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Ukraine: Kerry veut l'application "immédiate" de l'accord de Genève

Ukraine - Kerry appelle à l'application "immédiate" de l'accord de Genève

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19 avr. 2014 à 00:08 - mise à jour 19 avr. 2014 à 06:47Temps de lecture2 min
Par Belga News

Au cours d'un entretien téléphonique avec Sergueï Lavrov, le chef de la diplomatie américaine a "exhorté au respect total et immédiat de l'accord de Genève du 17 avril", selon un haut responsable du département d'Etat. "Il a dit clairement que les tout prochains jours constitueraient une période clé pour mettre en oeuvre les mesures de l'accord, en particulier le désarmement des groupes armés et le retour des bâtiments occupés illégalement à leurs légitimes propriétaires", a poursuivi ce responsable. "La mission d'observation de l'OSCE a un rôle clé à jour, avec le soutien des Etats-Unis, de l'Union européenne et de la Russie", a-t-il conclu.

La loi d'amnistie entrera en vigueur samedi

Au cours d'un autre entretien téléphonique, John Kerry a par ailleurs félicité le Premier ministre ukrainien Arseni Iatseniouk pour "les mesures importantes que l'Ukraine a déjà mises en œuvre au cours des dernières 24 heures pour appliquer l'accord, parmi lesquelles l'engagement à plus de transparence et d'ouverture et l'adoption d'une loi d'amnistie qui entrera en vigueur" samedi, a ajouté le responsable américain. L'accord conclu à Genève jeudi entre l'Union européenne, les Etats-Unis, l'Ukraine et la Russie prévoit notamment le désarmement des groupes armés illégaux et l'évacuation des bâtiments occupés dans les villes ukrainiennes. Nombre d'observateurs, Barack Obama en tête, sont toutefois sceptiques quant au fait que le document permette une désescalade sur le terrain.

Les séparatistes rejettent déjà l'accord

La course contre le temps est d’autant plus importante que les insurgés séparatistes de l'Est de l'Ukraine demeuraient inflexibles vendredi, refusant l'accord conclu à Genève pour apaiser la crise dans le pays, le Kremlin confirmant que ses troupes étaient mobilisées à proximité "en raison de la situation".

Les autorités pro-européennes dont ils exigent le départ ont quant à elles tendu la main aux rebelles, promettant une importante décentralisation et un statut protecteur pour la langue russe, sans réagir à la fin de non-recevoir des pro-russes.

Sans apparemment convaincre la Russie qui a massé, selon l'Otan, jusqu'à 40 000 hommes à la frontière entre les deux pays, et dont le président Vladimir Poutine a promis d'assurer "à tout prix" la protection des russophones de l'ex-URSS.

Le Kremlin a confirmé vendredi pour la première fois que la Russie avait bien mobilisé des troupes à la frontière ukrainienne en raison de la crise.

"Il y a des troupes près de la frontière ukrainienne. Certaines y sont basées, d'autres ont été envoyées en renfort en raison de la situation en Ukraine", a déclaré le porte-parole de Vladimir Poutine, Dmitri Peskov.

Ioulia Timochenko, candidate à la présidentielle du 25 mai, s'est pour sa part rendue à Donetsk, grande ville industrielle de l'Est où elle voulait rencontrer les insurgés ce que ces derniers ont refusé.

"Si elle veut, elle peut venir sur les barricades, mais je ne lui conseillerais pas", a déclaré Denis Pouchiline, un des responsables de la ‘république’ autoproclamée de Donetsk dont les alliés occupent depuis le 6 avril l'administration régionale.

Intervention russe à l'horizon

Malgré ce rejet, les autorités de Kiev ont tenu à s'engager solennellement sur leur partie de l'accord, M. Iatseniouk promettant, dans une adresse à la Nation commune avec le président, l'élection des exécutifs régionaux aujourd'hui nommés, des budgets locaux renforcés, un statut spécial pour le russe. Une "décentralisation" loin toutefois de la "fédéralisation" prônée par les pro-russes et Moscou, et qui, selon Kiev, ouvrirait la voie à l'éclatement du pays.


AFP et Belga

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