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Un héros du cinéaste iranien Asghar Farhadi, primé à Cannes

Un héros, image
07 déc. 2021 à 07:39Temps de lecture2 min
Par Pascal Goffaux

Asghar Farhadi est un cinéaste iranien reconnu à l’étranger. Une séparation reçoit l’Ours d’or à Berlin en 2011 et l’Oscar du meilleur film étranger à Hollywood en 2012. Le Client est également récompensé de l’Oscar du meilleur film étranger en 2016. Un héros a obtenu le Grand Prix au dernier festival de Cannes.

Un héros

Un héros raconte l’histoire de Rahim qui est en prison à cause d’une dette qu’il n’a pas pu rembourser. Il a une permission de deux jours. Il va tenter de convaincre son créancier de retirer sa plainte. La compagne de Rahim a trouvé un sac contenant des pièces d’or, mais le cours de l’or ne permet pas de reconstituer complètement la somme. Dès lors, il décide de retrouver la propriétaire du sac afin de rendre les pièces. Il appose des petites annonces aux fenêtres et il prend soin d’en informer le directeur de la prison. Il semble honnête, mais peut-être est-ce une ruse ? La " manœuvre " est efficace. La télévision le présente comme un héros. Une association caritative organise une cérémonie en son honneur, mais un grain de sable se glisse dans l’engrenage et la situation se retourne contre lui.

Asghar Farhadi, portrait
Asghar Farhadi, Un héros
Asghar Farhadi, Un héros
Asghar Farhadi, Un héros

La société

L’Iran est le contexte du film : son système judiciaire et son économie qui a rapidement basculé dans la modernité. L’histoire se situe dans la ville de Shiraz connue pour ses vestiges historiques dont un site funéraire daté de 2500 ans. Shiraz est une porte d’entrée à Persépolis. Le passé est très ancré, mais le présent subit les dérives des réseaux sociaux.

L’humain

Le personnage de Rahim, joué par Amir Jadidi, est simple ou complexe à l’image de tout être humain ! Il sourit constamment suscitant la sympathie, jusqu’à un certain point. Bahram, le créancier, joué par Mohsen Tanabandeh, a un visage fermé. L’un est un héros. L’autre est un salaud. Le spectateur s’identifie tout d’abord à Rahim et considère le créancier comme un être antipathique, le mauvais sujet de l’histoire.

Quand Bahram explique les raisons pour lesquelles il ne veut pas effacer la dette, le spectateur le perçoit comme une autre victime. Il a aidé Rahim. Il a sorti sa famille de la misère. Il a attendu en vain le remboursement. Il a dû vendre les bijoux de sa femme…

Asghar Farhadi révèle dans la psychologie des personnages la complexité de la vie afin de projeter le spectateur dans un réel plausible, même si l’histoire est une fable contemporaine dont la morale serait : Vous mordez la main qui vous nourrit.

Les scènes sont jouées avec un tel naturel que la fiction n’est pas éloignée du documentaire comme si la véracité de la fable rejoignait la vérité du témoignage.

Un héros est un film sur l’honneur ou le déshonneur et sur la réputation de tous les protagonistes : la prison, l’association caritative, la télévision et les personnes qui tentent de s’arranger avec la vérité, sans vraiment mentir.

Le regard des enfants est à l’œuvre dans les films d’Asghar Farhadi. Rahim a un fils bègue. Il est un témoin fragile et impuissant qui a des difficultés à exprimer ses émotions par les mots.

Un héros d’Asghar Farhadi sort dans les salles le mercredi 22 décembre.

Asghar Farhadi est au micro de Pascal Goffaux.

Un héros, Asghar Farhadi

Grand Prix, festival de Cannes, sortie le 22 décembre

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