RTBFPasser au contenu

Societe

Un médecin agressé et détroussé pendant sa garde après un faux appel

Un médecin agressé et détroussé pendant sa garde après un faux appel
25 août 2013 à 12:13 - mise à jour 25 août 2013 à 13:001 min
Par Germain Renier

Il est 22 heures, vendredi soir, quand Carl Vanclef, médecin de garde à Péruwelz ce week-end, est appelé au chevet d'une dame diabétique en souffrance. "Après avoir quitté mon véhicule, je me suis fait agresser par deux fois deux personnes", raconte-t-il, encore sous le choc.

"Ils m'ont jeté par terre, frappé, puis m'ont menacé. De me tuer et de m'enterrer d'abord, puis de s'en prendre à ma famille." Le docteur Vanclef se fait détrousser mais finit par s'échapper. Les délinquants, eux, disparaissent à bord de sa voiture.

Pour lui, pas de doute, il s'agissait d'un guet-apens. L'appel a été passé depuis une cabine, et les bandits visaient clairement un médecin. "Ils ont téléphoné à la centrale pour avoir le nom du médecin de garde. Je ne pensais pas qu'on pouvait agresser quelqu'un qui vient pour soigner."

Carl Vanclef a passé sa journée, hier, à l’hôpital. Il ne comprend pas que le médecin doive assurer ces gardes de nuit complètement seul. "Sans protection, dit-il, les gardes de nuit génèrent un risque qui augmente chaque année."

Un risque a priori difficilement quantifiable, même si les chiffres disponibles témoignent bien de l'existence d'autres faits de violence contre les métiers d'intérêt général (policiers, pompiers, infirmières, médecins, etc.). En 2000, on en recensait 1055, et en 2012, les chiffres de la police fédérale grimpent à 2423.

Michel Vermeylen, de l'Absym, principal syndicat de médecins du pays déplore qu'il n'y ait "rien de prévu de façon formelle". Et pourtant, des initiatives ont déjà été prises : "On a organisé des postes de garde de médecine générale à l'attention des médecins qui craignaient pour leur sécurité, pour qu'il ne doive pas sortir seul avec sa petite mallette", explique-t-il, en ajoutant que "certains cercles fonctionnent avec des taxis mis à leur disposition, ou des chauffeurs".

C'est le cas dans la banlieue anversoise. Un cas de figure idéal, mais qui serait budgétairement difficile à supporter sur l'ensemble du pays.

Odile Leherte

Médecins de garde en danger

Pour voir ce contenu, connectez-vous gratuitement

Articles recommandés pour vous