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Politique

Un an après les inondations, aller "le plus vite possible", mais "les procédures administratives sont abominablement longues" selon Elio Di Rupo

06 juil. 2022 à 07:53 - mise à jour 06 juil. 2022 à 08:15Temps de lecture4 min
Par Kevin Dero, sur base d'une interview de Thomas Gadisseux et Anne-Sophie Bruyndonckx

Les terribles inondations que la Wallonie a connu à la mi-juillet l’an dernier sont encore dans toutes les têtes.

Un bilan a été dressé par les autorités lors d’une conférence de presse qui a eu lieu ce lundi. Nous vous en avions parlé précédemment. Elio Di Rupo, le ministre-président wallon était lui invité ce matin par Thomas Gadisseux et Anne-Sophie Bruyndonckx pour livrer son sentiment.

Quelle est la principale leçon que le premier wallon a tiré du drame qui s’est joué il y a presque un an maintenant ?

Elio Di Rupo dit s’être mis à la place des victimes et de leurs familles. " Des drames absolus " vécus par des familles qui ont été confrontés à la mort. Empathique, il se dit conscient du " choc physique et psychologique considérable " qui a touché une partie de la population. " Je me mets à la place de ces personnes et je comprends que tout le monde souhaiterait des solutions rapides ".

Lenteur "abominable"

Pourquoi ce n’est pas si rapide ? Premièrement, selon le socialiste, car il y a des raisons purement physiques : il faut du temps, beaucoup de temps, parfois plus un an, pour arriver à sécher en profondeur une maison sinistrée. Deuxièmement " les procédures administratives qui sont imposées au gouvernement sont abominablement longues ".

Il parle aussi de l’aide que le gouvernement wallon a donné aux victimes non-assurées (au moins la moitié des dégâts remboursés). Concocter une " loi régionale " pour un tel engagement prendrait un temps dingue.

On doit être capables d’accorder les pleins pouvoirs pour agir tout de suite et puis rendre des comptes

Une lourdeur administrative " abominable ", présente " dans tout le pays " que le Montois voudrait pouvoir contourner si le besoin s’en faisait sentir : " S’il devait y avoir un accident ou, plus grave, une catastrophe comme on a connu, je pense qu’on doit être capables d’accorder les pleins pouvoirs pour agir tout de suite et puis rendre des comptes, bien entendu, au parlement".

Retour sur la conférence de presse des autorités wallonnes (JT 4 juillet)

Et Elio Di Rupo de revenir sur les actions du gouvernement wallon concernant la gestion de l’après-inondations. " On a fait énormément ". Trois milliards ont été débloqués, des négociations ont été menées avec les assureurs, de nombreuses indemnisations ont été menées, des familles ont été relogées, 600.000 repas donnés…

On a fait énormément

 

Fonds de calamités

Le ministre-président de préciser également à Thomas Gadisseux que les discussions avec les assureurs sont toujours en cours (avec notamment la " clause de rendez-vous "), et que le gouvernement réfléchit à simplifier la loi et la " revoir fondamentalement " en " concevant à présent les choses avec la dérégulation climatique ".

Priorité à la reconstruction « résiliente »

Un travail est mené sur le terrain pour une " reconstruction résiliente des berges " des rivières wallonnes, pour qu’elles " puissent résister si demain, par malheur, il y aurait un nouveau une montée des eaux ".

Onze quartiers durables vont sortir de terre dans la vallée de la Vesdre, la reconstruction et la rénovation d’immeubles sont en cours (et toujours de façon " résiliente "). En outre, une masse impressionnante de 150.000 tonnes de déchets a aussi été traitée précise le ministre-président. " Depuis les premières minutes, nous sommes à côté des sinistrés ", dit-il.

Il dit insister pour " qu’on aille le plus vite possible ". Côté finances, la Wallonie a donc dû mettre franchement la main au portefeuille. Mais il s’agit bien, pour le chef du gouvernement installé à Namur d’un " drame national ". Les fonds européens liés au plan de relance seront moindres qu’espérés à destination de la Belgique (ceci dut à la bonne santé de notre économie).

Mais la solidarité intra-belge est-elle quand même au rendez-vous ? " Nous pourrions en parler des heures " assène le Ministre-Président. Il a fallu manifestement se battre pied à pied mais " Je ne me lamente pas. Les lamentations sont stériles. Et je ne suis pas en train de quémander, de demander d’être assisté. La Wallonie est fière d’elle-même. Elle prend son destin en main. Nous avons-nous même travaillé."

Et le socialiste de signifier qu’un prêt d’1,2 milliards a été accordé par le fédéral (" c’est sympa " précise-t-il). Malgré tout côté solidarité intra-belge, les choses ne se passent pas si facilement : " la volonté n’est pas de suivre les indications de la région wallonne. Nous continuerons à discuter puisque le dossier n’est pas clos au niveau fédéral. Nous verrons jusqu’où nous pourrons aller ". " Je ne désespère pas " assure-t-il, prudent.

La Wallonie prend son destin en main

Panneau dans les rues de Pepinster, en juillet 2021 (illustration)
Panneau dans les rues de Pepinster, en juillet 2021 (illustration) © Tous droits réservés

Retour du covid

Sur le front du covid, le gouvernement serait en effervescence. Les contaminations reprennent de plus belle pour le moment et le ministre-président ne voit cependant qu’" une et une seule solution, c’est la vaccination ". L’accent sera donc mis vraisemblablement sur ce point dans les prochains jours et semaines.

Un ministre-président qui fera incessamment sous peu sa quatrième dose, et qui conseille de faire de même (insistant sur les personnes poly-morbides). A partir de septembre, une nouvelle campagne de vaccination sera sans doute en route. Le gouvernement wallon réfléchirait en ce moment aux modalités, aux phases et aux publics visés.

On ne va pas refermer

Mais, assure Elio Di Rupo, " on ne va pas refermer " certains secteurs. Il dit qu’" on sait maintenant qu’il faudra vivre avec cette maladie durant encore plusieurs années, il faut que chacun assume sa propre responsabilité ". Ce sera donc, pour tout citoyen, vaccination ou isolement. Les vaccins sont " gratuits ". " De grâce, faites vous vacciner ! " insiste le premier wallon.

Extrait de notre JT de ce mardi 5 juillet :

"Trituré dans tous les sens"

Elio Di Rupo est aussi revenu, en tout début d’interview, sur son état de santé personnel. Ayant traversé récemment quelques turbulences et après avoir été hospitalisé, il s’est voulu rassurant : " Un médecin, un ami, s’est alerté sur base d’une analyse sanguine, et puis j’ai été trituré dans tous les sens. Et j’en suis sorti grandi et en pleine forme " assure-t-il, souriant.

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