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Un artiste reçoit un PV Covid après avoir dénoncé l'inaction politique pour la culture : "Ce n'est pas à moi de payer, c'est à l'État"

Un artiste reçoit un PV Covid après avoir dénoncé l'inaction politique pour la culture : "Ce n'est pas à moi de payer, c'est à l'État"
25 oct. 2020 à 14:03 - mise à jour 25 oct. 2020 à 14:033 min
Par M.F.

Depuis de début de l’épidémie de coronavirus en Belgique, les acteurs de la culture sont peu épargnés par les mesures gouvernementales. Si bien que beaucoup d’artistes se sont mobilisés depuis la sortie du confinement en mai 2020. Parmi eux, Quentin Chaveriat, comédien et artiste engagé s’était fait remarquer grâce à une performance réalisée sur la rue Neuve le vendredi 15 mai. Interrompu par la police, cet "acte de contestation non violent" a valu à l’artiste ainsi qu’à ses complices un PV covid. Mais le quatuor refuse de payer l’amende adjointe au procès-verbal, jugeant illogique la sanction étant donné le nombre de personnes présentes sur la rue Neuve ce jour-là.

"Vous vous souvenez de cette performance. Mai, début du déconfinement, sur la rue Neuve noire de monde, je marche au ralenti, masqué, pour dénoncer l’abandon du secteur culturel", entame Quentin Chaveriat sur sa page Facebook. Sur les vidéos retransmises ce jour-là, on voit le jeune homme parader au ralenti, ne portant que son pantalon et un masque en tissus blanc. Sur son torse, la mention "No Culture, No Future" est inscrite en lettres rouges. Après quelques minutes, deux agents de police interviennent et demandent à l’artiste de mettre un t-shirt. Il s’exécute.

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"Juillet, nous recevons une amende de 250 euros chacun pour "interdiction de circuler". Du foutage de gueule antidémocratique", dénonce-t-il dans la suite de son post. Il décide donc de dénoncer "l’absurdité de cette condamnation" et la conteste, refusant de s’astreindre de la somme qu’on lui demande de payer. À l’aide d’une avocate, lui et les trois personnes qui étaient présentes avec lui à Bruxelles ce jour-là adressent le 22 octobre 2020 un courrier à la ville de Bruxelles où ils exposent les raisons pour lesquelles ils n’entendent pas payer les 250 euros qui leur sont demandés. Au total, la note s’élève à 1000 euros pour les quatre personnes. Au bout du compte, Quentin est ses partenaires n’obtiennent pas gain de cause et doivent encore aujourd’hui s’astreindre de cette amende.


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"C’est 1000 euros qu’on nous demande de payer pour avoir dit pacifiquement, silencieusement, que nous n’étions pas d’accord. Aujourd’hui, dans mon cœur, je sais que la démocratie en Belgique est morte et enterrée", conclut le jeune homme sur son profil Facebook.

Refaire une action ? "C'est tout à fait envisageable"

"Notre règle d’or était de ne pas déroger aux règles sanitaires, nous portions tous le masque et respections les distances de sécurité", se remémore Quentin. D’autant que la performance, qui a été écourtée après 10 minutes par les forces de l’ordre a été filmée et retransmise en direct sur les réseaux sociaux.

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Ce que conteste le jeune homme c’est principalement la nature du PV que lui est ses comparses ont trouvé dans leurs boites aux lettres : "Non-respect de l’interdiction de déplacement" et ce, pour un motif de santé publique, en vertu des règles pour limiter la propagation du coronavirus. "La rue était bondée de monde et la plupart des gens ne portaient même pas de masque", se rappelle-t-il. Si l’attitude du jeune homme dénote en raison de la nature de sa performance, il est loin d’être le seul à se déambuler sur la rue Neuve. Il l’assure, autour de lui se précipitaient de nombreuses personnes, peu soucieuses des distances de sécurité et parfois sans masque.


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"Ce que je comprends c’est surtout que si j’étais allé faire des courses et soutenir cette société consumériste, ça n’aurait pas été un problème", regrette-t-il. Sous le message qu’il a publié sur son profil Facebook, de nombreuses personnes ont fait part au jeune homme de leur soutien. "Vu les commentaires et les messages que j’ai reçus, il y a vraiment une colère qui gronde dans le milieu culturel", observe Quentin.

Il l’assure, il ne s’arrêtera pas à ce refus de contestation de l’amende. S’il faut refaire une action ? Il le fera. "Il est hors de question que je paie un seul euro de cette amende, assure-t-il. Ce n’est pas à moi de payer, c’est à l’État qui a mis le secteur de la culture dans la galère."

Journal télévisé de 19h30 le 29/10 :

Les acteurs de la culture en Wallonie fatalistes

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