On n'est pas des pigeons

Un Instagram destiné aux moins de 13 ans ?

Young girl using mobile phone

© Martins Rudzitis - Getty Images

04 mai 2021 à 15:03 - mise à jour 05 mai 2021 à 11:26Temps de lecture2 min
Par On n'est pas des pigeons

Aujourd'hui, quand on est un enfant de moins de 13 ans, il faut mentir sur son âge pour accéder aux réseaux sociaux. Cette limite d'âge de 13 ans est-elle utile ?

On peut se poser la question au moment où Instagram annonce la création d'une version accessible aux enfants. Tentant ici de conquérir un public qui est d'avantage sur Tik Tok. 

Le curseur d'âge est une fausse règle

Bruno Humbeeck, responsable de recherche à l'UMons, explique que cela n'a pas de sens de jouer sur le curseur d'âge. 

"On sait que c'est de plus en plus jeune, et de plus en plus nombreux. Il vaut mieux éviter de jouer avec cette fausse règle, qui, de toute façon, n'est pas d'application."

Que les parents le veuillent ou non, les enfants ont accès au réseaux sociaux

Jean-Yves Hayez, pédopsychiatre, avance des chiffres: "Pour les moins de treize ans, je dirais que 35% sont sur les réseaux sociaux, un bon tiers."

En effet, cela fait partie de la vie. Cela prend de la place.

"Cela prend de la place, on le sait, cela prend facilement plusieurs heures par semaine."

L'arrivée d'un Instagram dédié aux enfants est une bonne nouvelle ou pas ?

Bruno Humsbeeck répond à la question de façon catégorique: "Il ne faut surtout pas se contenter des fausses promesses qui sont celles annoncées.  Par ces personnes qui vendent finalement de l'espace numérique."

Et c'est là le noeud.

Instagram semble promettre de filtrer les contenus pour éviter d'exposer des enfants à des images sensibles. Pourtant, rien ne permet d'affirmer qu'Instagram ne va pas intégrer de publicités mieux ciblées à sa version pour enfants. Et face aux stimulations des écrans, les enfants sont des cibles faciles.

A ce propos, le pédopsychiatre, Jean-Yves Hayez, prévient: "On va être de plus en plus gourmand. C'est ça le piège. Et contre celui-là, les enfants ne sont pas armés."

Ne rester pas au-dessus de l'épaule de l'enfant, balisez son utilisation

Les réseaux sociaux sont des interfaces propices au cyberharcèlement. La solution, ce n'est pas de les supprimer de la vie de l'enfant, juste de baliser leur utilisation.

Il faut éviter de diaboliser ce réseau. Parce que si vous le diabolisez, vous risquez d'installer le silence.

Bruno Humsbeeck conclut: "Il faut aussi que l'enfant soit suffisament autonome pour déclencher des alertes quand il est mis en difficulté. Quel que soit le réseau sur lequel il se trouve."

 


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