Belgique

Un budget faux-nez, par nécessité

Philippe Walkowiak

© RTBF

 

Voici l’heure où les gouvernements du Royaume rendent leur copie budgétaire. C’est fait pour la Flandre, la Wallonie et la Fédération Wallonie-Bruxelles. On attend Bruxelles-Capitale et le fédéral.

Passage obligé, l’exercice se révèle sans doute plus politique que financier. Ce qui s’y trouve (ra) est bien entendu important, mais peut-être finalement bien moins que ce qui ne s’y trouve pas. Cela doit demeurer un exercice à somme nulle entre les différentes composantes d’une coalition.

Marge étroite

Les marges de manœuvre budgétaire demeurent très étroites. Selon le dernier rapport de la Cour des Comptes, l’état a dépensé 80 milliards en 2021 (hors charges de la dette), mais près de 50 milliards vont directement à la Sécurité Sociale, aux régions, communautés, provinces, communes et Union Européenne.

Les discussions budgétaires actuelles rue de la Loi ne portent finalement que sur un ou deux% des dépenses publiques. Leur importance est donc bien essentiellement politique. Chacun des membres d’une coalition cherchant dès lors un " trophée ", un marqueur de son corpus idéologique.

Pour sûr à l’issue du conclave, les libéraux auront le mot " entreprise " à la bouche, " protection sociale " pour les socialistes, " environnement " pour les écologistes, même si chacune des décisions sera œuvre collective.

Perspective large

Cette logique de fonctionnement (aussi vieille que les coalitions gouvernementales) empêche les changements majeurs de paradigme, chacun veillant bien entendu à ce que la ligne de l’autre ne s’impose pas.

Un budget se doit aussi de constituer une réponse aux incertitudes du temps : l’entrée dans l’euro il y a trente ans, la crise bancaire et financière il y a près de quinze ans, la pandémie il y a deux ans, la flambée des prix de l’énergie aujourd’hui (comme il y a près de cinquante ans).

Les budgets flamand, wallon ou francophone tentent d’y répondre. Chacun selon ses moyens et ses priorités (on ne touche qu’aux allocations des familles flamandes).

Le fédéral s’apprête à poursuivre une politique du " quoi qu’il en coûte ". Il n’a pas le choix.

Pour tous, le retour à l’équilibre se situe au-delà de 2024. Après les élections, le mètre-étalon de toute décision politique.

@PhWalkowiak

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