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Dans le Brabant wallon, un camion rempli de vêtements de seconde main parcourt les places, les marchés et les évènements. Lancé sur les routes au printemps 2021 après des premiers essais au déconfinement de juin 2020, le " Camion des filles " est né de trois copines ayant envie de nouvelles aventures.

Nathalie, Delphine et Marie sont parties du constat que les friperies se trouvent en grande majorité dans des zones urbaines et qu’elles n’avaient pas la motivation de faire une heure de trajet pour s’y rendre, encore moins régulièrement pour chiner leurs futures tenues. Alors le trio a décidé de créer sa propre fripe, tout ça à côté de leurs jobs de psychologue ou de commercial. Pour Nathalie, psychologue, " il manquait une dimension sociétale à son travail", et pour Marie "s’occuper d’un commerce pas-de-porte à attendre les clients et clientes n’était pas une envie ".

Alors en une heure elles en arrivent à imaginer un camion friperie, qui prend vie après deux ans de recherches d'un véhicule le plus adapté, de formations et d’accompagnement par le CREDAL.

Capture d’écran Fb – Le Camion des Filles

Un circuit régional et intergénérationnel

Pour constituer leur stock, elles utilisent les réseaux sociaux afin de signaler les périodes où elles acceptent de recevoir leur future marchandise : " Nous avons un petit dépôt donc on ne peut pas sans-cesse accumuler du stock ", explique Nathalie.

Un rythme qui coïncide avec leur méthode de vente : " Chaque mois, le stock du camion est modifié pour que les gens qui viennent régulièrement découvrent de nouvelles pièces ", poursuit Nathalie, " Mais aussi parce que nous nous rendons souvent dans des évènements ou des lieux très différents donc où l’assortiment à proposer doit être différent. "

Des étudiantes de Louvain-la-Neuve aux mamies des maisons de repos, tout le monde y trouve son compte

En effet, cette friperie mobile se rend aussi bien dans des festivals comme La Semo, que sur des marchés, des évènements se tenant au See U (Bruxelles) ou encore à des maisons de repos. Et c’est cet aspect qui motive les trois entrepreneuses : "Des étudiantes de Louvain-la-Neuve aux mamies des maisons de repos, tout le monde y trouve son compte". Et pour ce qui est de l’assortiment, tout est régional aussi. On vient déposer ses vêtements au camion lors des journées de vente (toujours dans le Brabant Wallon), avec un maximum de deux sacs par personne. Une quantité volontairement limitée afin de ne pas surcharger le stock, tout comme pour une autre raison qualitative.

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D’un point de vue éthique, Le Camion des Filles veut pouvoir tout trier, sélectionner et ne garantit donc pas un rachat systématique ou même total : " Les gens nous déposent des sacs, et par après on trie ce qui correspond à nos recherches pour le camion. On achète au kilo en faisant un virement bancaire à la personne concernée. Le reste sera donné à des associations qui ont un style vestimentaire plus large, comme Les Petits Riens ", détaille Nathalie. Une position complète afin de remettre un maximum de vêtements dans le circuit et ne pas se limiter aux seuls intérêts de leur friperie. Un système qui, selon le trio, évite tout de même que les gens " ne viennent vider leurs poubelles ", puisqu’elles sont satisfaites des pièces amenées.

La route de l’épanouissement

Et c’est la satisfaction d’une seconde vie donnée aux vêtements qui se crée aussi grâce aux réactions des gens durant les journées de vente : " On est heureuses de voir que les gens découvrent et s’enlèvent l’a priori de 'vieux' que l’on peut avoir sur les friperies ", s’exclame Nathalie. Après un an sur les routes, la réalité du prix de l’essence combiné à celui des emplacements amène tout de même les trois femmes à se verser un salaire partiel.

On l’a rêvé ce camion

La seule finalité économique derrière ce projet, est de redonner un temps plein à l’une des trois copines qui s’était retrouvée au chômage juste avant le début du projet. Les deux autres ont diminué leurs heures dans leurs boulots respectifs afin de conjuguer les deux activités. Car, comme l’explique Nathalie : " On ne va pas se foutre en burn-out pour des fripes ! On l’a rêvé ce camion, donc le construire et aller jusqu’au bout c’est vraiment gratifiant ".

Un camion qui aura vu le jour grâce à un prêt participatif, et qui aujourd’hui permet de recréer du lien intergénérationnel dans une région, tout en visant à un nouvel emploi avec un geste sociétal vert.

Toutes les informations sur le dépôt de vêtements ainsi que les rendez-vous de vente se trouvent sur leur site internet et leurs comptes Facebook/Instagram.

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