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Ukraine: Ban Ki-moon appelle à la retenue et à un "dialogue véritable"

Ukraine: Ban Ki-moon appelle à la retenue et à un "dialogue véritable"
18 févr. 2014 à 16:33 - mise à jour 18 févr. 2014 à 18:524 min
Par AFP

M. Ban, a-t-il ajouté, est "extrêmement inquiet" devant la reprise de la violence à Kiev et "réitère son appel à tous ceux qui sont concernés à agir avec retenue pour éviter de nouvelles violences".

Le secrétaire général leur "demande instamment de reprendre un dialogue véritable", a souligné le porte-parole. Il a rappelé qu'auparavant, M. Ban "avait jugé encourageantes les mesures prises par les deux camps dont l'amnistie pour les détenus et la décision des manifestants de quitter les immeubles gouvernementaux" qu'ils occupaient.

Après plusieurs semaines d'accalmie, de violents affrontements ont de nouveau éclaté mardi à Kiev entre opposants au président Ianoukovitch et policiers. Cinq civils et deux policiers ont été tués, selon la police.

La force ne "résoudra pas la crise" pour Barack Obama

La Maison Blanche a exhorté mardi le président ukrainien Viktor Ianoukovitch à mettre fin à l'escalade de la violence meurtrière en cours à Kiev, prévenant que le recours à la force ne "résoudra pas la crise".

"Nous sommes consternés par les violences qui se déroulent dans le centre-ville de Kiev", a déclaré à l'AFP Laura Lucas Magnuson, porte-parole du Conseil de sécurité nationale (NSC), le cabinet de politique étrangère du président Barack Obama.

"Nous continuons à condamner les violences de rues et le recours excessif à la force des deux côtés", autorités et manifestants, a-t-elle ajouté. "Cela ne résoudra pas la crise".

"Pour rétablir la paix et la stabilité, nous pressons le président Ianoukovitch de calmer immédiatement la situation et de mettre fin aux affrontements au Maïdan", la place centrale de la capitale ukrainienne où se massent des manifestants, a indiqué Mme Lucas Magnuson.

Après plusieurs semaines d'accalmie, de violents affrontements ont de nouveau éclaté mardi à Kiev entre opposants au président Viktor Ianoukovitch et policiers. Cinq civils et un policier ont été tués, selon la police alors que le ministère de l'Intérieur a fixé un ultimatum aux manifestants pour que les troubles cessent.

Vitali Klitschko, l'un des leaders de l'opposition ukrainienne, a demandé "aux femmes et aux enfants" de quitter le Maïdan, disant ne pas pouvoir exclure un assaut des forces de l'ordre.

L'UE et l'Otan "très préoccupées"

"Je suis très préoccupée par la nouvelle et inquiétante escalade à Kiev", a déclaré Mme Ashton dans un communiqué. "Je condamne tout usage de la violence" et "exhorte les autorités ukrainiennes à s'attaquer aux racines de la crise", a-t-elle ajouté.

"Les décisions politiques doivent être prises au Parlement" et les "responsables politiques assumer leurs responsabilités partagées pour rétablir la confiance et créer les conditions pour une solution durable à la crise politique", a-t-elle ajouté. Cette solution doit comprendre "la formation d'un nouveau gouvernement rassembleur", "des progrès pour une réforme constitutionnelle" et "les préparatifs d'élections présidentielles transparentes et démocratiques", selon elle.

De son côté, le secrétaire général de l'Otan, Anders Fogh Rasmussen, s'est également déclaré "fortement préoccupé par le retour de la violence". Il a appelé "toutes les parties à s'abstenir de toute violence et à reprendre sans délai le dialogue".

Le président du groupe socialiste au Parlement européen, Hannes Swoboda, a, par ailleurs, estimé que le président "Ianoukovitch doit désormais réaliser que sa position est intenable et se retirer, afin qu'un gouvernement d'unité nationale puisse être formé".

Guy Verhofstadt réclame une réunion d'urgence

Jugeant la situation "hors de contrôle" et ses conséquences "imprévisibles", le chef du groupe libéral, l'ancien Premier ministre belge Guy Verhofstadt a demandé à Mme Ashton de convoquer "d'urgence" une réunion des ministres européens des Affaires étrangères.

Mme Ashton et le commissaire chargé de l'Elargissement, Stefan Füle, se sont rendus plusieurs fois à Kiev ces dernières semaines afin de tenter de favoriser une solution politique. L'UE a jusqu'à présent exclu d'imposer des sanctions ciblées contre les dirigeants ukrainiens, pour lesquelles se sont prononcés les députés européens.

La France dénonce un "usage indiscriminé de la force" à Kiev

Après les Etats-Unis et l'Union européenne, la France a dénoncé mardi un "usage indiscriminé de la force" à Kiev, alors que des affrontements entre opposants et policiers ont fait six morts dont un policier.

"Je condamne la reprise des violences à Kiev et l'usage indiscriminé de la force qui a fait plusieurs victimes", a déclaré le chef de la diplomatie française Laurent Fabius dans un communiqué. "J'appelle l'ensemble des parties
à faire preuve de la plus grande retenue et à reprendre immédiatement le chemin du dialogue"
, a-t-il ajouté.

"C'est la seule voie pour parvenir à une solution politique qui puisse répondre aux aspirations du peuple ukrainien", a poursuivi le ministre français.

Pour la Russie, les Occidentaux sont responsables

Le retour à la violence en Ukraine est le "résultat" de la politique des Occidentaux qui ont encouragé l'escalade, a fustigé mardi la diplomatie russe. "Ce qui se produit actuellement est le résultat direct de la politique de complaisance des hommes politiques occidentaux et des structures européennes qui, depuis le début de la crise, ferment les yeux sur les actes agressifs des forces radicales en Ukraine, encourageant de fait l'escalade et les provocations envers le pouvoir légal", a estimé le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué.


RTBF avec AFP

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