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Ukraine: la police repousse les manifestants, V. Ianoukovitch dit vouloir discuter

Ukraine: V. Ianoukovitch accepte des pourparlers avec l'opposition
09 déc. 2013 à 12:04 - mise à jour 09 déc. 2013 à 20:203 min
Par AFP

Dans le même temps, le parti de l'opposante emprisonnée Ioulia Timochenko, Batkivchtchina, a affirmé être visé par un raid des forces spéciales de la police.

Une porte-parole a affirmé que les forces de l'ordre tentaient d'accéder aux serveurs informatiques du parti. Son site internet était inaccessible, a constaté l'AFP. La police a affirmé ne mener aucune opération au siège du parti de l'ex-Première ministre. Le procureur général, Viktor Pchonka, a appelé les manifestants réunis autour du siège du gouvernement à "ne pas mettre la patience des autorités l'épreuve".

Poussés par les forces anti-émeutes, les manifestants ont reculé le long de la rue en direction de la place de l'Indépendance, cœur de la manifestation, qui se trouve en contrebas, selon un photographe de l'AFP sur place. Aucun heurt n'a été constaté, des députés présents appelant les opposants à s'exécuter face aux demandes des forces de l'ordre. Interrogée par l'AFP, la police a confirmé le déblocage de bâtiments publics dans ce quartier qui abrite aussi l'administration présidentielle et le parlement, en raison de "multiples demandes de citoyens qui ne peuvent pas passer ou rentrer chez eux".

Vers un début de conciliation?

Le chef de l'Etat ukrainien Viktor Ianoukovitch va rencontrer mardi trois ex-présidents du pays, qui ont apporté leur soutien la semaine dernière à la contestation pro-UE, et a accepté leur proposition de pourparlers avec l'opposition, a annoncé lundi la présidence. Léonid Kravtchouk, le premier président de l'Ukraine indépendante, Léonid Koutchma, dontViktor. Ianoukovitch a été le Premier ministre, et Viktor Iouchtchenko, sorti vainqueur de la Révolution orange de 2004, avaient apporté la semaine dernière leur soutien au mouvement. Cette rencontre doit poser les bases de pourparlers réunissant pouvoir et opposition dans le but de "trouver un compromis".

Catherine Ashton "rencontrera toutes les parties prenantes", gouvernement, opposition et représentants de la société civile, "pour soutenir la recherche d'une solution politique", a indiqué une porte-parole. Cette visite est à l'initiative de la Commission européenne, a-t-elle précisé. Catherine Ashton, qui sera à la tête d'une "petite délégation" de ses services réaffirmera aussi la demande de l'UE "d'une enquête sur les violences commises contre les manifestants pacifiques", a ajouté cette porte-parole.

Pas de prétention à régler la crise

"Il ne s'agit pas d'une médiation formelle", l'UE ne prétend pas régler la crise, une tâche qui revient "aux forces politiques ukrainiennes", a-t-elle relevé.

Le président de la Commission européenne José Manuel Barroso et le président ukrainien Viktor Ianoukovitch étaient convenus dimanche du principe de cette visite, mais sans en fixer la date.

Manuel Barroso avait insisté au cours de cet entretien téléphonique "sur la nécessité de trouver une solution politique aux tensions en Ukraine en instaurant un dialogue avec l'opposition et la société civile", selon un communiqué de la Commission européenne.

"L'Union Européenne a le droit et le devoir de se tenir au côté des gens en Ukraine en ce moment très difficile, car ils donnent à l'Europe l'une des plus grandes contributions qui peut être donnée", a estimé M. Barroso, dans un discours lundi à Milan.

"Les hommes et les femmes qui manifestent à Kiev avec un drapeau européen, en se battant pour le drapeau européen, se battent aussi pour l'Ukraine et pour leur avenir. Car ils savent que l'Europe n'est pas seulement une terre d'opportunités économiques (...) mais aussi la promesse de l'espoir et de la liberté", a-t-il ajouté.

Stabilité du pays en jeu

Pour une source européenne, "la stabilité du pays" est en jeu si une issue n'était pas trouvée à la crise actuelle, sans précédent depuis la révolution orange, déclenchée par le refus du pouvoir ukrainien de signer fin novembre l'accord d'association avec l'UE négocié depuis trois ans.

Dans une nouvelle démonstration de force, plusieurs centaines de milliers d'opposants pro-européens ont réclamé dimanche dans le centre de Kiev le départ du président Ianoukovitch, accusé de "vendre" l'Ukraine à la Russie.

Peu après la fin de la manifestation massive, la deuxième après celle du 1er décembre au même endroit, les services spéciaux ukrainiens (SBU) ont annoncé l'ouverture d'une enquête pour tentative de "prise de pouvoir" suite "aux agissements illégaux de certains hommes politiques".

La mobilisation a été renforcé par les violences que les forces anti-émeute sont accusées d'avoir commises contre de jeunes manifestants le 30 novembre, puis par une escale vendredi du président ukrainien en Russie.

La Russie a été accusée par les Européens d'avoir exercé des pressions économiques et des menaces "inacceptables" sur l'Ukraine, qui traverse une crise économique et financière, pour qu'elle renonce à l'association avec l'UE.

 


AFP

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