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Un ancien responsable du médicament a été consultant pour Servier

Une boîte de Mediator
19 déc. 2011 à 22:42Temps de lecture2 min
Par AFP

Interpellé sur le sujet lundi soir à l'Assemblée nationale, le ministre de la Santé Xavier Bertrand a déclaré qu'il "allait voir juridiquement ce qu'il est possible de faire en espérant que les faits ne sont pas touchés par la prescription".

Le journal écrit que "ce professeur de pharmacologie a été l'un des hommes les plus influents en matière de médicament en France de 1980 à 2000".

Selon LeFigaro.fr, M. Alexandre a été président de la commission d'autorisation de mise sur le marché à l'Agence du médicament de 1985 à 1993, puis directeur de l'évaluation des médicaments de 1993 à 2000 et président du comité des médicaments de 1995 à 2000, avant de devenir consultant pour l'industrie pharmaceutique.

M. Alexandre était "en poste à des dates-clés de l'histoire du médicament" et "notamment en 1995, lorsque l'Afssaps décidait de mettre fin à la vente du Mediator dans les préparations magistrales (les mélanges réalisés par les pharmaciens) mais, pour des raisons jusqu'à présent inexpliquées, pas à la vente en comprimés", écrit le journal.

"Du 29 octobre 2001 au 4 septembre 2009, (M. Alexandre) a facturé 1.163.188 euros à Servier, via une filiale dénommée CRIS (centre de recherche international pour la santé)", affirme Le Figaro sans citer de sources.

"En paiement des services rendus, Jean-Michel Alexandre a perçu une rémunération forfaitaire payée sur présentation de facture accompagnée d'un rapport trimestriel", ajoute le journal.

"Sa mission consistait, selon les demandes de Jacques Servier, à analyser des dossiers touchant à l'efficacité des médicaments en développement ou déjà mis sur le marché", poursuit Le Figaro. Le journal mentionne les médicaments Vastarel, Protelos, Valdoxan et Procoralan, qui sont actuellement sous surveillance des autorités du médicament.

Lundi soir, lors du débat à l'Assemblée sur la réforme du contrôle des médicaments, Gérard Bapt (PS) a demandé à Xavier Bertrand si la commission de déontologie compétente avait à l'époque été saisie lorsque le Pr Antoine avait quitté ses fonctions publiques pour devenir consultant.

"Il semblerait qu'à l'époque la commission n'a pas été réunie parce que M. Alexandre n'ait pas dit qu'il allait effectuer ses activités ensuite, ce qui signifie que l'Afsapss n'a pas été bien curieuse", a répondu le ministre. "Je vais regarder pour voir juridiquement ce qu'il est possible de faire en espérant que les faits ne sont pas touchés par la prescription", a-t-il ajouté.

Contacté, le laboratoire Servier a déclaré à l'AFP que "le Pr Alexandre, une fois qu'il a quitté ses responsabilités dans le système de santé publique, a travaillé comme consultant pour plusieurs laboratoires" et qu'il "n'a jamais été employé par Servier pendant la période de ses responsabilités aux agences française ou européenne".

La somme citée dans Le Figaro "n'est pas confirmée" par Servier.


AFP

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