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Un avion ukrainien abattu par des tirs venant de Russie, selon l'Ukraine

Un avion ukrainien abattu par des tirs venant de Russie, selon l'Ukraine
14 juil. 2014 à 07:28 - mise à jour 14 juil. 2014 à 14:583 min
Par Céline Biourge

Les tirs qui ont abattu lundi un avion de transport militaire ukrainien provenaient "vraisemblablement" de Russie, a annoncé la présidence ukrainienne citant le ministre de la Défense.

L'équipage de l'appareil a établi un contact avec l'état-major ukrainien, a ajouté la présidence dans un communiqué, confirmant indirectement des indications de source rebelle, selon lesquelles des parachutes ont été vus dans le ciel après la chute de l'avion AN-26 dans la région de Lougansk, dans l'est de l'Ukraine.

"Compte tenu du fait que l'avion volait à une altitude de 6500 mètres, il était impossible qu'il ait été touché par des tirs de missiles sol-air portables, ce qui signifie qu'il a été abattu par un missile d'un autre type, plus puissant, qui a été utilisé, vraisemblablement, à partir du territoire de la Fédération de Russie".

Ces informations ont été communiquées au président Petro Porochenko par son ministre de la Défense Valeriï Gueleteï pendant un entretien téléphonique.

Une opération de recherche est actuellement en cours pour ramener l'équipage de l'appareil en territoire contrôlé par les forces ukrainiennes.

La Russie à bout de patience

Un obus tiré depuis le territoire ukrainien a touché une ville frontalière russe dimanche, faisant un mort et deux blessés. Moscou a immédiatement mis en garde Kiev sur de possibles "conséquences irréversibles", évoquant un "acte d'agression supplémentaire" de l'Ukraine.

"Notre patience a des limites", a rapporté une source proche du Kremlin au quotidien Kommersant. Selon la source, citée par Kommersant, Moscou "sait exactement d'où les tirs sont effectués".

Kiev a de son côté démenti être à l'origine de l'incident, accusant les insurgés prorusses de déclencher des tirs "de provocation, y compris contre le territoire russe, pour en accuser les militaires ukrainiens".

L'idée d'une "réponse" de la Russie aux tirs venant du territoire ukrainien avait déjà été évoquée dimanche par le vice-président de la chambre haute du Parlement russe Evgueni Bouchmine. "Il faut utiliser des armes de précision (...) pour détruire ceux qui ont lancé cet obus", a-t-il lancé.

Kiev contrôle à nouveau l'aéroport de Lougansk

Parallèlement, l'armée ukrainienne progresse. "L'état-major de l'opération antiterroriste a rapporté au président Petro Porochenko que les militaires ukrainiens sont arrivés, après des combats, à l'aéroport de Lougansk", a indiqué la présidence sur sa page Facebook.

Un porte-parole militaire, Oleksiï Dmytrachkivskiï a indiqué ensuite que l'aviation ukrainienne avait effectué des frappes à proximité de l'aéroport, ainsi que près de deux autres localités de la région de Lougansk, Izvariné et Lisitchansk, contre des troupes et du matériel des insurgés.

Endommagé et fermé depuis plusieurs semaines, l'aéroport de Lougansk était contrôlé par les loyalistes, mais rendu quasiment inaccessible par la présence de forces séparatistes tout autour. Il apparaissait comme un des points importants des défenses des séparatistes sur le chemin de Lougansk.

Dimanche soir, le "ministre de la Défense" des rebelles, Igor Strelkov, a affirmé à l'agence publique russe Ria Novosti que d'"intenses combats" étaient en cours à la périphérie de Lougansk où les forces ukrainiennes ont, selon lui déployé des dizaines de chars.

Dans la nuit de dimanche à lundi, après avoir annoncé la prise de contrôle de l'aéroport, l'état-major de l'opération des forces gouvernementales ukrainiennes avait indiqué que les rebelles avaient tiré une salve de roquettes Grad sur les positions loyalistes, affirmant toutefois n'avoir pas subi de pertes.

Un renforcement des troupes russes à la frontière

L'Otan a dénoncé ce lundi le "renforcement" des troupes russes à la frontière avec l'Ukraine, qui constitue un "pas en arrière dans la désescalade". "Depuis la mi-juin, nous avons des preuves de l'arrivée progressive de milliers de soldats russes près de la frontière avec l'Ukraine", a déclaré un responsable de l'Alliance atlantique.

Selon l'Otan, il y a aujourd'hui "entre 10.000 et 12.000 membres des troupes russes dans cette zone", contre 40.000 au plus fort de leur déploiement en mai. "Le nombre était redescendu à la mi-juin, mais depuis les Russes ont de nouveau renforcé leur présence le long de la frontière".

"Cela ne constitue pas un pas dans la bonne direction. C'est un pas en arrière dans la désescalade", a-t-on ajouté de même source.

L'Otan a "de nouveau appelé la Russie à retirer ses troupes de la frontière ukrainienne, à arrêter de soutenir les séparatistes pro-russes, l'arrivée de nouveaux combattants, d'argent et d'armes en Ukraine", toutes activités "hautement déstabilisatrices qui doivent cesser".

RTBF avec agences

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