Belgique

Un Fonds qui dort et le vieillissement de la population en question

Un senior au travail

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08 oct. 2012 à 04:45 - mise à jour 08 oct. 2012 à 05:26Temps de lecture2 min
Par Mireille Smekens

Les fameux baby-boomers, les enfants de l'après-guerre (les années cinquante) arrivent tout doucement à l'âge de la retraite. Ils sont nombreux et vont donc coûter cher à l'Etat.

Les charges de pension en 2060 devraient s'élever à 16,6% du produit intérieur brut c'est-à-dire 34 milliards d'euros supplémentaires, ce qui est plus que ce que la Commission d'études sur le vieillissement avait prévu.

Cette Commission se réunit d'ailleurs ce lundi et devrait affiner ses chiffres.

Les gouvernements ont tendance à reporter la facture

Mais bientôt la facture se heurtera à un mur.

Il s'agit donc de trouver des solutions pour pouvoir payer les retraites tout en n'opprimant pas trop les jeunes générations.

Arrive alors l'éternel serpent de mer qui, lui, n'est jamais à la retraite, le serpent de mer du travail des plus de 55 ans. Le taux d'emploi des 55-65 est très faible en Belgique: 37%.

Deux professeurs d'économie de l'université de Gand publient une étude à ce sujet et, pour eux ,il faut dynamiser ce taux d'emploi mais aussi sans doute  allonger l'âge de la retraite.

Mais tout cela est un cercle vicieux car, comment séduire les entreprises? Elles ne se pressent pas toujours pour accueillir des travailleurs plus âgés. "Allègement des charges", disent les économistes.

Oui, mais  cela demande des moyens. Où les chercher?

Bref tout un édifice à construire et surtout un choix politique de société, un défi qui n'attendra plus éternellement.

Un fonds de vieillissement qui dort

C’est un véritable trésor qui sommeille dans les caisses de l’Etat: au total, près de 24 milliards d'euros qui  restent inaccessibles à toute convoitise.

C'est le gouvernement Verhofstadt qui avait lancé l'idée en 2001: un Fonds de vieillissement, pour financer l'augmentation du nombre de pensionnés.

Et pourtant ce Fonds, qui devait être alimenté par les surplus budgétaires du budget de l’Etat, ne l’est plus du tout depuis 2007.  Et on est loin des 115 milliards que l'on devait idéalement atteindre à l'horizon 2030 pour faire face aux retraites du baby-boom. Bref il y a de l'argent mais pas assez.

Marc Beukens, président du conseil d'administration du Fonds de vieillissement: "Le Fonds pouvait être alimenté, soit par des surplus budgétaires, soit par des recettes non fiscales, soit par des surplus de la Sécurité sociale. Depuis 2007, on n'a plus eu de surplus budgétaire et donc ça c'est la raison pour laquelle, les 5 dernières années, le Fonds n'a plus eu de nouvelles alimentations."

Les seuls mouvements sur ce compte proviennent des intérêts des obligations, une énorme tirelire qui suscite l'intérêt pour ne pas dire plus du gouvernement fédéral toujours à la recherche de moyens pour combler son déficit récurrent. Tentant mais peut-être pas la bonne idée: "C'est quelque chose qui appartient à l'Etat et donc si on prend des sous dedans, on appauvrit en fait l'Etat et donc ce qu'on va gagner d'un côté, on va le perdre d'un autre côté, donc ça ne sert à rien d'aller puiser dans le Fonds pour soi-disant apurer le déficit budgétaire."

Mais alors que va-t-elle devenir cette manne ? Rien n'est encore décidé vraiment mais le gouvernement garde un oeil sur ce trésor baptisé aussi "fonds argenté" qui porte si bien son nom.

Michel Lagase et Thierry Van Gulick

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