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Un Liégeois d’adoption évacue des dizaines de compatriotes ukrainiens : « on voudrait aider plus de gens »

La famille de Valéry Dvoïnikov dans un bunker à Kiev.

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L'accueil des Ukrainiens qui veulent fuir la guerre s'organise partout en Europe, y compris depuis Liège.

La diaspora ukrainienne installée à l'étranger s'organise pour accueillir ses compatriotes qui veulent fuir la guerre. C'est le cas de Valéry DvoïnikovFils d'un champion ukrainien de judo, ce citoyen liégeois depuis 1991 et diplômé de l'Université de Liège suit de très près l'évolution de la situation en Ukraine et tout particulièrement à Kiev où vit encore une grosse partie de sa famille.

Je n’arrive pas à faire bouger mes proches qui ont peur.

Près de 50 personnes sauvées

La semaine dernière, avec l'aide d'un autocariste et d'amis ukrainiens de Liège et de l'étranger, Valéry Dvoïnikov a pu sauver près de 50 personnes qui ont pu quitter le pays dans l'urgence.

Valéry Dvoïnikov à Liège.
Valéry Dvoïnikov à Liège. © Jim Sumkay

Il y a aussi des heures pendant lesquelles on ne peut pas sortir sinon on se fait carrément tuer.

"Le premier car est déjà venu. Il est venu par la Pologne. Ensuite, l’Allemagne. Ensuite, la France. Il a fait aussi un arrêt à Paris. Pour, finalement, venir jusquau Luxembourg. Et donc ils sont repartis. Là, ils sont en train de traverser la frontière ukrainienne pour une deuxième possibilité d’évacuation avec plus ou moins 90 personnes".

Une dizaine de réfugiés arrivés à Liège

Lors du premier voyage, une dizaine de personnes sont arrivées jusque Liège. Valéry Dvoïnikov aimerait répéter ce processus de sauvetage régulièrement : "Cette fois-ci, il y a aura aussi une dizaine plus ou moins qui va arriver ici. Et pour le moment, ce sont des gens des familles proches pour lesquelles on agit mais pas seulement parce qu’il y a beaucoup de personnes qui sont vraiment dans le besoin. Et donc, ce sont des amis d’amis etc. On voudrait aider plus de gens parce que vous n’imaginez pas ce qu'il se passe à la frontière. Moi, j’ai des photos des chauffeurs du car qui m’arrivent régulièrement. C’est une vraie catastrophe humanitaire que l’Europe n’a plus connue, je crois, depuis la guerre en ex-Yougoslavie".

 

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Ce qu’il se passe est donc très très sérieux.

"Il y a de tirs réguliers qui arrivent de l’extérieur de la ville. Cette ville est complétement encerclée. Je n’arrive pas à faire bouger mes proches qui ont peur, qui se terrent dans des parkings toutes les nuits. Ils dorment dans la voiture avec les petits-enfants. La sirène retentit plus ou moins 6 à 8 fois par jour et par nuit. Ils n’ont donc pas le temps de se reposer. Il y a aussi des heures pendant lesquelles on ne peut pas sortir sinon on se fait carrément tuer. Ils profitent un peu des moments d’accalmie de tirs pour aller au magasin. Les magasins fonctionnent. Les banques fonctionnent, mais dès que la sirène retentit, tout le monde va dans les parkings souterrains. C’est peut-être finalement la meilleure solution, parce qu’on peut dormir dans la voiture. Les parkings sont pleins. Il y en a qui vont dans le métro. On voit beaucoup de gens qui dorment dans le métro. Tout ce qui est souterrain est évidemment à l’abri. Ce qu’il se passe est donc très très sérieux"

Appel à la solidarité

Valéry Dvoïnikov recherche d'autres cars ou autres véhicules ainsi que des logements pour sauver et héberger en urgence ces réfugiés qui veulent fuir leur pays en guerre et qui craignent que l'on ferme définitivement les frontières.

On estime que près de 700.000 réfugiés ukrainiens ont déjà fui leur pays depuis le début du conflit.

Guerre en Ukraine : les sirènes de raid aériens retentissent à Kiev

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