé qu’ils ajoutent des heures et des dates correspondant à celles du séisme", détaille-t-elle.
En classe aussi, nous trouvons de jeunes adolescents qui sont plus conscients de ce qui leur est arrivé : "même si ce n’est pas comme à la maison, nous avons quand même un abri, un endroit où apprendre, on est peut-être un peu plus chanceux par rapport à d’autres enfants car nous n’aurons pas de retard dans nos cours", avoue l’un d’eux à nos envoyés spéciaux.
Pour ces jeunes, retrouver une classe presque normale, c’est se permettre de garder espoir et d’envisager de penser à l’avenir.
Les professeurs qui enseignent dans le camp viennent des quatre coins de la Turquie à l’appel du gouvernement. Mais tout est à reconstruire explique Ozkan Gumus, coordinateur du ministère de l’éducation : "Nous avons perdu la grande majorité des professeurs de la région… Soit parce qu’ils ont des morts ou des blessés dans leurs familles, ou parce que psychologiquement ils ne vont pas bien. Il faut que les professeurs d’autres villes se relaient ici."