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Un groupe de Gilles percuté à Strépy-Bracquegnies : "J’ai vu une voiture qui fonçait dans la troupe, elle est arrivée très vite et n’a pas freiné"

20 mars 2022 à 09:18 - mise à jour 20 mars 2022 à 12:08Temps de lecture2 min
Par Jean-François Noulet

Dimanche vers 05h00, une voiture a foncé dans la foule qui s’était rassemblée pour assister au ramassage des Gilles, lors du carnaval de Strépy-Bracquegnies.

Nos équipes ont recueilli des témoignages de personnes qui étaient sur place ou dans les environs au moment des faits.

Théo était dans la rue au moment où la voiture est arrivée. Il assistait, comme d’autres au ramassage des gilles. L’ambiance festive, au son des tambours, des apertintailles et des grelots, a soudainement été troublée. "Je marchais à côté", explique Théo. "Je me suis retourné et j’ai vu une voiture qui fonçait dans la troupe", continue-t-il. "Elle est arrivée très vite et n’a pas freiné. Elle a continué et elle a embarqué un gille 100 mètres plus loin", raconte-t-il. "J’ai couru après la voiture, mais elle a continué jusqu’au bout et je n’ai pas pu la rattraper", ajoute-t-il. "Il y avait plein de gens à terre. J’ai cherché après mon père. Il va bien", conclut le jeune homme.

 

Le témoignage d’un Gille

Un jeune témoigne

Rosina, elle, une habitante de la rue, était encore dans sa chambre lorsque l’événement s’est produit. "Une demi-heure avant, j’avais entendu les tambours", raconte-t-elle. "J’étais dans mon lit, j’ai entendu la voiture passer à toute vitesse. On entend quand une voiture va assez vite", explique-t-elle. "Dès que la voiture est passée, cinq secondes après, c’était l’impact", conte Rosina. La riveraine est alors descendue dans la rue. "J’ai entendu, cela se passait à 50 mètres d’ici. J’ai entendu les gens commencer à crier", poursuit Rosina. "Dix minutes après, les secours étaient là", conclut-elle.

 

Dylan, lui, est Gille. Il appartient à la même société de gilles, les "boute-en-train". Cependant, lui, ne se trouvait pas dans la rue où a lieu l’incident. Il se trouvait dans un autre endroit de la ville, car dans cette société, plusieurs groupes sont formés pour le ramassage. Dylan a donc été averti par téléphone de ce qui venait de se produire. "Il n’y a pas de mots à placer là-dessus. Il n’y a pas de mots", déclare-t-il, sous le choc. "On se posait la question de où, comment, pourquoi cela s’est passé. J’ai eu plusieurs versions, que ça a été fait exprès, que c’est un accident, et même, à l’heure actuelle, on ne sait pas", raconte-t-il. Pour le jeune homme, la fête qu’aurait dû représenter ce carnaval doit s’arrêter. "Je pars du principe que ça devrait s’arrêter, avoir un moment de deuil par rapport à ça, peut-être reprendre demain et avoir un deuil vis-à-vis de la situation. Maintenant, c’est dommage pour les autres sociétés qui ne sont pas concernées. C’est un moment de solidarité qu’on doit tous avoir", conclut le jeune homme.

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