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Un livre pour réussir l’examen de chasse

"Réussir l’examen de chasse" est un livre publié par le Royal Saint-Hubert Club de Belgique. Un ouvrage indispensable se préparer aux épreuves organisées par le Département Nature et des Forêts.
31 déc. 2021 à 14:09Temps de lecture4 min
Par Marc Mélon

En Région wallonne, pour être chasseur, il faut réussir deux épreuves : l’une est théorique et l’autre est pratique. Cette année, le DNF, le Département de la Nature et des Forêts, a comptabilisé pour l’examen théorique 410 réussites sur 737 personnes présentes. Pour la première épreuve pratique : 374 réussites sur 398. Et pour l’épreuve de tir : 370 réussites sur 373 présents. Pour réussir les épreuves, les candidats ne doivent pas s’y présenter la fleur au fusil. L’examen organisé par la Région wallonne, via le DNF, est en fait très exigeant.

Le Royal Saint-Hubert Club de Belgique organise des formations théoriques dans différentes régions : Libramont, Liège, Gembloux, Bruxelles et Frasnes-lez-Anvaing. Les candidats peuvent assister aux explications de différentes personnalités liées au nom de la chasse. Des formations pratiques sont également organisées à Oudoumont, sur le territoire de la commune de Verlaine.

Le RSHCB est la plus ancienne association de défense et de promotion de la chasse. Il publie dans le cadre de la préparation à l’examen un ouvrage intéressant. Celui-ci peut aussi intéresser les non-chasseurs qui ont envie de découvrir le monde de la chasse. "Réussir l’examen de chasse" est donc le titre de la publication. Elle comporte 3 parties : la réglementation sur la chasse et la conservation de la nature, les espèces de gibier, les chiens de chasse et la gestion cynégétique. Enfin, la troisième partie aborde le chapitre des armes, la sécurité et l’éthique de chasse.

Rencontre avec Benoît Petit, le président du Royal Saint-Hubert Club de Belgique.

Benoît Petit, l’examen de chasse ne doit pas être abordé à la légère par les candidats. Quels sont les éléments qui justifient le sérieux de cet examen ?

"C’est à double titre qu’il est nécessaire que les candidats au permis de chasse doivent présenter un examen exigeant. D’une part, il est impératif que le futur chasseur qui doit intervenir dans la nature et dans son équilibre connaisse les espèces qu’il sera amené à rencontrer, leurs milieux et leurs modes de vie. Et d’autre part, la chasse s’exerce avec des armes qui, si elles ne sont pas correctement maîtrisées, peuvent constituer un danger pour le chasseur lui-même, pour ses collègues et pour les autres usagers de la nature. Il est donc nécessaire que le futur chasseur soit drillé aux conditions de manipulation de ces armes qui garantissent avant tout la sécurité de son activité."

Si l’on compare avec les pays voisins, estimez-vous que les titulaires du permis de chasse sont bien formés et suffisamment préparés ?

"Nous avons, en Wallonie, une épreuve théorique qui reprend toutes les lois, la connaissance de la nature ainsi que les armes et l’éthique de la chasse. Elle est complétée par une épreuve pratique axée sur la manipulation des armes et la sécurité. Il faut bien sûr beaucoup d’humilité quand on aborde la nature avant de pouvoir estimer qu’on la connaît. Mais on peut dire que les cours préparatoires dispensés par le RSHCB sont une magnifique ouverture vers cette connaissance qui permet, même à des candidats citadins qui n’auraient eu qu’un accès limité aux espaces naturels, de s’y plonger avec de solides bases."

Le chasseur doit respecter les catégories de gibier : le grand, le petit gibier, le gibier d’eau et d’autres animaux comme le Lapin, le Pigeon ramier et le Renard.

"Le chasseur doit, en effet, connaître les différentes espèces classées comme gibier. C’est l’évidence même que, pour chasser une espèce et intervenir dans sa régulation, il est impératif d’être en mesure, non seulement de l’identifier, mais d’en connaître aussi la biologie et le mode de vie. Mais, au-delà de ces espèces, le chasseur doit également pouvoir identifier et connaître d’autres espèces rencontrées dans la nature et qui ne sont pas chassables, comme les rapaces, les mustélidés ou les corvidés. C’est cette large connaissance des milieux naturels qui donnent au chasseur la légitimité pour pouvoir y intervenir comme acteur."

Certaines espèces ne peuvent pas être tirées par les chasseurs.

"La biodiversité de nos plaines et forêts est riche mais ce ne serait pas une raison pour faire n’importe quoi. C’est l’état de conservation local et européen de chaque espèce qui guide les pays et régions à conférer le statut de gibier, chassable ou non, aux différents animaux. Les chasseurs chassent peu d’espèces en Belgique, c’est vrai, en comparaison avec la France par exemple qui connaît des biotopes plus diversifiés (montagnes, zones aquatiques par exemple). De plus, ce n’est pas parce qu’une espèce est ouverte à la chasse que les chasseurs vont intervenir. Le chasseur gère en bon père de famille en faisant en sorte que les animaux vivent et se reproduisent harmonieusement en ne prélevant que ce qui est juste pour l’espèce et pour la nature."

Le livre aborde des matières extrêmement intéressantes. Elles peuvent aussi intéresser des personnes qui n’ont pas une fibre de chasseur.

"Bien entendu, l’ensemble des matières abordées rend ces cours particulièrement passionnants pour tous les amoureux de la nature et nous observons, chaque année, des personnes qui s’y inscrivent et les suivent juste pour le plaisir, sans pour autant présenter l’examen du permis de chasse."

Enfin, l’éthique de la chasse est un point d’une grande importance. Comment une structure comme le RSHCB peut-elle la développer et la mettre à jour par rapport aux actions des collectifs qui militent contre la chasse ?

"L’éthique de la chasse est une notion culturelle qui doit effectivement retenir toute l’attention du chasseur. Comme toute activité humaine, la chasse doit s’adapter aux attentes et aux questionnements de l’ensemble de la société. Certaines pratiques traditionnelles qui étaient courantes dans le passé ne sont plus d’actualité aujourd’hui. Et cette évolution continue, le chasseur doit en tenir compte. À ce titre, et au-delà de l’organisation des cours préparatoires à l’examen de chasse, le RSHCB est un acteur central de la communication auprès des chasseurs à travers son magazine d’information Chasse& Nature, mais aussi ses pages sur les réseaux sociaux et ses cours de formation continue par exemple dans le domaine de l’hygiène et la santé publique dans le cadre de la valorisation de la viande de gibier."

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