Belgique

Indemnisations, barrages… un an après les inondations de juillet 2021, le gouvernement wallon fait le point

04 juil. 2022 à 08:05 - mise à jour 04 juil. 2022 à 10:11Temps de lecture3 min
Par Ambroise Carton (RTBF Info) avec Belga

C’était il y a presque un an, à la mi-juillet 2021, la Belgique faisait face à des inondations de grande ampleur après des pluies torrentielles.

Le gouvernement wallon a organisé ce lundi 4 juillet une conférence de presse pour faire le point en forme de "bilan et perspectives" sur cette catastrophe qui a marqué l’histoire de notre pays.

"Si un tel drame se reproduisait, il faudrait éliminer toutes les contraintes pendant un certain temps afin de gagner du temps. Les procédures administratives, auxquelles les autorités ne peuvent se soustraire, sont dans ce cas des boulets entrainant des contraintes majeures alors que sur le terrain, il y a une impatience bien compréhensible", a notamment déclaré Elio Di Rupo (PS) à l'occasion de cette conférence de presse.

Les inondations de la mi-juillet 2021, ce sont tout d'abord 39 morts, dont le souvenir sera honoré lors d'une commémoration officielle le 14 juillet prochain à Chênée, en présence du couple royal. Ce sont aussi 100.000 sinistrés, 9670 hectares sous eau, près de 48.000 bâtiments, dont 45.000 logements, touchés à des degrés divers, plus de 11.000 voitures dégradées ainsi que des centaines d'ouvrages d'art détruits ou endommagés, a rappelé le ministre-président wallon.   

À ce stade, le coût pour la Région atteint 2,8 milliards d'euros, elle qui a dû sortir de sa poche près d'un milliard d'euros pour palier le plafonnement de l'intervention des assureurs à 20% des montants, permettant ainsi aux sinistrés assurés d'être totalement couverts.

Des dégâts à hauteur de 2 milliards d'euros

Dans ce cadre, les conditions pour activer la clause de rendez-vous avec le secteur ont été récemment atteintes et des discussions seront engagées dans les tout prochains jours. "Initialement, on avait estimé que l'ensemble des dégâts concernés se chiffreraient à 1,670 milliard, dont 991 millions à charge de la Région. Nous avons aujourd'hui réévalué ce montant à la hausse, à 2,069 milliards d'euros. Il y a donc 399 millions de financement additionnel qui doivent faire l'objet de négociations entre la Région et les assureurs", a détaillé le ministre-président.  

Quant aux sinistrés non-assurés, ils ont pu faire appel au Fonds des calamités, dont les effectifs sont passés de 3 à 41 personnes en un an. À ce jour, le Fonds a reçu 7.673 demandes d'indemnisation, concernant 10.640 types de biens différents (immeubles, véhicules, biens professionnels, biens agricoles et biens forestiers). Sur ce total :

  • 2812 dossiers nécessitent des informations complémentaires
  • 1911 ont fait l'objet de décisions positives
  • 1696 ont été refusés parce qu'ils ne répondaient pas aux critères d'admission
  • 697 dossiers sont en cours d'expertise sur le terrain
  • 557 dossiers sont en cours de traitement.

Elio Di Rupo en a profité pour critiquer ses opposants politiques. "Je trouve parfois que la mauvaise foi dépasse le mauvais goût. On a vu certains se faire filmer faisant croire que ce sont eux qui aident matériellement les gens et puis ils en font une publicité sur leur site", a-t-il observé.

Et à ceux qui critiquent la gestion de la catastrophe du côté des assurances, Elio Di Rupo rappelle que la Région a mis à disposition le numéro de téléphone 1718 pour les dossiers qui s'éternisent. Depuis sa mise en place en mai de cette année, ce numéro a reçu environ 150 appels.

"On a répertorié 1000 sites sur les berges qui nécessitaient une intervention d'urgence. Presque la moitié de ces travaux sont terminés", a poursuivi le ministre-président wallon. Et d'ajouter que "ça prend du temps parce qu'on est tenus par des marchés publics et on ne peut pas décider avec l'entreprise untel de travailler là-dessus. On doit impérativement passer par des marchés publics. Même si on en réduit les délais, ça prend du temps".

Conférence de presse un an après les inondations de juillet 2021 : Elio Di Rupo critique l'opposition

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Adaptations au barrage d'Eupen

D'autant plus que "quand on a désigné quelqu'un, il faut laisser deux semaines si pas plus parce qu'il pourrait y avoir un recours au conseil d'Etat. C'est extrêmement handicapant dans les moments où on aimerait avoir les mains totalement libres".

"On doit se préparer globalement à gérer les situation et mieux identifier les différents risques et les combattre", a reconnu Philippe Henry (Ecolo), ministre en charge des Infrastructures et de la Mobilité en Wallonie.

"En ce qui concerne les barrages, on va mettre en oeuvre les recommandations de la commissions d'enquête : formaliser un cadre légal et des audits systématiques et travailler sur une gestion plus dynamique qui anticipe plus encore les différents modèles d'hydrologie possible", a encore détaillé Philippe Henry.

Le ministre ajoute que "dans l'immédiat on s'est mis en situation de prudence" avec "une augmentation de volume capable d'être rempli dans le barrage d'Eupen suite à la catastrophe et donc un accord provisoire avec la SWDE (Société wallonne des Eaux, ndlr), ce qui a un impact sur la quantité d'eau disponible, le temps d'affiner les modèles".

Barrages et inondations: quelles leçons ont été tirées? (Philippe Henry)

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